Réussir sa colocation

Une colocation heureuse implique une bonne gestion des... (123rf, auremar)

Agrandir

Une colocation heureuse implique une bonne gestion des décisions au quotidien, avec un mélange d'affirmation de soi et de tolérance.

123rf, auremar

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Vivre en colocation permet d'économiser, d'habiter dans plus grand, de partager les tâches et de contrer la solitude. Mais encore. Ce mode de cohabitation a aussi la vie dure quand il est question de ménage, de compartiment dans le frigo, de bruit, de party, de la nouvelle petite amie... Quels sont les pièges à éviter pour ne pas se pourrir la vie?

Une colocation heureuse implique une bonne gestion des décisions au quotidien, avec un mélange d'affirmation de soi et de tolérance. «La même chose qu'en couple», croit le psychologue Marcel Bernier.

Il voit défiler à peu près 200 étudiants par année dans son bureau, au Centre d'aide aux étudiants du pavillon Maurice-Pollack, à l'Université Laval. «Certains consultent pour des problèmes d'anxiété, de dépression ou d'épuisement, et quand j'analyse, je constate qu'ils ne sont pas bien là où ils habitent, que c'est un facteur significatif dans leur détresse.»

M. Bernier rappelle que se loger convenablement est l'un des besoins fondamentaux de l'être humain, avec celui de se nourrir et de se vêtir. «Un appartement, comme une maison, doit faire office de refuge. Tu vas travailler ou étudier à l'extérieur et quand tu rentres chez toi, tu es supposé être bien.»

Pourtant, pour certains, le retour à la maison devient une source de stress, de tension. «J'en vois qui squattent chez des amis pour ne pas se retrouver avec leurs colocataires. D'autres vont étudier tard à l'université.»

Les irritants sont multiples : les traîneries des uns, les emprunts non autorisés des autres, la télévision ou la musique qui déconcentrent des études, les rappels répétitifs pour payer les frais communs, les copains, copines qui s'incrustent... Et les nouvelles technologies qui isolent chaque colocataire dans sa bulle ne semblent pas changer grand-chose.

D'où l'importance de s'affirmer, répète M. Bernier. «Il y a des gens qui gardent des frustrations en dedans trop longtemps, puis à un moment donné, ça explose. Imaginez se bouder pendant des semaines, ne pas se parler quand on vit dans le même appartement. Ça devient invivable.»

Le mythe du meilleur ami

Quand le colocataire est un ami, il peut y avoir un malaise à lui rappeler de payer sa part, de faire sa vaisselle. «Il y a un mythe qui dit qu'on ne devrait pas aller en appartement avec son meilleur ami. Mais j'ai vu le même type de problèmes entre amis qu'entre personnes qui ne se connaissaient pas», souligne le psychologue.

Besoin de liberté

En se référant aux recherches de la professeure Madeleine Pastinelli, M. Bernier parle de ce mode d'habitation singulier, où des jeunes adultes habitent ensemble pour une raison économique, mais pas parce qu'ils en ont envie à la base. Et comme ils viennent de quitter le milieu familial, le but est d'être libre. «Donc, ils ne veulent pas s'imposer des règles de fonctionnement, se brimer les uns les autres. À cause de ça, ils vont souvent tolérer des situations dans lesquelles ils ne sont pas bien.»

De quoi parlent de futurs colocataires qui se rencontrent? demande le psychologue. «Pas de la gestion de l'appartement, mais plutôt à quel point ça va être le fun de faire le party et des recettes ensemble.»

Sur le site Web du Centre d'aide aux étudiants de l'Université Laval où il a publié un texte sur la vie en colocation (goo.gl/RAQYOC), il a mis en annexe trois outils imprimables : une grille de gestion des dépenses de l'appartement, une grille de répartition des tâches et une convention de colocataires.

«Un bail est un document officiel qu'on signe avec le propriétaire. Mais entre colocataires, il n'y a pas de document. Les trois outils, ce n'est rien de légal et d'officiel, mais au moins, il y a une entente», soulève M. Bernier qui prône la prévention.

Mieux vaut penser à tout ça avant que les problèmes ne surgissent. «Et on peut décider qu'on n'en fait pas, de règles. Mais au moins, ce sera établi et tout le monde sera d'accord.»

Saviez-vous que...

› ...le propriétaire peut demander la résiliation du bail et l'expulsion de tous les occupants lorsqu'un colocataire a un retard de paiement de plus de trois semaines? Toutefois, si le propriétaire fait une demande devant le tribunal sans que le locataire ait reçu une mise en demeure, le locataire a le droit de payer le loyer dans un délai raisonnable à compter de la demande. Si le loyer est payé dans ce délai, les frais de la demande sont à la charge du propriétaire.

› ...il existe deux types d'obligation de payer le loyer, conjointe ou solidaire? L'obligation conjointe implique que chaque colocataire est responsable jusqu'à concurrence de sa part. Alors que si le bail contient une clause prévoyant la solidarité, un seul colocataire peut être tenu responsable de payer la totalité du loyer.

› ...rien dans la loi n'interdit à un colocataire de sous-louer sa part ou de céder ses droits dans le bail? Par contre, le colocataire restant peut exercer son droit de refus, en agissant de bonne foi et non d'une manière excessive et déraisonnable ou dans l'unique but de nuire au colocataire partant.

› ...l'assurance habitation n'est pas obligatoire au Québec? Mais elle est vivement recommandée, car au-delà des biens de l'assuré et de ses personnes à charge, elle couvre également la responsabilité civile. Ce qui signifie qu'en cas de poursuite pour des dommages causés involontairement à quelqu'un d'autre, l'assureur défendra et paiera pour son assuré ou pour les personnes mentionnées au contrat.

› ...la prime moyenne pour un locataire oscille autour de 270 $ par an? Il s'agit d'une moyenne qui peut varier en fonction de divers critères, dont le montant de couverture choisi.

› ...un enfant à charge qui déménage pour poursuivre ses études à temps plein est toujours couvert par l'assurance habitation des parents? Le contrat d'assurance habitation couvre généralement un enfant qui a quitté temporairement la maison pour ses études. Il doit être inscrit à temps plein au cégep ou à l'université.

Régie du logement : www.rdl.gouv.qc.ca et goo.gl/9FHlym

Bureau d'assurance du Canada : www.infoassurance.ca et goo.gl/juJ39B

Centre d'aide aux étudiants de l'Université Laval (La vie en colocation) : www.aide.ulaval.ca et goo.gl/RAQYOC

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer