Les graffitis intérieurs de MC Grou

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Pas banale cette murale de MC Grou dans la chambre de Camil, six ans. Un T-Rex pour se protéger des cauchemars.

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(Québec) Des oeuvres inspirées du graffiti transposées à l'intérieur. C'est ce que propose l'artiste-peintre de Québec MC Grou dans un loft urbain de Saint-Roch... et dans une chambre d'enfant de Limoilou! Le Soleil l'a rencontrée.

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L'artiste peintre de Québec MC Grou affectionne particulièrement la technique du pochoir.

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MC Grou laisse sa marque dans le paysage artistique de Québec. Elle le fait notamment par l'entremise de murs publics, extérieurs et intérieurs, qu'elle a ornés de son imaginaire au fil du temps. Voilà que l'artiste ajoute les résidences privées à son terrain de jeu, en utilisant leurs murs comme canevas. 

«Quand j'ai commencé à jongler avec la technique du stencil, ça allait de soi que j'allais travailler sur les murs. Et l'idée me plaisait», mentionne celle dont les premières créations remontent à 2007 alors qu'elle entamait son diplôme d'études collégiales en arts visuels.

C'est que l'objectif à long terme de MC Grou, dont les oeuvres s'inspirent du graffiti, est de se débarrasser de toutes limites. «Et je ne parle pas juste des limites de grandeur, mais entre autres. J'aime ça travailler sur des grands formats, alors avoir la possibilité de travailler sur des murs, c'est comme si ça enlevait des limites.»

Son premier projet de murale s'est concrétisé en 2014 sur le mur extérieur de la boutique Article 721, située sur la 3e Avenue. Une déclaration d'amour pour Limoilou - quartier qu'elle affectionne particulièrement - prenant la forme d'un graffiti en noir et blanc et qui, encore aujourd'hui, ne passe pas inaperçue dans le quartier.

Depuis, elle a réalisé plusieurs murales intérieures pour des commerces, dont les restaurants La Planque, La Piazz et L'Atelier.

Une autre création signée MC Grou. «C'est parfait!... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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Une autre création signée MC Grou. «C'est parfait! Ça éclaire le condo. C'est comme si on avait transformé notre loft en ruelle!» se réjouit le propriétaire François Manseau.

Le Soleil, Erick Labbé

Récemment, elle a eu l'opportunité de faire de même, cette fois sur le vaste mur d'un loft du quartier Saint-Roch. «À l'intérieur, c'est plus intime, plus personnel. Ça crée un lien avec la personne chez qui je vais le faire», confie MC Grou. «Je sens que la finalité de la murale change. Ça fait pas que c'est moins nice, mais ça change son rôle.»

Pour ce projet, elle a visité le loft en question et a rencontré les propriétaires, François Manseau et Pier-Olivier Devin, qui avaient découvert l'artiste au Jardin Saint-Roch en 2015 lors de l'événement Attention : peinture fraîche! 

«C'est un peu comme quand tu vas te faire tatouer», image François Manseau, à propos de la rencontre précédant la création. «On voulait refléter nos personnalités», ce qu'ont permis de faire les rhinocéros et le paon, explique-t-il.

Et le résultat? «C'est parfait! Ça éclaire le condo», se réjouit M. Manseau. «C'est comme si on avait transformé notre loft en ruelle!»

Il faut dire que MC Grou visite toujours les lieux avant d'y réaliser une murale. «C'est le fun de rencontrer des gens et d'être capable de se parler, de comprendre leur univers», remarque-t-elle.

Du rhinocéros au dinosaure

Il y a moins d'un mois, MC Grou a cette fois mis ses talents de muraliste au service d'une chambre d'enfant. Celle plus particulièrement d'un garçon de six ans, fils d'une amie de l'artiste.

«J'ai adoré faire ça dans une chambre d'enfant, parce que ça m'a transportée dans un univers un peu plus naïf», explique MC Grou, dont l'imaginaire semble s'être parfaitement harmonisé avec celui du petit Camil, amoureux des dinosaures.

Et pour s'assurer que le garçon n'ait pas peur du T-Rex en deux dimensions, elle lui a assuré qu'il le protégerait pendant la nuit. 

La mère de l'enfant, Azélie Pilon, elle-même passionnée de design, cherchait à ce que chaque pièce du triplex de Limoilou que son conjoint et elle ont récemment acheté «ait sa touche spéciale». N'ayant rien trouvé pour faire ressortir la chambre du petit Camil, elle a décidé de faire appel à MC Grou. Et ne l'a pas regretté.

Site Web: www.mcgrouartistepeintre.com

MC Grou a réalisé plusieurs murales intérieures pour... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

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MC Grou a réalisé plusieurs murales intérieures pour des commerces, dont le restaurant La Planque.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Les pour et les contre de la murale

Le fait de réaliser une murale intérieure dans une résidence privée ajoute un caractère éphémère à l'oeuvre, ce dont est bien consciente MC Grou. «Une murale, depuis la préhistoire, ça reste des années. De faire ça à l'extérieur, ça reste dans le temps. Mais les maisons, c'est éphémère. C'est sûr que les murs n'existeront plus à un moment. Ça ne traversera pas le temps.»

Qui plus est, le type de création diffère selon que l'oeuvre soit réalisée sur un canevas ou sur un mur. «Sur toile, je peux aller jouer avec les textures. C'est le fun de voir qu'il y a des épaisseurs, qu'il y a des coulisses de peinture. Ça fait de la profondeur, et ça ajoute quelque chose à la toile. Sur un mur, je ne peux pas jouer avec les textures, mais c'est un défi que j'aime.»

Le processus de création d'une murale est d'autant plus stressant qu'il ne laisse pas de place à l'erreur. «Quand j'arrive chez la personne, il faut que ça aille bien, alors toutes les étapes précédentes sont importantes», explique MC Grou, qui précise aimer travailler sous adrénaline.

L'autodidacte

Bien que le stencil, ou le pochoir, soit sa technique de prédilection, MC Grou affirme avoir mis beaucoup de temps à l'apprivoiser. «J'ai été autodidacte, j'ai appris par moi-même. Ça a peut-être été un peu plus long que la moyenne pour arriver à mes fins, mais là, j'ai vraiment l'impression que je suis en plein contrôle de la technique», dit l'artiste.

Pourquoi cette affection pour le pochoir? «Je pense que c'est parce que j'aime travailler avec les formes, travailler avec des formes abstraites pour arriver à en faire du figuratif», dit celle qui se fait un point d'honneur de ne pas réutiliser le même pochoir d'une oeuvre à l'autre. Une approche figurative, donc, qui lui permet d'attribuer une place prépondérante aux expressions faciales, qu'elles soient humaines ou animales, dans ses oeuvres. 

Et qu'elles soient réalisées sur un canevas ou sur un mur, les créations de MC Grou sont là, dit-elle, d'abord et avant tout pour embellir la journée de ceux qui les croisent. 

Pas de la déco

Même si certaines de ses oeuvres sont réalisées directement sur un mur, MC Grou refuse de les qualifier d'objets de décoration. «On fait ça, faire fiter notre couleur de mur avec [les meubles et les objets] de la pièce. Moi, je vais intervenir sur le mur, mais ça ne devient pas une tapisserie», lance-t-elle.

Elle était d'ailleurs réticente à l'idée de réaliser ce type d'oeuvres au départ. «Finalement, ça me plaît, parce que je vois ça plus intime, plus personnel. Mais de voir ça comme de la déco, c'est pas ça. Je veux pas que les gens pensent que ça va fiter avec leur couvre-lit. Fuck off!» lance-t-elle avec couleur.

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