Propagation fulgurante de la mérule pleureuse au Québec

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La mérule pleureuse produit des spores orange brunâtre, rougeâtre ou jaunâtre. Elle se développe très rapidement. On la trouve généralement dans des vides sanitaires.

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Matane) La mérule pleureuse, communément appelée «le cancer du bâtiment», se propage de plus en plus au Québec. Bien connu en Europe, le champignon dévastateur est apparu au Québec au début des années 2010. En 10 ans, il se serait attaqué à au moins 150 bâtiments.

«Je me rappelle de mon premier cas, il y a 10 ans», raconte un expert en qualité de l'air intérieur d'Enviro-Option. Je ne savais pas ce que c'était.» Depuis, Gino Dechamplain a répertorié des cas de contamination à la mérule pleureuse à Québec, à Montmagny, au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine, sur la Côte-Nord, en Mauricie et ailleurs. «Il y a 10 ans, on avait un ou deux cas par année, indique-t-il. Maintenant, chaque semaine, quelqu'un nous appelle pour nous poser des questions là-dessus. On n'a pas une confirmation par semaine, mais c'est pas loin.» 

Maxime Boivin et Marie-Hélène Cauchon, qui ont dû abandonner leur maison de Saint-Marcellin, près de Rimouski, ont répertorié 48 cas de propriétaires, au Québec, dont la résidence est contaminée, comme la leur, à la mérule pleureuse. «C'est même pas le tiers, estime M. Dechamplain. C'est parce que les gens ne veulent pas la déclarer.»

La Serpula lacrymans, de son nom latin, est un champignon qui s'attaque au bois. Il se caractérise par l'observation de larmes colorées, d'où son nom de «pleureuse». Les signes de sa présence sont identifiables par une substance ressemblant à de la ouate ou à une toile d'araignée, avec de longs et très minces filaments gris, dont la masse de couleur rouge brunâtre est gélatineuse. 

«Ce qui est vraiment caractéristique de ce champignon-là, c'est qu'il pousse à une vitesse très grande, souligne l'expert de la firme de Longueuil. On parle de plusieurs centimètres par semaine. J'ai déjà vu des mérules qui faisaient une couple de dizaines de pieds de large!»

Dans les vides sanitaires

Selon Gino Dechamplain, la mérule pleureuse se trouve généralement dans les vides sanitaires. Les principales conditions favorables à son développement sont un taux d'humidité du bois supérieur à 20 %, une température ambiante variant entre 19 et 26 °C, l'obscurité et peu de ventilation. «Il y a parfois une infiltration d'eau ou une pression d'eau qui vient des fondations», précise-t-il.

Si la mérule pleureuse dégrade les structures des maisons, elle est aussi nocive pour la santé de leurs habitants. «Il n'est pas facile de distinguer les effets de la mérule de la présence simultanée d'autres moisissures qui sont reconnues pour causer des problèmes de santé, nuance le Dr Louis Jacques de la Clinique de médecine du travail et de l'environnement du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). Les premiers problèmes de santé à apparaître sont généralement au niveau des voies respiratoires supérieures : le nez, les sinus et la gorge, mais aussi les poumons et les bronches. On va parler de rhinite, de rhinosinusite, de pharyngite, de bronchite, d'asthme...» 

C'est la raison pour laquelle le couple de Saint-Marcellin a évacué sa maison contaminée. Pendant trois ans, Maxime Boivin a été malade : pneumonie, bronchite et affections diverses aux poumons. Son chien crachait le sang et son chat a développé une infection fongique. «Généralement, ça va causer des maladies qui sont chroniques, où les gens deviennent de plus en plus malades, confirme le Dr Jacques. Si les humains sont infectés, les animaux le sont généralement aussi.»

Pour se débarrasser de la mérule pleureuse, toute la structure affectée et même plus devra être retirée et brûlée. Dans le cas d'un vide sanitaire, une partie du sol devra être enlevée. «Après, ça va être une décontamination en bonne et due forme avec les produits et les techniques adéquates», continue l'expert en qualité de l'air. «C'est fait par des firmes spécialisées.»

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