Tuyauterie: gare au dégel électrique

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N'importe qui peut réaliser les travaux liés au dégel de la tuyauterie. Comme la Régie du bâtiment considère qu'il s'agit de travaux d'entretien et non de construction, aucune licence n'est requise.

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(Québec) Ne vous fiez pas au redoux. Le sol ne dégèle pas vite, peut-être pas avant le mois de mai. Alors si la tuyauterie fait défaut, il faut y voir et vite. Mais attention lorsqu'il est question de dégeler les conduits par une impulsion électrique.

La Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec (CMMTQ) ne recommande pas cette méthode, bien qu'elle ne soit pas interdite. Elle privilégie plutôt l'utilisation de la haute pression ou de la vapeur pour venir à bout de la formation de glace.

La raison? Chaque année, une demi-douzaine d'incendies répertoriés au Québec sont directement attribuables au dégel par courant électrique. Et cet hiver, avec le froid constant sur une longue période, ce chiffre risque d'augmenter, présume Henri Bouchard, directeur du service technique à la CMMTQ.

N'importe qui peut réaliser les travaux liés au dégel de la tuyauterie. Comme la Régie du bâtiment considère qu'il s'agit de travaux d'entretien et non de construction, aucune licence n'est requise, indique M. Bouchard.

Le danger avec le dégel électrique est que «le courant se perde». M. Bouchard compare l'intervention au survoltage (boostage) d'une batterie de voiture. Deux pinces sont installées en amont et en aval de la partie gelée. Et entre les deux, il y a «une grosse machine qui produit beaucoup de courant».

Le problème, poursuit-il, est que tous les réseaux métalliques d'alimentation en eau des résidences sont reliés, de même qu'au fil de mise à la terre des bâtiments. «Ce fil pourrait transporter de l'électricité sur le réseau et même affecter la maison du voisin. Car comme l'eau, le courant prend le chemin le plus facile.»

La vigilance est donc de mise. Même si la CMMTQ demande l'interdiction de cette intervention, elle a produit une fiche technique distribuée aux membres et offerte aux entrepreneurs afin de les sensibiliser. Car malgré les risques, le dégel à l'électricité est très utilisé. «Il est moins compliqué en apparence et moins long», indique M. Bouchard.

Il explique que la technique avec une machine qui produit de la vapeur ou un jet d'eau chaude à haute pression exige d'entrer chez le propriétaire et d'intervenir sur le réseau de plomberie. «On insère une conduite flexible dans la tuyauterie que l'on pousse jusqu'à atteindre l'obstacle, soit la glace, et là, on envoie la vapeur dans la conduite jusqu'à ce qu'on puisse pousser le tube plus loin. Le principe est assez simple mais plus long et il faut que ce soit fait par un entrepreneur en plomberie, car il y a intervention sur le tuyau à l'intérieur de la résidence.»

Si certaines municipalités interdisent de dégeler les tuyaux par impulsion électrique, ce n'est normalement pas le cas à Montréal. Toutefois, le maire Denis Coderre a décidé mercredi de suspendre temporairement le recours à cette technique le temps de s'assurer de sa sécurité. Le Service de sécurité incendie de Montréal a confirmé la même journée enquêter sur «trois ou quatre» incendies où l'utilisation d'électricité pour déglacer des conduites pourrait être en cause.

Permis à Québec

Aucune suspension n'a été décrétée dans la capitale, où on annonçait la semaine dernière une explosion de conduites d'eau gelées dans les résidences. «Ici à Québec, le dégel des entrées d'eau à l'électricité se fait uniquement par des entreprenueurs spécialisés. On exige des entrepreneurs avec qui ont fait affaire qu'ils soient qualifiés et qu'ils suivent un protocole précis. Aussi, les plombiers sont accompagnés par des électriciens lors de leurs interventions. Ce sont des mesures préventives qui permettent une réduction marquée des risques d'incendie», informe Wendy Whittom, porte-parole à la Ville de Québec.

La méthode du dégel électrique est la plus efficace et permet d'alimenter les citoyens en eau dans un délai raisonnable, poursuit Mme Whittom. «On utilise tout de même la vapeur et l'eau chaude, mais en dernier recours, puisque ça entraîne des délais supplémentaires et il peut arriver que ce soit inneficace.»

La Ville de Québec s'est engagée à assumer les frais d'opération, entre 400 $ et 500 $, mais refilera la facture au citoyen s'il est possible de prouver que le gel est du côté du domaine privé, et non de la conduite municipale.

Conseils

Lorsque le problème est du domaine privé, M. Bouchard y va d'un conseil aux propriétaires qui contactent eux-mêmes un entrepreneur. «Il faut poser des questions. Quelle technique sera utilisée? Par qui? Combien ça coûte?»

Par ailleurs, il ne faut pas attendre pour agir, sinon le dégât risque de s'accentuer.

Dernière chose : s'il a déjà fallu dégeler votre tuyauterie, mieux vaut garder un robinet ouvert en permanence avec un filet d'eau, dit le spécialiste. C'est du gaspillage, certes, mais un débit continu dans la tuyauterie diminuera le risque de gel. «Parce que si vous avez gelé, vous pourriez regeler.»

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