Histoire de colocs

Élizabeth a vécu avec trois colocataires différents quand elle est retournée... (123rf, racorn)

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(Québec) Élizabeth a vécu avec trois colocataires différents quand elle est retournée aux études fin vingtaine, début trentaine. «Je n'avais pas le même salaire, pas autant d'argent.»

Nouvellement célibataire, elle a supplié un ami de longue date de la prendre comme coloc dans son nouveau condo. «Lui, ça faisait son affaire. Il a pu maintenir son rythme de vie.» Tout s'est bien passé, d'autant plus qu'il était souvent absent. Elle est restée un an, et aujourd'hui, elle passe chez lui s'occuper de son chat quand il est à l'extérieur pour le boulot.

Élizabeth a ensuite emménagé avec un autre ami qu'elle connaissait depuis 15 ans. Il venait de se séparer, avait «une grosse job», mais pas envie de vivre seul. Et c'est toujours intéressant de «splitter à deux». Tout compte fait, elle a profité de l'appartement pratiquement seule, puisque son coloc s'est fait une copine et débarquait avec elle seulement deux jours par semaine. 

Des passages en coup de vent, se rappelle-t-elle, alors que ses lunchs étaient parfois mangés et le ménage pas mal chamboulé. Mais Élizabeth a décidé de fermer les yeux. «On est restés bons amis.»

À sa dernière année de baccalauréat, elle a déménagé avec un autre ami dans un condo-duplex en construction. Si le duo était sur la même longueur d'onde pour faire la fête, «on était réputés dans le quartier pour nos partys», beaucoup de chicanes sont nées des travaux.

«Les rénos, c'est difficile sur n'importe quelle relation. Moi, j'étais aux études, j'avais besoin de silence. J'étais toujours dans la poussière, à ramasser un gars qui ne faisait pas de ménage et qui utilisait mes planches à légumes pour couper du bois...»

Après un retour de voyage où sa chambre a été forcée, alors qu'elle avait pris soin de la fermer et de la colmater avec du ruban adhésif, les choses ont sérieusement bardé.

Ce troisième coloc, Joël, n'en était pourtant pas à sa première cohabitation. Il a quitté son Abitibi natale à 16 ans et a vécu avec une ribambelle de gens jusqu'à la trentaine. Des chambreurs de toutes sortes, des amis d'Abitibi, d'autres trouvés sur le fly.

Un gars qui menaçait de se jeter du balcon, un autre qui ne faisait pas la vaisselle pendant deux mois, puis la balançait par la fenêtre, une tronche qui se faisait blanchir par sa mère, sa soeur amateur de taxidermie qui gardait des oiseaux morts dans le frigo. «À un moment, elle a fait une déprime et s'est acheté un bouvier bernois. On était au deuxième étage en haut d'un resto à souvlakis, sans cour ni balcon...»

Joël se remémore ces années en riant. «C'est une époque. On était jeunes et pauvres, c'était à côté du bar...»

Et sa dispute avec Élizabeth a fini par passer. Ils sont tombés amoureux quelques années plus tard et attendent aujourd'hui leur premier enfant.

En utilisant Facebook, Julien et Anne-Marie ont trouvé... (Fournie par Julien Christophe) - image 2.0

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En utilisant Facebook, Julien et Anne-Marie ont trouvé une troisième colocataire pour partager leur 5 et demi dans le Vieux-Limoilou. «Un processus très simple somme toute.»

Fournie par Julien Christophe

Les réseaux sociaux à la rescousse

Julien Christophe avait l'habitude de recruter ses colocataires en mettant une annonce sur Kijiji ou LesPacs. Cette fois-ci, il a opté pour le groupe Facebook Chambre à louer / colocation - Ville de Québec et environs, qui compte un peu plus de 1400 membres.

«J'ai eu un feedback assez positif. J'ai reçu une bonne dizaine de réponses», indique l'homme de 24 ans, designer chez Simons.

Les photos du cinq et demi qu'il partageait déjà avec Anne-Marie dans le Vieux-Limoilou étaient prometteuses. Restait à combler «une chambre meublée avec un grand garde-robe et deux fenêtres».

Julien Christophe avait lancé l'invitation pour cette troisième place sur sa page Facebook personnelle. «C'est toujours moins stressant de connaître un peu la personne avant qu'elle emménage chez toi.» Mais personne dans son entourage n'avait ce besoin dans l'immédiat.

D'où l'idée de lancer sa chasse au coloc idéal dans un groupe Facebook plus large. Il a aussi utilisé les réseaux sociaux pour évaluer toutes les candidatures avant de prendre une décision. Les profils Facebook, Instagram, LinkedIn et tout ce qui se trouvait en ligne ont été épluchés. «Chaque détail compte : de l'orthographe des messages reçus aux photos postées en 2012, jusqu'à leur habillement lors de la visite et leur élocution. On ne passe à côté de rien», décrit Julien Christophe en poussant l'analyse.

«On ne peut plus dissocier nos différents profils en ligne de notre "vraie vie" et chaque profil doit être non seulement cohérent avec les autres, mais aussi cohérent avec ce que l'on est en dehors du Web. C'est essentiellement pour ça que j'ai décidé cette fois-ci de ne passer que par Facebook pour faire mes recherches, pour me faire une idée des colocs potentiels avant même de les rencontrer.»

L'annonce de Julien et d'Anne-Marie était brève, humoristique et claire. En conclusion : «On n'accepte pas les animaux ni les fumeurs, mais pour le reste, on est assez chill.»

Après une dizaine de visites, c'est finalement Gabriela qui a remporté les Hunger Games, a fait savoir Julien Christophe cette semaine. Alexandra Perron

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