Les Rendez-vous de l'habitation: une industrie en constante évolution

D'ici 2050, deux milliards de personnes habiteront dans... (AP, Rajesh Nirgude)

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D'ici 2050, deux milliards de personnes habiteront dans des bidonvilles.

AP, Rajesh Nirgude

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(Québec) La Société d'habitation du Québec a tenu en début de semaine, à Québec, ses 10e Rendez-vous de l'habitation. Au menu : une douzaine de conférences qui ont présenté des projets innovateurs et fait état d'une grande préoccupation de l'industrie pour le développement durable. Le Soleil vous offre un survol de la journée.

Un bon logement améliore tous les aspects de la vie

Christophe Lalande, chef de département à ONU-Habitat... (Fournie par la SHQ) - image 2.0

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Christophe Lalande, chef de département à ONU-Habitat

Fournie par la SHQ

Le logement, source de revenus et façon d'assurer sa retraite? Pas pour Christophe Lalande, chef du département du logement à ONU-Habitat, qui considère ce point de vue comme «une déviance». 

Voici quelques chiffres pour éclairer le mandat de cette agence qui cerne les enjeux mondiaux du logement, qui fait la promotion de villes durables et qui donne des lignes directrices à l'ONU pour les 20 prochaines années, avec une priorité pour les plus pauvres, les plus vulnérables et les plus marginalisés.

  • 1 milliard de personnes vivent dans des bidonvilles et dans des quartiers informels
  • 2 milliards d'être humains habiteront dans des bidonvilles d'ici 2050
  • 1 milliard de nouveaux logements seront requis d'ici 2025 afin d'héberger 50 millions de nouveaux urbains chaque année
  • 70 % de la superficie des villes est occupée par le logement (ce qui illustre, selon Christophe Lalande, l'absence de planification urbaine)
  • 19 % de l'énergie mondiale est consommée par l'habitat (une donnée qui milite en faveur de solutions pour du logement plus écologique)
  • 15-20 ans: diminution de l'espérance de vie pour ceux qui restent dans des villes pauvres.
Des bonnes politiques de logement, a martelé le conférencier vedette, ont des effets positifs sur tous les aspects de la ville (et de la vie) : éducation, santé, salaire, emploi, transport, etc. «Le logement n'est pas un bien économique comme les autres», a-t-il conclu. 

Vieillir en restant dans sa maison

Les portes avec poignées à levier font partie... (123RF/Boris Sosnovyy) - image 4.0

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Les portes avec poignées à levier font partie des caractéristiques qui favorisent l'autonomie des personnes vieillissantes.

123RF/Boris Sosnovyy

Selon une étude de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), il est possible de concevoir et de construire «à coût quasi nul» des habitations qui permettront à leurs résidents d'y vieillir de façon autonome.

Des portes avec des poignées à levier, des détecteurs de fumée visuels et sonores, des fenêtres à verrouillage facile, des comptoirs à tablettes coulissantes, des douches sans seuil, des éviers à la hauteur d'un fauteuil roulant : voilà quelques-unes des 60 «caractéristiques d'accessibilité» déterminées par la SCHL qui peuvent être intégrées à une habitation pendant sa construction.

Étienne Pinel, conseiller en transfert à la SCHL, a rappelé que les aînés étaient le groupe dont la croissance était la plus rapide au Canada. D'ici 2050, les 65 ans et plus constitueront le quart de la population du pays, prévoit-on. Vieillir chez soi entraîne des rénovations coûteuses et perturbantes. La solution est donc de construire «avec des éléments adaptables et accessibles».

L'étude a démontré que 75 % de ces éléments peuvent être ajoutés pendant la construction pour moins de 500 $. Il n'en tient qu'aux concepteurs, fait valoir Étienne Pinel, de percer le marché en pleine croissance des personnes vieillissantes et de se démarquer avec des propositions incluant ces caractéristiques d'accessibilité.

Un nouveau modèle pour la coopérative de propriétaires

Jocelyne Rouleau, directrice générale de la CQCH... (Fournie par la SHQ) - image 6.0

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Jocelyne Rouleau, directrice générale de la CQCH

Fournie par la SHQ

Un modèle de coopérative pour les propriétaires : telle est la proposition de la Confédération québécoise des coopératives d'habitation (CQCH). Le premier projet pilote verra le jour en 2017 à Sherbrooke.

Jocelyne Rouleau, directrice générale de la CQCH, estime que cette formule permettra aux gens de s'acheter une propriété qui leur coûtera de 30 à 40 % moins cher qu'une habitation comparable sur le marché. 

Comment? D'abord, grâce au financement de 25 % de la Fondation pour le développement de l'habitation coopérative au Québec (ce qui couvre à peu près le prix du terrain). Ensuite, comme cette fondation est un organisme à but non lucratif, l'acheteur économise entre 5 et 15 % du coût de sa propriété, ce qui correspond aux profits qu'aurait encaissés un promoteur privé.

La coopérative finance et construit l'immeuble, dont elle demeure propriétaire et dont elle assure l'entretien. Le terrain, lui, appartient à la Fondation.

Au moment de la revente, la différence entre la valeur de la propriété à l'achat et à la revente est répartie comme ceci : 50 % pour la Fondation, 10 % pour la coopérative, et 40 % pour le propriétaire, qui récupère aussi la valeur initiale de sa propriété.

Conçu par le notaire François Ferland, ce nouveau modèle coopératif a été créé pour lutter contre le surendettement des ménages, contrer l'étalement urbain, augmenter le taux d'accession à la propriété et faciliter l'épargne. Il contribue aussi à la «constitution d'un patrimoine familial».

Consultation à travers le Québec

La Société d'habitation du Québec (SHQ) mène, depuis juin, une consultation dans toutes les régions de la province afin de dresser le portrait du Québec en matière d'habitation. Cette tournée est sous la direction de Norbert Morin, député de la Côte-du-Sud et adjoint parlementaire du ministre Martin Coiteux. Il remettra, d'ici la fin de 2016, un rapport qui donnera «le coup d'envoi des réformes en matière d'habitation», a expliqué le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire. L'une des «assises» de ces réformes est le regroupement des offices d'habitation, afin d'améliorer les services offerts aux locataires et aux personnes en quête de logements sociaux. L'autre «volet majeur» est la révision du programme AccèsLogis (qui concerne le logement social et communautaire). Actuellement, il illustre la disparité entre les régions et les grandes villes. Il faut l'assouplir et l'adapter aux réalités régionales, a déjà diagnostiqué la SHQ.

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