Sacrifier un stationnement

Martin et sa conjointe ont transformé la cour... (Photo fournie par les propriétaires)

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Martin et sa conjointe ont transformé la cour de leur triplex de Limoilou en 2008. La cour de 26 pieds de largeur sur 21 pieds de profondeur comportait auparavant 3 stationnements. On y trouve aujourd'hui une terrasse, un potager et un bac à sable, notamment.

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Laurie Richard

(Québec) Plusieurs citadins feraient tout pour avoir un stationnement à leur portée. D'autres, qui ne possèdent pas de véhicule, n'en ont cure. Certains proprios vont même jusqu'à sacrifier des espaces de stationnement pour en profiter autrement... quitte à devoir improviser lors de tempêtes!

Alexandra a acheté avec une amie un triplex de la 1re Avenue à Limoilou, il y a deux ans. Elles ont pris cette décision en sachant très bien qu'elles réaménageraient la cour arrière du bâtiment, qui comprenait deux espaces de stationnement, pour en faire une cour gazonnée. Elles l'ont annoncé aux locataires qui possédaient des véhicules, avant d'effectuer la transaction.

La transformation n'a pas suscité de tollé. Il faut dire que se stationner n'est pas compliqué dans les rues aux alentours.

D'après Alexandra, la cour en gravier de l'immeuble construit en 1926 n'avait jamais été aménagée pour un usage unique. Les coproprios, qui n'ont pas de voiture, ont donc remplacé les petits cailloux par de la terre qu'elles ont ensuite recouverte de trèfle.

L'opération a été longue, mais pas ardue, puisqu'elles n'ont pas eu à arracher d'asphalte. Aujourd'hui, on peut y voir des plates-bandes, un potager. «C'est quand même cute!» assure Alexandra.

En sacrifiant ces deux espaces de stationnement, Alexandra était consciente qu'elle contrevenait au règlement d'urbanisme de la Ville. Dans l'arrondissement de La Cité-Limoilou, le règlement d'urbanisme stipule qu'un bâtiment de moins de quatre logements, situé en milieu «urbain dense», doit disposer d'au moins 0,5 case par logement.

Mais les copropriétaires y ont pensé : elles ont laissé une ouverture assez grande dans la clôture pour y faire entrer des véhicules, au besoin. Les règlements varient selon le quartier, il faut donc s'informer à la Ville avant de prendre une décision.

Avec deux enfants et une auto

Les voisins d'Alexandra, qui possèdent aussi un triplex, ont sacrifié quant à eux trois espaces de stationnement, alors qu'ils ont deux enfants et un véhicule.

Martin et sa conjointe, qui habitent le rez-de-chaussée et le sous-sol, ont aménagé une cour avec terrasse, carré de sable et potager.

«Un stationnement, ça mousse l'envie de louer», souligne la jeune maman.

La première année, ils ont donc payé la vignette de stationnement des nouveaux locataires. Lors des opérations déneigement, le couple profite d'un espace de stationnement en trop chez une copine qui habite à 10 minutes à pied.

Ce sont les compromis qu'ils ont choisi de faire afin de vivre en ville et d'avoir une petite cour paisible à la fois. «En arrière, c'est quasiment la campagne», ajoute la copropriétaire.

La ruelle derrière le triplex étant loin d'être uniforme, Alexandra soutient que si plusieurs voisins s'y mettent, ce pourra devenir un îlot de verdure intéressant.

Bon choix pour l'environnement

Sébastien St-Onge, consultant en environnement et en urbanisme, indique que reverdir sa cour est aussi sensé d'un point de vue environnemental, en ville. Cela participe à la réduction des îlots de chaleur et de la contamination des eaux de ruissellement. Les produits utilisés pour déglacer l'asphalte, comme les sels, sont nuisibles aux milieux aquatiques.

Une fois l'asphalte prélevé, s'il y a lieu, on devra creuser encore, tout dépendant des plantes que l'on souhaite y voir pousser. M. St-Onge suggère de creuser un pied minimum, mais si on souhaite un arbre, il faudrait creuser au moins deux pieds, voir jusqu'à un mètre pour d'autres types, précise-t-il. Il faut s'informer au sujet des racines à son pépiniériste.

Terre propre

M. St-Onge essaie aussi d'avoir une terre la plus propre possible. Si la ville pousse la neige de la rue et les sels de déglaçage et autre contaminant sur une parcelle de notre terrain, ce n'est pas le bon endroit pour y planter un potager. Le consultant propose de semer à la volée un mélange de végétaux, tels du gazon et du trèfle, moins cher que du gazon en pelouse et plus durable, dit-il.

Afin de profiter de notre cour urbaine pendant le verdissement, M. St-Onge propose d'alterner les zones de plantation sur lesquelles on ne doit pas marcher. Ayant lui-même réalisé un projet dans la cour arrière de sa coopérative d'habitation l'été dernier, il a été en mesure de profiter de la cour tout l'été même s'il avait commencé à ensemencer la pelouse début juin. À la fin de l'été, tout était prêt.

M. St-Onge suggère finalement d'ensemencer avant la première neige si on réalise les travaux avant l'hiver. Au printemps, à la fonte des neiges, les graines vont se gonfler d'eau. Alors que les arbres n'ont pas de feuilles, le sol recevra plus de lumière : idéal pour faire pousser le gazon, explique-t-il.

Comment disposer de l'asphalte?

Parfois, les proprios font aussi simplement face à un surplus d'aire asphaltée. Émilie Gagné et son conjoint, qui habitent Beauport, ont profité chez eux de l'installation d'un drain de fondation pour se départir de quelque 500 pieds carrés d'asphalte non désirée. Un grand espace de verdure de plus pour leurs trois enfants!

Il faut dire que la famille pouvait y placer 10 véhicules si désiré et que le stationnement est abondant dans les rues avoisinantes. «Ça fait aussi moins grand à ouvrir l'hiver», lance Émilie. La compagnie engagée pour faire les réparations est «partie» avec l'asphalte indésirable, car oui, il faut disposer de ce déchet de manière écoresponsable.

À Québec, on peut se débarrasser de l'asphalte dans les écocentres. La matière granulaire pourra notamment être revalorisée et utilisée comme matériel de sous-fondation pour la construction d'ouvrages routiers. Chaque logement peut y déposer trois mètres cubes de matériaux secs par année, gratuitement, peu importe le nombre de visites. Des frais de 27 $ le mètre cube s'appliquent, passé cette quantité. Et on ne peut y apporter plus de six mètres cubes par année.

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