Stéphanie Lévesque: celle qui démystifie la perceuse

Stéphanie Lévesque, auteure du livre Steph bricole, sera... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Stéphanie Lévesque, auteure du livre Steph bricole, sera conférencière au Salon Expo habitat.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Rencontrée au Café du Monde la semaine dernière, Stéphanie Lévesque se lève pour la séance photo. A-t-elle un outil sur elle? Non, elle ne traîne pas son «banc de scie» ou sa «drill» dans sa sacoche, dit-elle en riant. Mais elle revient vite se mettre un peu de gloss Clarins rose : «Je suis une fille de shop, mais je reste une femme!»

La belle ébéniste de 38 ans, maman d'un petit bonhomme de 17 mois, a un horaire du temps de plus en plus chargé (vous risquez de la voir un peu partout les mois prochains). Elle a accepté d'être conférencière au Salon Expo habitat, notamment parce qu'elle aime bien Québec, où elle a habité neuf ans. Elle est originaire de Rimouski, a étudié dans la capitale, vit aujourd'hui à Montréal.

Le Soleil l'a donc saisie au bond pour la connaître davantage.

Q Parlez-nous de vos projets à la télévision?

R Je fais des chroniques à Radio-Canada à l'émission Pour le plaisir avec France Castel et Michel Barrette. Sinon, je suis aux deux semaines avec l'équipe de MCBG à V avec Marie-Claude Savard et Benoît Gagnon. Dans les deux cas, on parle rénovation.

Autrement, il y a deux gros projets qui s'en viennent. Un plus personnel où je suis associée avec une boîte de production. On essaie de trouver un diffuseur. Puis je me suis fait proposer autre chose et j'ai A-DO-RÉ le concept. Quelque chose de complètement nouveau, qui est rendu très loin dans le processus et qui pourrait sortir probablement cet été. Je me trouve très chanceuse qu'on ait pensé à moi. Je ne suis pas du monde de la télévision, je veux aller chercher des armes. D'ailleurs, mon intention est de commencer le certificat en communication à l'UQAM.

En dehors de la télé, je me suis fait offrir une chronique pour la mi-mars dans un média écrit. À 90 %, j'accepte le mandat.

Q Et côté livre? Y aura-t-il une suite à Steph bricole (Les Intou­chables, 2012)?

R On n­e le sait pas. Pour le moment, la vente du livre va très bien. Moi, j'avais déjà trouvé d'autres sujets pour faire un tome deux. Ce que j'attends, ce sont des témoignages de femmes qui ont pu mettre la main sur le livre et à qui j'ai pu rendre service. Ça fait aussi partie de ma paye.

Depuis trois ans, dans mon atelier - je loue un espace commercial, Les ateliers Steph bricole à Montréal -, il y a des petits murs didactiques sur lesquelles les femmes peuvent se pratiquer. En une journée, je leur apprends à se servir d'une perceuse. J'ai eu des témoignages tellement touchants!

Q Avez-vous encore le temps de bri­­coler?

R Jamais tu vas me sortir de la shop. J'ai besoin de la matière, faut que ça sente, faut que j'y touche.

Ces temps-ci, j'ai le luxe de faire ce que je veux. Je peux me permettre de dessiner, de fabriquer mes meubles. Je travaille beaucoup avec des matériaux récupérés [elle en fera la démonstration au Salon], des bases de métal et d'anciennes solives de plancher que je vais sabler et huiler. Je vends mes créations chez Monde Ruelle, à Montréal.

Q Votre livre a été fait à partir de questions de femmes, d'amies. Quelle est la question la plus courante?

R Elles veulent installer des trucs sur leurs murs. Quand ça fait quatre mois que tes cadres sont au sol, tu te dis, ça va faire. Le beau-frère ne viendra pas, le voisin, sa blonde est jalouse [rire], à un moment donné, il faut se décider. Suffit d'avoir les bons outils pour avoir des bons résultats. Pas nécessairement les outils les plus chers, mais de bonne qualité. Faire de la réno, c'est comme faire de la cuisine. Tu as les ingrédients, tu as les outils, tu suis la recette pas-à-pas.

Q Votre père bricoleur vous a initiée à tout ça. Avez-vous un souvenir d'enfance qui a été pour vous un déclic?

R Moi, je suis la fille à papa. Je le suivais partout. Mon père a toujours eu un atelier, des outils. Il a construit trois maisons. Donc très jeunes, on était dans les chantiers.

Je me rappelle avoir vissé le plywood des planchers de notre maison. On venait de déménager à Sacré-Coeur dans le coin de Rimouski, ça avait été notre job de fin de semaine à ma soeur et à moi. J'avais 11 ans. Ma mère aussi se débrouille bien. Donc ça ne m'a jamais défrisée, une femme qui fait de la rénovation.

Q Vous avez étudié en anthropologie à l'Université Laval?

R Oui, pendant deux ans. J'étais une fan de Clarice dans Le Silence des agneaux qui était anthropologue judiciaire, je trouvais ça fascinant. Mais il y avait toujours ce petit côté manuel en parallèle et aussi un côté très artistique. Finalement, j'ai fait mon cours en ébénisterie. Je n'ai jamais regretté, mais ça n'a pas été le chemin le plus facile.

Q Êtes-vous plus du genre bottes «à cap» roses ou brunes?

R Brunes [sans aucune hésitation]. J'en porte du rose, c'est très joli. Pour Madame à la maison, il n'y a aucun problème. Par contre, quand on commence à travailler dans un métier non traditionnel pour les femmes, c'est difficile de faire sa place. Ce serait se tirer dans le pied que d'arriver avec des gants roses sur un chantier de construction. Mais à la maison, c'est cute.

Q Trouvez-vous que les femmes se sont améliorées depuis l'obtention de votre diplôme en 1999, avec les ateliers que vous donnez, les émissions de bricolage à la télévision?

R Je ne prétends pas que toutes les femmes vont devenir des petits Bob le bricoleur. On est comme autoprogrammées à ne pas toucher aux outils. Mais je pense qu'il y a une grosse amélioration, les femmes sont de plus en plus ouvertes. Toutefois, je ne sais pas si les émissions de décoration amènent les gens à bricoler. Beaucoup proposent des avant/après. C'est ce que je voudrais démystifier avec mon émission : «Tu l'aimes l'avant/après? Je vais te montrer comment le faire.»

Q Sur une île déserte, quel outil aimeriez-vous avoir avec vous?

R Mon égoïne, je prendrais quelque chose qui coupe. Sur une île, c'est plus pratique qu'une perceuse plus de piles!

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Les 10 outils essentiels

Le top 10 de Steph bricole

L'ébéniste Stéphanie Lévesque, auteure du guide de rénovation pour les filles Steph bricole, offre une conférence samedi et dimanche au Salon Expo habitat. Parce que l'autonomie passe souvent par de bons outils, elle expliquera comment constituer un coffre de base sans se ruiner.

Rencontrée la semaine dernière, elle a livré au Soleil le top 10 de ses essentiels. Du bon marteau au pistolet à calfeutrer, «pourquoi endurer son silicone tout moisi autour du bain», elle insiste sur l'importance de se demander ce qu'on va faire avec l'outil avant de l'acheter.??À sa liste de base (dont le total de la facture se situe sous les 200 $), elle ajoute bien entendu un minimum de petite quincaillerie : clous, vis, ancrages et autres.??Et où ranger ces précieux alliés, pour éviter de faire 56 allers-retours à la cave? Elle suggère d'acheter un coffre à outils.

«Pas nécessaire qu'il soit bien gros ou en métal, mais il doit être efficace et comporter un minimum d'espace de rangement», écrit-elle dans son livre.

Son coffre idéal : un sac portatif en tissu, léger, ultrarésistant. Elle rêve d'ailleurs d'offrir aux femmes une poche à outils en matériaux recyclés. «J'en ai dessiné quelques-unes. Il reste à trouver la couturière intéressée et à avoir le temps.»??Présente au Salon Expo habitat à 13h30 et à 15h30 samedi et dimanche, l'ébéniste compte bien faire travailler ces dames. Elle proposera un volet pratique qu'elle appelle le défi de la perceuse, un outil polyvalent, pas dangereux et accessible à tout le monde.

«Si on sait bien installer une tablette, on sait aussi installer une tringle à rideau, un cadre, un support à serviette, une pharmacie, tout ce qui se fixe sur un mur de Placoplâtre.»

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