Permis de démolition refusé pour une maison patrimoniale

Le grand terrain de 50 000 pieds carrés... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Le grand terrain de 50 000 pieds carrés est situé dans une zone commerciale et a tout pour attirer les promoteurs immobiliers. Le prix demandé est de 749 000 $, alors que l'évaluation municipale est de 259 000 $.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) L'administration Labeaume a refusé un permis de démolition pour une maison citée patrimoniale située au 863, rue Jacques-Bédard, au nord de Charlesbourg. Cela alors qu'une firme indépendante planche sur un rapport pour établir la valeur patrimoniale réelle du bâtiment, modifié considérablement au fil des ans.

Le comité exécutif de la Ville de Québec a confirmé mercredi la recommandation du comité local du patrimoine, formé des membres de la Commission d'urbanisme et de conservation de Québec, qui datait du mois d'octobre.

Outre la valeur patrimoniale du bâtiment, la décision s'appuie sur le fait qu'aucun programme de réutilisation du sol n'a été fourni et que «la demande de certificat pour les travaux de démolition de cet immeuble patrimonial cité ne s'appuie sur aucun argumentaire qui pourrait la justifier». 

La maison, qui aurait été construite vers 1820, est devenue monument historique en 1989 après l'intervention de l'ancienne ville de Charlesbourg. Elle est inscrite au répertoire du patrimoine culturel du Québec. 

«Cette résidence présente un intérêt pour sa valeur architecturale ainsi que pour sa valeur historique comme exemple représentatif de la maison rurale du XIXe siècle. Il s'agit d'une maison de petite dimension caractéristique des premières maisons québécoises ayant encore quelques traits de la maison d'esprit français. Le bâtiment est peu dégagé du sol et possède des ouvertures et des lucarnes disposées de façon asymétrique, ce qui la rattache au mode de construction du Régime français. La maison a conservé la plupart de ses composantes originelles», peut-on lire dans les documents soumis aux élus. 

Agent d'immeubles surpris

Daniel Bernard, agent d'immeubles de la propriétaire Carole Martel, a été fort surpris de voir cette décision tomber cette semaine puisqu'un expert en patrimoine a été mandaté par la Ville pour évaluer la maison. Ce dernier s'est pointé sur les lieux quelques jours seulement avant que le comité exécutif ne se penche sur le dossier. Son rapport n'est pas déposé encore. 

«Le spécialiste en patrimoine mandaté va procéder à son analyse et on verra pour la suite», a confirmé Marjorie Potvin, porte-parole de la Ville de Québec. 

Le 863, rue Jacques-Bédard a subi plusieurs transformations au fil des ans sans égard à son caractère patrimonial, comme en témoignent les photographies que l'on peut voir au répertoire du patrimoine culturel et celles prises par Le Soleil. 

Travaux sans permis

«Mise à part la demande de démolition faite le 26 septembre 2016, aucune demande de permis n'a été enregistrée pour effectuer des travaux sur ce bâtiment», atteste Mme Potvin. Les travaux ont donc été réalisés sans permis.

M. Bernard affirme que le statut particulier de la maison n'était pas inscrit dans l'acte de vente de 1992, si bien que sa cliente en a été informée au moment où elle a décidé de démolir la maison pour mieux vendre sa propriété. Il y a d'ailleurs déjà un acheteur dans le portrait. Le prix demandé est de 749 000 $, alors que l'évaluation municipale est de 259 000 $. 

Le grand terrain de 50 000 pieds carrés est situé dans une zone commerciale et a tout pour attirer les promoteurs immobiliers. La cour arrière de la résidence donne sur le stationnement d'un centre commercial et il y a un garage de mécanique automobile devant.

Précision

À la suite de l'article «Permis de démolition refusé pour une maison patrimoniale», mis en ligne le 19 février, Pierre Côté, l'avocat de la propriétaire de la résidence située au 863, rue Jacques-Bédard, dans Charlesbourg, tient à préciser que sa cliente, Carole Martel, n'a pas demandé de permis de construction pour les modifications faites à sa demeure depuis son achat en 1992, car elle ne savait pas qu'elle était citée patrimoniale, l'acte de vente énonçant qu'elle n'était pas un bien culturel classé.

Me Côté souligne également que ce sont deux terrains côte à côte que Mme Martel tente de vendre. La superficie totalise environ 50 000 pieds carrés et l'évaluation municipale des deux terrains est de 581 000 $. Enfin, la résidence construite autour de 1820, pour laquelle une demande de démolition a été déposée en septembre et refusée la semaine dernière par la Ville de Québec, fait actuellement l'objet d'une expertise pour établir sa valeur patrimoniale, et non marchande.




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer