Pleins feux sur les extincteurs

Une fois que la goupille est enlevée, aussitôt... (123RF/antos777)

Agrandir

Une fois que la goupille est enlevée, aussitôt qu'on appuie sur le levier, la poudre sort. Il faut viser la base de l'incendie.

123RF/antos777

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) En cas d'incendie, l'avertisseur de fumée est l'outil prioritaire pour sauver des vies, et un appel au 9-1-1 est la première manoeuvre à effectuer une fois en sécurité. Mais l'extincteur peut aussi avoir un rôle à jouer. Où le trouver? Où l'entreposer? Comment l'utiliser? Annie Marmen, officière au Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec, nous éclaire sur ces questions.

Obligatoire dans les lieux publics et dans les corridors des immeubles de logements, l'extincteur ne l'est pas dans les maisons, les condos et les appartements. Mais «il fait partie de la trousse qu'un propriétaire devrait avoir», plaide la spécialiste en prévention. 

Des compagnies privées et toutes les grandes quincailleries proposent divers modèles d'extincteurs. L'important, insiste Mme Marmen, est d'en choisir un qui est homologué par un organisme reconnu comme ULC. 

Pour un usage domestique, elle recommande un extincteur à poudre. Celle-ci recouvre ce qui brûle, coupe l'air et étouffe ainsi le feu. Cet extincteur doit porter l'étiquette ABC, indiquant que la poudre polyvalente convient aux incendies causés par du papier, du bois, du tissu, du plastique (classe A), à ceux provoqués par l'huile, l'essence, la graisse, le beurre (classe B) et à ceux produits par les appareils électriques (classe C).

Les extincteurs sont catégorisés selon une cote composée de chiffres précédant ces lettres : 2A 10B C, 4A 20B C... «Plus le chiffre est haut, plus sa capacité d'extinction est grande», indique Mme Marmen. À partir de tests en laboratoire, un extincteur capable de neutraliser une pile de palettes de bois en feu obtiendra la cote 1A, s'il peut éteindre deux piles, la cote sera de 2 A et ainsi de suite, explique-t-elle. Même logique pour la maîtrise d'une surface plus ou moins grande d'essence ou d'huile.

Sur le marché, des extincteurs de divers poids sont à vendre. Mme Marmen déconseille ceux de 20 livres, trop lourds pour un usage résidentiel. Outre un adulte, un enfant, un adolescent, une personne âgée devrait pouvoir le porter. Elle recommande plutôt un appareil de 5 à 10 livres, plus facile à manipuler.

Installation

Où doit-on l'installer? Pas près de la cuisinière, contrairement à ce que beaucoup pourraient croire. «Si la cuisinière est en feu, on ne peut pas s'en approcher», expose Mme Marmen. 

Dans une maison, l'extincteur doit être visible et accroché près d'une sortie. «C'est pas beau, ce n'est vraiment pas décoratif», convient-elle. Mais elle dissuade de le reléguer par terre, dans le placard de l'entrée où sacs, bottes et manteaux risquent de le recouvrir. Si on constate un début d'incendie, qu'on voit de la fumée, on peut essayer d'éteindre le feu avec l'extincteur et en cas d'échec, la sortie est juste derrière. «On peut tout de suite évacuer si on a un problème.» À la rigueur, il permettra de se frayer un chemin à travers les flammes, ajoute-t-elle.

Chaque étage de la maison devrait-il avoir son extincteur? Difficile de ne pas prêcher la vertu, même si ce n'est pas obligatoire, comme les avertisseurs de fumée. Mme Marmen fait valoir que ça ne coûte pas une fortune, une trentaine de dollars par appareil (certains peuvent coûter jusqu'à une centaine de dollars). Mais encore faut-il investir ensuite dans un bon entretien.

Entretien

«Une fois de temps en temps, il faut brasser un peu l'extincteur, faire une bonne inspection visuelle», indique Mme Marmen. Un examen que peut réaliser le commun des mortels. 

On vérifie si l'appareil est endommagé, s'il porte des traces de rouille, si la goupille est au bon endroit, si la buse, le conduit par où passe la poudre, est obstruée. Les extincteurs rechargeables sont munis d'un manomètre qui mesure la pression. Pour que tout soit conforme, l'aiguille doit être dans le vert sur l'écran.

«On ne veut pas que les gens jouent... (Courtoisie) - image 2.0

Agrandir

«On ne veut pas que les gens jouent aux pompiers et on ne veut pas qu'ils mettent leur vie en danger avec l'extincteur. Une fois qu'on a appelé les pompiers, qu'on a accès à une sortie derrière nous, on peut tenter d'éteindre le feu s'il est tout petit. Sinon, on évacue», dit Annie Marmen, du Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec.

Courtoisie

Les extincteurs jetables (à usage unique) n'ont pas de manomètre. Une fois utilisés, on peut les porter dans un écocentre où ils seront recyclés. Ils doivent être mis hors service 12 ans après leur date de fabrication, indiquée sous l'appareil.

Dans le cas d'un extincteur rechargeable, une inspection mécanique est obligatoire aux six ans ou après utilisation. «Une compagnie spécialisée va l'ouvrir, remettre de la poudre et ajuster la bonne pression», explique Mme Marmen.

Puis tous les 12 ans, un spécialiste doit faire un test hydrostatique, «pour vérifier si l'appareil est encore capable de supporter la pression, si les soudures tiennent le coup».

En cherchant dans le bottin et sur le web, il est possible de trouver plusieurs entreprises spécialisées en vente et en entretien d'extincteur portatif. «Il n'y a pas d'association pour ces spécialistes», mentionne Mme Marmen, qui recommande de se renseigner sur ces compagnies, de s'assurer qu'elles ont pignon sur rue depuis des années, qu'elles ont de bonnes références, voire de faire une vérification à l'Office de la protection du consommateur.

Depuis 35 ans, Les Coupe-feu du Québec, membre de l'APCHQ, offre ce genre de service commercial et résidentiel dans la capitale. Le propriétaire, Dave Cauchon, indique qu'il coûte entre 20 $ et 25 $ pour la maintenance tous les six ans d'un extincteur domestique et 12 $ pour un test hydrostatique. L'appareil est ensuite doté d'une carte d'inspection qui mentionne qu'il y a eu entretien et un collant signale qu'un test hydrostatique a été fait.

«Chez nous, la vérification est gratuite si les gens ne sont pas sûrs de l'état de leur extincteur. Si un entretien est à faire, on le mentionne, et le client décide», indique M. Cauchon. Les Coupe-feu du Québec font aussi la vente d'extincteurs résidentiels de cinq livres de «qualité commerciale», qui se détaillent 55 $.

Comment l'utiliser?

Dans l'énervement, est-il compliqué de manipuler un extincteur? Non, assure Annie Marmen, officière au Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec. «Dans un premier temps, je recommande aux gens de le prendre dans leurs mains, de le manipuler pour voir s'ils sont à l'aise, si l'appareil est trop pesant.»

Si un incendie survient, il faut détacher le petit boyau d'une main et une fois que la goupille est enlevée, aussitôt qu'on appuie sur le levier, la poudre sort. «Il faut viser la base de l'incendie, balayer de gauche à droite. Si on vise par terre ou dans les airs, on va rater la cible, ça dure huit secondes.»

Elle précise que l'extincteur est efficace dans les premières minutes, quand le feu est à son début et qu'il a la grosseur d'une poubelle ou d'une chaise au maximum. Si la pièce complète est embrasée, elle assure que l'extincteur ne suffira pas. Il faut évacuer au plus vite.

Les pompiers d'abord

«On recommande toujours d'appeler les pompiers avant de commencer à éteindre un feu.» Pour nous en convaincre, Annie Marmen, officière au Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec, a un exemple en tête. Un événement survenu il y a quelques années, une cigarette malencontreusement mal éteinte dans une poubelle.

«La personne est sortie chercher l'extincteur dans le garage, mais le temps qu'elle s'y rende, le feu avait envahi la pièce au complet. Elle a laissé la porte ouverte, ça lui a donné de l'air. L'extincteur n'a pas suffi à l'éteindre. Et pendant tout ce temps, les pompiers n'ont jamais été appelés. Finalement, avec les portes restées ouvertes, la maison est passée au feu au complet.» 

Mme Marmen rappelle qu'il faut calculer trois, quatre, cinq minutes aux pompiers pour arriver de la caserne une fois qu'ils sont prévenus.

En chiffres

  • 8 SECONDES: Durée approximative d'épandage de la poudre lorsqu'on active un extincteur portatif résidentiel

  • 3 MINUTES: Temps pour sortir avant d'être asphyxié par la fumée en cas d'incendie

  • 5 à 10 LIVRES: Poids idéal d'un extincteur portatif résidentiel pour qu'il soit facile à manipuler

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer