(Québec) Lise et Yvon ont été marqués par l'inondation de leur maison, en 2005. Ce décembre-là, pataugeant encore dans les eaux brunes de leur sous-sol, ils avaient «sauté» les Fêtes. Depuis, Noël est synonyme d'entraide pour le couple.
En septembre 2005, la rivière Lorette avait débordé, transformant en cauchemar la vie de centaines de Lorettains, dont celle de Lise et Yvon. Ils ont invité Le Soleil pour montrer leur sapin de 15 pieds. Mais ils ont beaucoup parlé du drame de 2005 qui leur a révélé, finalement, l'humanité de leurs voisins, de leurs collègues, de leurs amis et des membres de leur famille.
En décembre 2005, il n'y a pas eu de party dans la maison du couple. Le père Noël s'est plutôt pointé en août 2006. Sinistrés et bons Samaritains se sont réunis chez Lise et Yvon à la fin de l'été, afin de faire la fête et de célébrer la vie. Foi de Lise, pas question d'escamoter Noël, refoulement d'égout ou pas.
«Ç'a été notre façon de remercier tous ceux qui nous ont aidés», confie Yvon, en mentionnant que les collègues de Lise avaient fait une collecte pour les soutenir pendant cette épreuve. «On est optimistes, on s'est retroussé les manches», résume-t-il.
Michael Bublé chantait Noël en sourdine, le vin était au frais, les canapés étaient au four, les bougies allumées : Lise et Yvon avaient mis les petits plats dans les grands pour recevoir Le Soleil. Les gens qui enjolivent leur maison pour Noël se caractérisent par leur générosité. Ils mettent autant de coeur à décorer qu'à accueillir.
Année après année, le couple fait un sapin de 15 pieds de hauteur qu'il installe dans l'entrée de sa maison à demi-niveaux (split-level). Le pied est au sous-sol, la tête à l'étage et les branches s'étendent du mur à l'escalier dans un scintillement irréel. Bellement éclairée, la rampe participe à la magie du décor.
Partout dans la maison, Lise a allumé des bougies qui réchauffent les corps et les âmes. Elle a semé des petits personnages, des guirlandes, des boules et 1001 ornements qu'elle a agencés avec extravagance et bon goût. «C'est presque de la folie», note-t-elle avec humour. «Il nous faudrait une thérapie.» Dans ses souvenirs d'enfance, il n'y a ni réveillon ni sapin naturel. Voilà qui peut expliquer, en partie du moins, la frénésie qui s'empare d'elle avant Noël.
Une fois remis de l'inondation, Lise et Yvon ont pris conscience de la fragilité des choses et de l'importance des autres. La joie et la fraternité tiennent à ces petits riens qui font la différence entre un samedi soir et un réveillon. «L'année de l'inondation, on a compensé en achetant beaucoup d'éléments pour notre village de Noël», ajoute Yvon.
Éduquée par les religieuses, Lise a appris à cuisiner avec «des grosses quantités». Les fins de semaine de décembre, des groupes de 20 ou 30 personnes débarquent à la maison pour son plus grand bonheur. Entre fierté et bienveillance, le couple leur ouvre les bras.