La Maison de Justin: un outil pour prévenir les blessures à domicile

Au Salon maternité paternité enfants de Québec, en... (Photo fournie par la Société des arts technologiques)

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Au Salon maternité paternité enfants de Québec, en cours jusqu'à dimanche à Expocité, les visiteurs pourront tester le jeu vidéo La maison de Justin. Un casque de réalité virtuelle, l'Oculus Rift, permet de se promener dans une maison virtuelle et d'observer les dangers potentiels.

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(Québec) Quand les piles deviennent des bonbons, les capsules pour lave-vaisselle du jus de fruits, la bouilloire un chaudron de potion magique... Les dangers à la maison pour les tout-petits, Catherine Roberge en a vu trop souvent les effets. L'infirmière clinicienne au service de traumatologie du CHU Sainte-Justine et son équipe ont donc eu l'idée d'un jeu vidéo pour sensibiliser la population et prévenir les accidents à domicile.

Cet outil, conçu avec la Société des arts technologiques, s'appelle La maison de Justin. En tournée provinciale, il s'arrête dans la capitale ces jours-ci au Salon maternité paternité enfants de Québec, qui se termine demain.

Le concept? Deux joueurs portent un casque de réalité virtuelle, l'Oculus Rift, qui permet de se promener dans une maison virtuelle. «Il y a deux avatars. Justin, deux ou trois ans, qui se prend pour un pirate et va chercher des pièces d'or, des clés, des potions magiques. Il prend des produits ménagers toxiques qui n'en sont pas dans son imagination d'enfant. L'autre avatar est le père de Justin. S'il n'est pas aussi rapide que son fils, s'il ne met pas le loquet de sécurité sur l'armoire de produits ménagers, Justin se blesse», explique Catherine Roberge en entrevue téléphonique.

Le jeu, qui implique toujours un duo, dure sept minutes. Il s'adresse aux personnes de 13 ans et plus, «à cause de l'Oculus Rift, qui demande que le développement visuel soit terminé», indique l'infirmière.

Plus du tiers des hospitalisations

La maison de Justin est une démarche de prévention. Plus du tiers des bébés, enfants ou adolescents hospitalisés à Sainte-Justine à la suite d'un traumatisme sont soignés pour des blessures survenues à la maison. Une proportion qui doit être sensiblement la même au Centre mère-enfant du CHUL, estime Catherine Roberge.

Elle ajoute que les garçons, souvent plus téméraires, sont davantage touchés que les filles, et ce, partout au Canada et dans le monde. Elle parle de chutes dans les escaliers ou des bras des parents. «Il faut éviter que les jouets traînent partout pour ne pas s'enfarger.» L'ingestion de piles, de produits ménagers, de médicaments, de cosmétiques entraîne des intoxications.

Elle insiste sur les brûlures. «On en voit trop à l'hôpital!» s'exclame l'infirmière, qui exhorte les parents à garder les liquides chauds hors de la portée des enfants et dans un contenant hermétique. Quant aux cordons de bouilloire, de cafetière, il faut les éloigner, les mettre hors de portée eux aussi. Les petites mains sur les vitres du foyer peuvent aussi causer de graves brûlures. 

«La peau d'un enfant brûle quatre fois plus rapidement que celle d'un adulte. Pour nous, ça peut aller, mais pour eux, ça fera une brûlure au deuxième ou troisième degré», explique Catherine Roberge.

Elle recommande aussi de fixer au mur l'écran du téléviseur à l'aide d'un câble, une mesure peu dispendieuse et accessible à tous. «À l'époque des écrans cathodiques dans les années 90, quand un téléviseur se renversait sur un enfant, c'était des décès presque à tout coup. Maintenant, ça crée des fractures du crâne, une blessure très grave qui nécessite une chirurgie et qui a des répercussions.»

L'infirmière insiste sur les conséquences collatérales. «Quand un enfant se blesse, toute la famille est atteinte. Les parents ne peuvent pas aller travailler, il peut y avoir un impact financier, ça peut créer de la peur et de l'anxiété pour les frères et soeurs.»

Catherine Roberge et son équipe veulent faire le tour du Québec avec cet outil de sensibilisation. «Les blessures à la maison, on n'en parle pas beaucoup dans les médias, à moins qu'il y ait un décès», déplore l'infirmière en ajoutant que ces accidents ont autant d'impact.

Outre le jeu vidéo en 3D, l'équipe a réalisé un dépliant sur la prévention des blessures à la maison chez les jeunes enfants qu'il est possible de télécharger : goo.gl/5LpSIu

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