Minimaison pour emporter

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Lise (photo) et Pierre ont planché sur le projet pendant deux ans et demi. Ils ont construit leur maison sur roues seuls, à temps perdu. Planification le soir, construction la fin de semaine.

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Laurie Richard

(Québec) Lise plaide pour les micromaisons. Ces bâtiments laissent une petite empreinte au sol, mais ils en ont laissé une bien grande dans sa vie. Autoconstructrice d'expérience, elle aimerait que les jeunes s'intéressent davantage aux minipropriétés, une option qui libère l'esprit et qui est douce sur le portefeuille.

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On a utilisé du cèdre pour l'extérieur et le plafond; de l'épinette pour les murs, blanchie pour ne pas qu'elle prenne une teinte jaune.

Depuis 20 ans, Lise et son conjoint Pierre sont des «bâtisseurs de projets». Le couple de Québec a commencé à construire des minimaisons avant même que ce soit à la mode. La première a été érigée à Saint-Irénée, dans Charlevoix, en 1996. Il s'agissait d'un «pavillon pour invités», planté sur un terrain où ils devaient, selon les règlements municipaux, construire obligatoirement une maison par la suite.

«Ça faisait un peu Robinson Crusoé», sans eau ni électricité, se rappelle Lise. «C'était un petit bâtiment délicieux, adorable, avec vue sur le fleuve.» Le rêve a duré quatre ou cinq ans : ils ont terminé la maison principale et... s'en sont lassés.

Le couple a éventuellement déménagé pour se retrouver dans une petite maison au centre-ville de Québec. Il y a quelques années, Lise et Pierre ont vu passer un article sur le mouvement des tiny houses. «Ça a vraiment donné un coup au coeur», dit la professeure au collégial. La petite maison de Saint-Irénée avait «laissé une empreinte». Le couple se met donc en tête de construire une micromaison sur remorque.

Opération réduction

Le duo a mené une longue réflexion sur les petites habitations. Il aimait l'idée de réduire l'espace de vie pour aussi réduire sa consommation d'objets. L'un et l'autre apprécient aussi l'effet que les miniconstructions produisent sur l'esprit, comme l'impression de «jouer à avoir une maison».

Lise et Pierre ont planché sur le projet pendant deux ans et demi. Ils ont construit leur maison sur roues seuls, à temps perdu. Planification le soir, construction la fin de semaine. Leur maisonnette a été assemblée en atelier à Stoneham, mais elle vient d'être déplacée sur une ferme de production maraîchère dans la région de la Côte-du-Sud, en novembre. Ce sera leur chalet.

Lise est découragée de la réaction des municipalités par rapport aux micromaisons. Au Québec, «on manque d'imagination pour exploiter le territoire», avance-t-elle. La réglementation est très restrictive. C'est aussi pourquoi elle désire rester vague quant à l'emplacement de leur produit final. Elle croit toutefois que d'encourager l'installation de micromaisons serait une excellente façon de favoriser l'accès à la propriété pour les jeunes, et d'éviter qu'ils s'endettent «jusqu'aux yeux». Lise et Pierre estiment le coût de leur minimaison à 32 000 $, mais ils ont tout fait eux-mêmes, sauf l'installation du propane.

C'est un projet «pour gens sérieux seulement», avertit Lise. Que l'on complète idéalement à temps plein. Elle et son conjoint travaillaient en même temps. Et ce n'était pas reposant.

Puisque c'est un phénomène relativement nouveau, l'information a été très difficile à obtenir. Ils se sont basés sur les plans de l'entreprise américaine Tumbleweed, pionnière en matière de tiny houses. Ils ont aussi fait plusieurs appels au ministère des Transports et à la Société de l'assurance automobile du Québec. Ils ont dû ajuster leur tir quelques fois, en ce qui concerne le poids de la construction, notamment, mais jamais ils n'ont baissé les bras.

Le chemin n'est pas défriché au Québec : leurs questions demeurent parfois longtemps sans réponses claires. Il faut persévérer, contacter plusieurs personnes pour chaque problème, note-t-elle.

En furetant sur Facebook et sur les forums de discussion au sujet des micromaisons, Lise s'est rendu compte que les constructeurs ne tiennent pas toujours compte aussi rigoureusement des mesures puisqu'ils ne comptent pas vraiment se déplacer sur la route avec leur maison sur roue. Il s'agit davantage d'un support pour la construction qui demeurera souvent sur le terrain d'un proche.

Micro contemporaine

Contrairement à plusieurs tiny houses, la maisonnette de Lise et Pierre fait la part belle aux fenêtres. Pour créer un lien encore plus fort avec son environnement. L'extérieur en bois a été teint, planche par planche. Et pour protéger l'avant, on a installé du parement de béton flexible. Le résultat impressionne par son allure moderne.

Le microchalet à facture contemporaine est doté d'une toilette à compost. Un gros morceau du budget : d'origine suédoise, elle a coûté 2500 $. Pas d'électricité. Pour se chauffer, on utilise une chaufferette de bateau qui fonctionne au propane, tout comme la plaque de cuisson. Pour les autres besoins en énergie, le couple a doté sa cabane d'un panneau solaire. Le lit se trouve sur une mezzanine.

Le plus dur, explique Lise, c'était de devoir tout attacher à la remorque et dénicher les matériaux de construction légers appropriés. Il faut d'abord s'assurer de respecter l'aspect légal du «véhicule», soit les dimensions permises pour cette roulotte nouveau genre. Ça a aussi été très long de trouver tout l'équipement pour aménager adéquatement le petit espace.

Tout le bois de la cabane a été fait sur mesure. On a utilisé du cèdre pour l'extérieur et le plafond; de l'épinette pour les murs, blanchie pour ne pas qu'elle prenne une teinte jaune. Et au plancher, de la plaine, une essence plus dure. Le couple a aussi isolé la structure pour affronter les quatre saisons du Québec.

Où se renseigner?

Il y a seulement une dizaine de demandes de renseignement par année à la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) au sujet de construction artisanale sur remorque, indique Mario Vaillancourt porte-parole pour la Société de l'assurance automobile du Québec. Et chaque demande d'information ne se transforme pas en cas concret. Ainsi, il n'y a pas de réglementation détaillée en ce qui concerne ces micromaisons sur roues. Toutes les situations sont différentes. «C'est du cas par cas. Chaque situation est analysée. Les gens doivent communiquer avec notre Service de la sécurité des véhicules et du transport pour analyse et vérification», note M. Vaillancourt.

On peut aussi consulter en ligne une publication au sujet des normes et des règlements qui s'appliquent aux véhicules de promenade modifiés et aux véhicules de fabrication artisanale construits par des particuliers au goo.gl/W8IWuG.

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