Heureux ménage!

Toutes les semaines ou toutes les deux semaines, ils font notre bonheur. Après... (Infographie Le Soleil, 123RF/macrovector)

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(Québec) Toutes les semaines ou toutes les deux semaines, ils font notre bonheur. Après leur passage, notre maison rutile de propreté et fleure bon. Comment travaillent les préposés en entretien ménager? Comment peut-on les aider? Nous leur avons posé des questions.

Pour survivre au métro-boulot-dodo, beaucoup comptent sur de précieux alliés : les préposés à l'entretien ménager, communément appelés hommes ou femmes de ménage. Ils possèdent les clés de notre maison, entrent dans notre intimité, repartent en toute discrétion. Mais que savons-nous d'eux? 

Voici les résultats d'un petit sondage non scientifique, mais révélateur, réalisé auprès de Groupe Adèle, d'Entretien ménager Éco-Logis, d'Entretien Gabriel.Net et d'une coopérative de services à domicile de Québec.

Le coup de pouce

Beaucoup de gens ont tendance à faire le ménage avant l'arrivée des préposés. «On se demande pourquoi. On est là pour ça!» réagit Mélissa Hovington, franchisée Adèle dans le secteur de Cap-Rouge et de Saint-Augustin. Elle reconnaît toutefois qu'un bon ramassage de la part des clients aide énormément. Tous les préposés interrogés le disent, dégager les surfaces - planchers, tables, comptoirs - est un plus. «On ne fait pas de ménage comme tel, on entretient la maison», nuance Mme Hovington. S'il y a de l'argent ou des cartes de crédit, elle contourne. «On ne déplace pas, c'est la confiance avant tout.»

Les irritants

Inversement, l'encombrement peut devenir un irritant et ralentir le travail. David Guérard, propriétaire d'Éco-Logis, parle aussi des tableaux mal accrochés, avec des punaises par exemple, qui tombent dès qu'on les époussette. Ou des clients sur place qui passent et repassent sur les planchers mouillés, laissant des petites traces de pieds. Pour Philippe Cunningham, franchisé Adèle dans le secteur Chaudière-Est, l'été est une période plus pénible pour faire ce travail très physique. «Les clients qui nous laissent l'air climatisé nous font un beau cadeau.» Chez Entretien Gabriel.Net, on pointe enfin le trafic et une mauvaise météo, deux facteurs qui gênent les déplacements.

La tâche la plus ingrate 

Sans surprise, laver la toilette. Inutile d'en dire davantage. Sinon, nettoyer un plancher quand de la nourriture y est collée depuis longtemps. Ou laver une petite douche quand on mesure 6' 2'' et qu'on pèse 280 livres. 

La compagnie

La plupart des préposés semblent s'accommoder des clients qui sont à la maison pendant leur présence. La jasette ralentit parfois un peu la cadence, mais permet en contrepartie de mieux cerner les besoins. David Guérard constate que les personnes âgées aiment conseiller. «Ils en ont fait du ménage dans leur vie, ils savent comment ça marche.» 

Quant aux animaux, il n'est pas rare qu'ils sautent sur la «moppe» ou l'aspirateur, mais ils mettent de la vie dans le décor, glisse Mélissa Hovington. L'entreprise Adèle fournit d'ailleurs des linges spécifiques pour ramasser les poils. Barbara Hudgson, dont plusieurs clients sont seuls et en perte d'autonomie, prend quant à elle le temps de caresser chats et chiens. «Ils sont souvent le prolongement des gens», dit la préposée à l'entretien pour la Coopérative de services à domicile du Cap Diamant. 

La mémoire

«Il faut avoir une mémoire photographique. Je l'ai appris avec le temps», indique Mélissa Hovington. Barbara Hudgson, qui a une clientèle âgée, soulève chaque chose individuellement, passe un linge et la redépose. «Je ne suis pas là pour désorganiser les gens.» Elle prend un soin bien particulier de ne rien déplacer chez un client aveugle qui a besoin de ses repères. 

Les bris

Les préposés sont unanimes : les gens sont compréhensifs. La transparence est de mise et la plupart des compagnies d'entretien ont des assurances pour remplacer les objets brisés ou rembourser les clients.

La musique 

Très peu écoutent de la musique en travaillant. Par professionnalisme, pour ne pas être déconcentré, pour discuter avec leur collègue quand ils sont en équipe de deux ou trois. David Guérad met quant à lui ses écouteurs, surtout pour passer l'aspirateur. Son répertoire est varié. «Il faut que ça bouge», dit-il en parlant des Trois Accords. 

Les anecdotes

Il y en a même des croustillantes, avec des couples qui s'enferment dans leur chambre pendant que le préposé entretient la maison! On cogne ou on ne cogne pas pour nettoyer la pièce? Dans l'équipe de Philippe Cunningham, les fous rires viennent plutôt de ces douches modernes qui partent toutes seules, arrosent et demandent de recommencer le polissage. 

Les cadeaux qui font plaisir

À Noël, il n'y a pas d'attente, nous dit-on, une simple note fait plaisir. Mais Mélissa Hovington reconnaît adorer le chocolat. Barbara Hudgson s'émeut encore d'une toile peinte par une cliente artiste. Philippe Cunningham et ses employés apprécient toujours une carte-cadeau de la SAQ ou de Canadian Tire.

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Gabriel Côté

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Mélissa Hovington

Le Soleil, Caroline Grégoire

La formation

Il n'existe pas d'association professionnelle en entretien ménager résidentiel. Chaque compagnie a ses propres exigences. Chez Groupe Adèle, une entreprise québécoise spécialisée dans le ménage à domicile, les franchisés et les employés reçoivent tous une formation. «On nous apprend les produits, comment les utiliser», indique Mélissa Hovington, franchisée Adèle dans le secteur de Cap-Rouge et de Saint-Augustin, qui a passé quelques jours à Laval pour apprendre une méthode de travail spécifique à l'entreprise. Chez Entretien Gabriel.Net, la trentaine d'employés ont souvent une formation hôtelière antérieure. Le président, Gabriel Côté, mise sur l'expérience et dit assurer un suivi rigoureux. 

La tarification

Dans le domaine de l'entretien ménager, la tarification est très variable. Taux horaire chez Entretien ménager Éco-Logis; forfait débutant à 65 $ plus taxes chez Entretien Gabriel.Net; montant établi après évaluation de la maison chez Groupe Adèle. 

Les produits

La plupart des compagnies utilisent leurs propres produits d'entretien. C'est le cas des employés d'Adèle, qui apportent aussi leurs aspirateurs, leurs plumeaux, leurs chiffons «spécialement traités pour enlever 99 % de la poussière, 80 % de l'électricité statique et 88 % des gras de surface», précise Mélissa Hovington. 

Les préposés d'Éco-Logis arrivent également avec tout leur attirail. Ils utilisent les produits écologiques et biodégradables à haut taux de dilution Innu-Science. Fortement concentrés, ces nettoyants nécessitent moins d'espace d'entreposage, diminuent les coûts de transport et ont moins d'impact sur l'environnement.

David Guérard, propriétaire d'Éco-Logis, souligne que les gens utilisent souvent beaucoup trop de produits, ce qui a tendance à abîmer les matériaux. Il donne l'exemple de l'eau de Javel, prisée par les personnes âgées. En plus d'être un produit fort pour la santé, il enlève l'émail du bain, de la toilette, ce qui peut entraîner l'apparition de rouille. «Ça devient plus dur à entretenir ensuite.» Il assure que des savons doux permettent de garder les surfaces impeccables et font un meilleur travail à long terme.

Chez Adèle, on demande aux clients de limiter l'utilisation de produits en dehors de l'entretien ménager, mentionne Philippe Cunningham, franchisé Adèle dans le secteur Chaudière-Est. Quand il faut nettoyer ponctuellement quelque chose, il conseille de diluer du détergent à vaisselle dans de l'eau et de vaporiser. Tout simplement.

D'autres entreprises travaillent quant à elles avec les nettoyants et les appareils des clients, adaptés à leur domicile. Comme l'équipe d'Entretien Gabriel.net. «Mais on apporte nos effaceurs magiques. C'est vraiment magique!» glisse le président, Gabriel Côté. 

Information:

adeleinc.com

aideadomicilequebec.com

ecomenage.net (Éco-Logis)

entretiengabriel.net

Jeudi ou vendredi

Voilà les deux jours les plus demandés pour l'entretien ménager. En général, les gens veulent profiter d'une maison propre la fin de semaine. Pourtant, Groupe Adèle conseille d'opter pour un nettoyage en début de semaine, plus profitable après le passage de la visite lors des soupers du samedi soir ou des brunchs du dimanche. «Une fois que les gens ont goûté à l'entretien en début de semaine, ils l'apprécient davantage», indique Yves Courteau, directeur général de Groupe Adèle.  

Préposée subventionnée par la RAMQ: plus qu'une femme de ménage

Sept entreprises d'économie sociale de la capitale nationale offrent les services de préposés en entretien ménager, dont une partie du salaire, soit 4 $ l'heure, est subventionnée par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

Toute personne de 18 ans et plus résidant au Québec peut en bénéficier, peu importe son revenu : les personnes âgées, les malades, les handicapés, les ménages avec ou sans enfant, les célibataires.

«Préposé» : ce n'est pas juste un titre politiquement correct. Ce ne sont pas des «femmes de ménage», martèle Michèle Bussières, directrice de la Coopérative de services à domicile du Cap Diamant, à Québec, l'une des sept entreprises de la région à offrir le Programme d'exonération financière pour les services d'aide domestique (PEFSAD), un service créé par le gouvernement provincial en 1996.

Oui, ces personnes vont récurer la baignoire et les planchers. Mais elles sont aussi formées pour écouter, rassurer, veiller sur les clients, les aider dans leur quotidien. «Parfois, les gens se mettent beaux pour accueillir le préposé, a noté Mme Bussières. Pour certains, c'est leur seule visite de la semaine.»

Le PEFSAD favorise le maintien à domicile des personnes âgées, c'est l'un de ses objectifs. «Préposé en entretien ménager : c'est un métier d'avenir», affirme Michèle Bussières, en rappelant que la population vieillit et que les gens vivent de plus en plus vieux.

Près de 600 préposés travaillent, à temps plein ou à temps partiel, pour les sept entreprises d'économie familiale de la région. 

Ils font le petit et le grand ménage, la lessive, les courses, les repas, pour un salaire à l'embauche qui varie entre 12,50 $ et 13,50 $ l'heure. Le Programme leur garantit un emploi de qualité. Et il contre le travail au noir. La subvention de 4 $ l'heure est attribuée au client, et non pas à l'entreprise. 

«On tend à suffire à la demande, mentionne Mme Bussières. Mais le recrutement n'est pas facile. On répond aux cas les plus urgents en premier.» Et ces cas, ce sont les gens en perte d'autonomie qui peuvent bénéficier d'un sursis, grâce à ces précieux préposés, avant de se «retrouver en situation d'hébergement».  Michèle LaFerrière

Information: www.ramq.qc.ca

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