Un ethnologue fait parler le papier peint

Raynald Bilodeau se passionne pour les papiers peints... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Raynald Bilodeau se passionne pour les papiers peints anciens depuis près de 40 ans. Il montre un exemple de papier peint qui a été prélevé dans une maison de la rue Saint-Joseph, située dans l'ancien faubourg d'ouvriers du Vieux-Lauzon.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Raynald Bilodeau traque et triture les vieux papiers peints pour les faire parler. Il les débusque dans des maisons anciennes, les sépare les uns des autres, recrée leurs motifs et les emprisonne entre des panneaux en plastique afin qu'ils ne voient jamais la lumière.

Raynald Bilodeau débusque ses échantillons de papier peint... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 1.0

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Raynald Bilodeau débusque ses échantillons de papier peint dans les maisons anciennes.

Le Soleil, Erick Labbé

L'ethnologue Raynald Bilodeau dit qu'il travaille comme un archéologue. Mais «dans les maisons». «Ce qui n'a jamais été fait», soutient-il.

Il se passionne pour les papiers peints anciens depuis près de

40 ans. Entre 1975 et 1995, il avait confectionné trois pièces miniatures d'une demeure de 1870 qu'il a ensuite offertes à la Maison Chevalier, à place Royale. Il avait poussé le réalisme jusqu'à donner aux mini-meubles de l'usure et de la patine.

À partir d'échantillons dénichés à Lévis, il avait reproduit du papier peint dont il avait recouvert les murs minuscules de cette demeure modèle réduit. Son intérêt pour les papiers peints est né de ce travail minutieux.

Raynald Bilodeau a été à l'emploi de Parcs Canada pendant 30 ans comme restaurateur de mobilier ancien. Sa spécialité : la recherche des couleurs dans les intérieurs et les extérieurs des vieilles maisons. Il a travaillé à Val-Jalbert, à Grosse-Île, au manoir Louis-Joseph-Papineau de Montebello, au domaine Joly de Lotbinière, à la maison Chapais... Il a recueilli là un millier d'échantillons de papier peint qu'il a fini par donner à Parcs Canada.

Plus chic, plus propre

«Du papier peint, il y en avait partout avant, raconte-t-il. Dans les maisons en plâtre, ça faisait plus chic; dans celles en bois, ça faisait plus propre.» Les notaires et les curés habitaient dans les premières; les ouvriers et les cultivateurs, dans les constructions de bois.

«Sur le bois, le papier peint restait collé là, a-t-il observé. Les gens en superposaient donc des couches à tous les cinq ans environ.» Et entre ces couches, ils étalaient des pages de journal pour «égaliser les murs». Raynald Bilodeau scrute ce papier en quête de dates, «de signaux dans le temps».

Récemment, un ancien collègue lui a remis un sac d'échantillons de papier peint recueillis dans la maison Demers, dans Saint-Romuald. Il les a reconstitués de son mieux, ainsi que les journaux intercalés entre les couches. Il a ainsi repéré trois années : 1851, 1869 et 1876.

«D'une maison à l'autre, les journaux ont les mêmes mois», a-t-il remarqué. Son explication : les gens ne posaient jamais de papier peint durant l'hiver.

Quand un morceau de bois est recouvert de six couches de papier peint, une sacrée besogne attend l'ethnologue. Il doit les séparer, les faire sécher et les classer. L'hiver venu, il recrée leurs motifs comme un casse-tête, les positionne sur des cartons et les date. Chaque dossier est inséré entre deux panneaux de Coroplast, le matériau utilisé dans la fabrication des affiches électorales.

Si Raynald Bilodeau a offert une partie de sa collection à Parcs Canada, il conserve chez lui des centaines d'échantillons ainsi répertoriés, provenant d'une dizaine de maisons situées à Lévis. Ce n'est pas parce qu'un homme est à la retraite qu'il doit arrêter de travailler...

Presbytère de Saint-Nicolas: une expo avant la noirceur

Une trentaine de cadres contenant des échantillons de papiers peints anciens sont présentés au presbytère de Saint-Nicolas dans une exposition que Raynald Bilodeau a baptisée Les murs parlent.

Il s'agit d'une occasion unique pour les passionnés d'histoire et de maisons anciennes. Car au terme de cette exposition, le 16 novembre, les cadres retourneront entre leurs panneaux en plastique «et ne ressortiront plus», prévient l'ethnologue à la retraite.

Quand il a quitté le marché du travail, Raynald Bilodeau a continué ses recherches et offert ses services à titre d'expert de la couleur et du mobilier ancien. Il a recueilli du papier peint dans plusieurs résidences de Lévis.

Pour l'exposition de Saint-Nicolas, il a offert des échantillons de trois maisons «qui ont fait jaser» : Louis-Fréchette, Lemelin et Demers. Il montre aussi des pages de vieux journaux.

M. Bilodeau est consultant pour les maisons Desjardins et AC Davie, à Lévis. Et il précise qu'il s'intéresse aussi aux prélarts, aux carpettes, aux catalognes, bref à tout ce qui concerne les couleurs des planchers.

Vous voulez y aller?

Quoi : Exposition Les murs parlent

Qui : Raynald Bilodeau

Quand : Du 19 octobre au

16 novembre (mercredi au dimanche), entre 11h et 16h

Où : Le presbytère de Saint-Nicolas, 1450, rue des Pionniers

Tél. : 418 831-5257

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