Un programme qui sourit à l'industrie

Le nouveau crédit d'impôt RénoVert tombe à point dans l'industrie, alors que le... (123rf/My Make)

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(Québec) Le nouveau crédit d'impôt RénoVert tombe à point dans l'industrie, alors que le secteur de la construction résidentielle connaît des années moins fastes. Les entrepreneurs sont heureux et savent rénover vert, assure François-William Simard.

Le directeur des communications de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) sort les chiffres pour démontrer l'effet de ce type de programme sur l'économie québécoise. Le crédit d'impôt LogiRénov, qui a pris fin en juillet 2015, a eu des effets positifs sur les activités de 81 % des entrepreneurs, révèle une enquête menée en janvier par l'APCHQ. Le chiffre d'affaires de 63 % d'entre eux dans le secteur de la rénovation a crû d'au moins 10 %.

«Avec RénoVert, on repart la machine. C'est une très bonne nouvelle!» lance François-William Simard. Il ajoute que de plus en plus de rénovateurs, autant que de constructeurs d'habitations neuves, ont des préoccupations environnementales. «Avec le crédit d'impôt ÉcoRénov en 2013-2014, le programme Rénoclimat en cours et maintenant RénoVert, si les rénovateurs veulent avoir de la business, ils n'ont pas le choix de savoir comment améliorer l'efficacité énergétique d'un bâtiment.»

Francis Pronovost, expert-conseil chez Écobâtiment qui donne notamment de la formation, croit que les corps de métier sont prêts à répondre à la demande. Il rappelle qu'il y a eu un rehaussement des normes dans la construction, notamment avec le programme Novoclimat.

Selon lui, RénoVert est une belle façon de stimuler l'industrie partout au Québec et non pas seulement dans une région. «C'est souvent mieux réparti pour plein de petits entrepreneurs.»

Finalement, dit-il, le gouvernement est aussi gagnant et profitera des bonnes affaires des entrepreneurs.

François-William Simard parle quant à lui d'un certain retour sur l'investissement. «En dépensant 100 $ en rénovation, il en retourne 21 $ dans les coffres du gouvernement provincial uniquement», souligne le porte-parole de l'APCHQ. 

Ce qui ne l'empêche pas de saluer l'effort du gouvernement pour stimuler le marché de la rénovation dans un contexte d'équilibre budgétaire.

Des appels au CAA-Québec

Dès le lendemain de l'annonce du programme RénoVert le 17 mars, CAA-Québec a commencé à recevoir des appels à ce propos, indique Rébecca Salesse, conseillère en communication pour l'organisme à but non lucratif, qui offre un service d'accompagnement en habitation depuis 18 ans. Elle ajoute que le CAA a rappelé plusieurs membres qui l'avaient précédemment consulté pour des rénovations maintenant couvertes par ce programme afin de les informer des nouvelles mesures et de leur expliquer comment procéder pour s'en prévaloir. Les experts du CAA peuvent expliquer les normes du programme, les travaux couverts et les dates butoir. «On fait appel à notre expertise pour démêler l'aspect plus technique et à notre neutralité pour donner un avis.» Elle rappelle que CAA-Québec dispose d'un réseau d'entreprises recommandées, ce qui peut aider à dénicher le bon entrepreneur pour le type de travaux à réaliser.

Dans les quincailleries

Le crédit d'impôt RénoVert est à l'étude dans les quincailleries. «On est en train de rédiger de l'information pour aviser nos conseillers et faire de l'affichage en magasin», indique Karl Desbiens, directeur général de Canac. Du côté de RONA, «on est encore en période de consultation avec les gens de Revenu Québec», affirme la porte-parole Valérie Gonzalo. Elle ajoute que la chaîne de quincaillerie va assurément embarquer dans le mouvement et que, d'ailleurs, RONA offre déjà une gamme de produits écoresponsables. Chez Canac, Karl Desbiens pointe trois secteurs qui auront une influence sur les ventes en quincaillerie: les matériaux d'isolation, les portes et fenêtres et les appareils de plomberie comme les chauffe-eau. Les quincailliers, qui ont déjà fait l'exercice avec l'ancien programme ÉcoRénov, disent avoir la marchandise nécessaire en magasin. Si les crédits d'impôt à la rénovation ont toujours eu un effet positif sur leurs ventes, ils n'ont pas de chiffres précis à divulguer.

Appel à la prudence

«C'est un bon programme, mais il faut faire attention et réfléchir.» Voilà la mise en garde de Francine Hamel, consultante budgétaire à l'Association coopérative d'économie familiale de Québec (ACEF), à propos du crédit d'impôt RénoVert. Avant de lancer les travaux, elle suggère de se poser quelques questions. Est-ce qu'on projette avoir des enfants ou prendre sa retraite? Est-ce qu'on envisage une baisse de revenus dans les prochaines années? «Ça vaut la peine de faire un budget. Si je mets les rénos sur ma marge hypothécaire et que les taux d'intérêt augmentent, je vais les payer longtemps», illustre la consultante. Elle demande aussi en combien de temps l'économie d'énergie permettra d'amortir un investissement de dizaines de milliers de dollars. «On peut penser à plusieurs années de consommation d'électricité. C'est sûr qu'on va être plus confortable dans la maison si elle est mieux isolée, mais comment ça va se traduire dans le portefeuille du consommateur?»

Trouver le bon entrepreneur

Francis Pronovost, expert-conseil chez Écobâtiment, invite les propriétaires et copropriétaires tentés par le crédit d'impôt RénoVert à rester vigilants dans le choix de leur entrepreneur. Quand des subventions permettent une marge de manoeuvre, il peut arriver que l'entrepreneur s'en donne une lui aussi, dit-il sans généraliser. D'où l'importance de demander plusieurs soumissions, de poser des questions. «Un bon entrepreneur ne devrait pas être choqué d'avoir à donner des explications.» Il encourage les gens à aller chercher de bonnes références autour d'eux. Sinon, à se tourner vers des associations professionnelles ou le CAA.

Coûts possibles pour des travaux admissibles à RénoVert

Changer portes et fenêtres

Entre 15 000 $ et 40 000 $ selon le type de maison et sa grandeur

Étanchéifier les fondations

Au moins 15 000 $

Installer un climatiseur mural

Environ 5000 $

Installer un climatiseur central

Environ 10 000 $

Installer un système de géothermie

Au moins 30 000 $

Installer un toit blanc

Environ 15 000 $ (selon la superficie)

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