Quartier Petit Champlain: un théâtre comme attraction

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Encore aujourd'hui, le Théâtre Petit Champlain attire bien du monde dans le quartier.

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(Québec) Ouvrir un théâtre dans le Petit Champlain faisait partie de la stratégie, de la vision de Jacques de Blois et de Gerry Paris. Offrir des spectacles allait faire parler du quartier, explique Isabelle de Blois.

Un événement mémorable dans l'histoire du quartier: Claude... (Photo Élise de Blois, tirée du livre «Le rêve du Petit-Champlain», Septentrion) - image 1.0

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Un événement mémorable dans l'histoire du quartier: Claude Léveillée, Félix Leclerc et Gilles Vigneault sont montés sur la scène du Théâtre Petit Champlain bénévolement pour donner un coup de pouce à l'institution en difficultés financières. 

Photo Élise de Blois, tirée du livre «Le rêve du Petit-Champlain», Septentrion

Pour son documentaire, Isabelle de Blois a organisé... (Le Soleil, Frédéric Matte) - image 1.1

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Pour son documentaire, Isabelle de Blois a organisé un pique-nique dans le parc, comme dans le temps. Retrouvailles et souvenirs pour les deux veuves de Jacques de Blois et de Gerry Paris, Claudette de Blois et Claudine Picard, et des artisans de la première heure.

Le Soleil, Frédéric Matte

«Ils se sont dit que ça allait amener des gens qui verraient ce qui se passait autour et qui auraient envie de revenir. Avec tous les artisans, c'était comme un salon des métiers d'art permanent ici», dit la réalisatrice en mentionnant que la clientèle a d'abord été québécoise avant d'être touristique.

Sa mère Claudette de Blois se rappelle avoir aménagé la loge du Théâtre Petit Champlain avec les moyens du bord. «Les artistes venaient chez nous repasser leurs robes et leurs habits avant les spectacles.»

Nul autre que Félix Leclerc, Claude Léveillée et Gilles Vigneault étaient venus chez elle pratiquer leur prestation. «Leclerc se berçait. Vigneault avait les masses en l'air...» dit-elle en mimant sa gestuelle.

Que de bons souvenirs

Malgré les épreuves et tout le boulot que l'aventure du Petit Champlain a représenté, elle n'en garde que de bons souvenirs. «On était une grande famille.»

Claudette de Blois a montré à plusieurs artisans comment se servir de la Chargex et comment faire la comptabilité. «Je faisais faire des sacs en papier avec le logo du Petit Champlain. Il y avait trois grandeurs. Une fois par année, je faisais le tour des artisans pour prendre les commandes de sacs. Certains en demandaient huit petits, quatre moyens et six grands... pour l'année!»

Mais elle en gardait toujours en surplus dans sa boutique de plantes intérieures pour que les gens puissent venir se ravitailler.

Dans le parc, elle se rappelle les tournois de pétanque, «les hommes contre les femmes». «Un des arbres qu'on a plantés avait été donné à mon mari pour sa fête. Les filles avaient apporté ça dans une Renault 5, par le toit ouvrant», dit-elle en riant.

Pour son documentaire, sa fille Isabelle a organisé un pique-nique dans le parc, comme dans le temps. «Quand il faisait beau, on sortait les draps, on faisait un clean-the-kitchen en apportant tout ce qu'il y avait dans le frigo et on pique-niquait. Les artisans avaient des dons de musiciens. C'était le party jusqu'à 2h du matin. Quand il ne restait plus rien à boire ni à manger, on levait le camp.»

«Aujourd'hui, il y a moins d'artisans, c'est plus commercial, mais je suis contente que la Coopérative ait continué l'idée qu'on avait.

»

Claudette de Blois, femme de Jacques de Blois, qui a amorcé la revitalisation du Petit Champlain avec son ami Gerry Paris
L'architecte Jacques de Blois et son chantier ... (Photo d'Isabelle de Blois, tirée du livre Le rêve du Petit-Champlain, Septentrion) - image 3.0

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L'architecte Jacques de Blois et son chantier 

Photo d'Isabelle de Blois, tirée du livre Le rêve du Petit-Champlain, Septentrion

Quelques dates

1976 - Début de l'aventure, Gerry Paris signe un chèque personnel de 85 000 $ pour l'achat d'un îlot de bâtiments le long du boulevard Champlain.

1982 - Le duo de Blois-Paris s'attaque à la rue Sous-le-Fort et à la rue du Cul-de-Sac, pour que les gens circulent entre place Royale et le Petit Champlain. Manquant de liquidité, il s'associe avec la Société de développement des industries de la culture et des communications (SODICC) dans ce projet.

1985 - Une cinquantaine d'artisans et de commerçants du quartier se regroupent en coopérative pour acheter le parc immobilier. Encore aujourd'hui, ils sont collectivement propriétaires d'une trentaine d'immeubles du secteur et se considèrent les «gardiens» de ce patrimoine.

Isabelle de Blois et sa mère, Claudette. La... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 4.0

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Isabelle de Blois et sa mère, Claudette. La famille de Blois a habité la maison au toit rouge de 1976 à 1988. Elle appartient aujourd'hui à la Coopérative. 

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Pour la mémoire populaire

«J'ai vécu dans le quartier, j'ai travaillé dans plein de boutiques à donner un coup de main ici et là. J'avais une place privilégiée pour raconter cette histoire.»

Isabelle de Blois, qui travaille en cinéma depuis 30 ans, réalise en ce moment Le grand rêve du Petit Champlain, un documentaire d'une heure pour la télévision. 

En 2007, son père a publié Le rêve du Petit-Champlain «pour que les choses soient sues». Son documentaire ne se veut pas un pendant du livre, même s'il en gardera l'esprit.

Elle y fait parler des gens du quartier qui étaient là à la première heure, Denis Vaugeois, ministre des Affaires culturelles à l'époque et un allié de Jacques de Blois et Gerry Paris, Marcel Junius, architecte urbaniste à la retraite et ancien président de la Commission des biens culturels du Québec. Pour mettre en perspective, elle a aussi interrogé l'historien Luc Nicole-Labrie, l'architecte Marie-Chantal Croft.

«Je voulais m'effacer complètement du documentaire, mais pendant les entrevues, M. Vaugeois disait : "Mais tu sais ton père..." Le ton était établi, je ne peux pas nier ma propre histoire», dit la réalisatrice, qu'on verra parfois apparaître.

Le grand rêve du Petit Champlain, qu'Isabelle de Blois prépare avec Pauline Voisard des productions Triangle, sera diffusé à Radio-Canada au printemps ou à l'été prochain.

Le rêve du Petit-Champlain, signé Jacques de Blois et édité chez Septentrion, est toujours offert en librairie, en ligne et en format PDF au www.septentrion.qc.ca.

 

=> Saviez-vous que...

  •  La rue du Petit-Champlain a pris officiellement ce nom en 1960? Au XVIIe siècle, elle n'était qu'un sentier qui menait à la fontaine de Champlain. Elle a aussi porté le nom de rue de Meulles, en hommage à Jacques de Meulles, intendant de la Nouvelle-France de 1682 à 1686, de rue Champlain et de petite rue Champlain, pour la distinguer de la Grande. Les immigrants irlandais installés dans le coin l'appelaient «Little Champlain Street».
  •  Du 14 août au 31 octobre, le quartier Petit Champlain sera illuminé? Des projections architecturales seront réalisées sur les parois des immeubles du boulevard Champlain et sur la falaise? 

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