Un bungalow aux idées de grandeur

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Le bungalow d'origine. Avec les travaux, l'enveloppe du rez-de-chaussée a aussi été revue. La porte centrale typique des maisons du quartier a été décalée et regroupée à la seconde entrée. Une nouvelle fenêtre donne aujourd'hui plus de luminosité.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Constamment, les voitures s'arrêtent devant le 3413-3415, rue de Sarnia, dans Sainte-Foy. Dans ce quartier de bungalows des années 60, quelle est donc cette grande maison moderne qui surplombe toutes les autres? Elle n'est rien de moins qu'un des leurs. Un pur bungalow rénové en deux logements.

«Vous êtes vraiment précurseurs. Dans 10 ans, tout le monde va avoir ça.» C'est en ces mots que les gens de la Ville de Québec ont accueilli le projet de Carole Devin et de sa famille.

L'idée s'est mise à germer il y a un peu plus d'un an. Mme Devin envisageait de déménager. Le bungalow de cinq chambres était devenu trop grand. Mais son mari Guillemond Ouellette, qui y vivait depuis 48 ans, était attaché à son environnement.

Au même moment, leur fille Marie-Odile et son conjoint Kassim Doumbia songeaient à acheter une maison pour y vivre avec leur petite Cassandre. Un et un font deux.

S'ils ont d'abord songé à transformer leur bungalow en maison bigénérationnelle, ils ont finalement opté pour la construction d'un second logement indépendant. Deux adresses distinctes, deux comptes de taxes et chaque famille dans son intimité (lire l'autre texte).

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Deux adresses distinctes, l'une au-dessus de l'autre pour Carole Devin et son mari Guillemond Ouellette, puis leur fille Marie-Odile, la petite Cassandre et son papa Kassim Doumbia.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Au-delà du concept, Mme Devin est très fière du résultat. Sur l'assise en pierre d'origine, un deuxième étage a été élevé. Design épuré, revêtement de pin torréfié et teint, toiture oblique en acier. «On a signé une entente, il n'a pas le droit de le refaire», rigole la propriétaire à l'endroit de l'architecte. «C'est le modèle Madame Devin», renchérit Erick Rivard, de la firme Groupe A.

Les plans sont nés de leur étroite collaboration. Si la maison apparaît aujourd'hui comme une exception, elle s'inspire pourtant du quartier, précise le jeune architecte. Il pointe les volumes très simples, le toit à deux versants, la base de pierre qui a été conservée. «Nous, ce qu'on voulait, c'est donner un look intéressant et pérenne. C'est là qu'on est arrivés avec des matériaux comme le bois extérieur.»

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Cette belle pièce en demi-palier au-dessus de l'entrée accueillera bientôt le sapin de Noël.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Et côté structure, nos bungalows peuvent supporter un étage supplémentaire? Un ingénieur est bien entendu venu évaluer les travaux. Mais la réponse est oui. «On n'a presque pas renforci. Un peu, quelques contreventements», indique Erick Rivard.

Le défi est plutôt venu du vide entre les deux logements. Pour ne pas perdre le plafond cathédral au rez-de-chaussée, il a fallu construire par-dessus, ce qui laisse un espace jusqu'à cinq pieds entre l'ancien toit et le nouveau plancher.

Un mal pour un bien qui a favorisé l'insonorisation et permis d'y ranger toute la mécanique de bâtiment, dont un important système de ventilation et de chauffage.

Et quelle vue! Ainsi élevé, M. Ouellette peut admirer non pas les toits plus bas, mais la cime des arbres, les montagnes et les couchers de soleil.

Car c'est la surprise de la visite. M. Ouellette et sa femme, 80 et 66 ans, vivent au sommet et ont 24 marches à monter. «Mon test de coeur était meilleur après le déménagement», lance Mme Devin avec humour. Mais si un jour survient un problème de mobilité, tout a été pensé. «On a déjà planifié que la rampe serait capable de recevoir un monte-personne», indique l'architecte, bien conscient que les gens veuillent vieillir chez eux.

À une telle hauteur, le couple a aussi opté pour des fenêtres autonettoyantes, sur lesquelles l'eau et la poussière n'adhèrent pas. Tout a vraiment été réfléchi.

Mais à quel prix? Il s'agit d'ailleurs là d'un conseil de Mme Devin à ceux qui seraient tentés par un projet comme celui-là. «Prévoir un peu plus d'argent.» Elle estime le coût des travaux à 350 000 $, avec tous les «tant qu'à y être».

Son mari Guillemond Ouellette recommande aussi d'avoir de bons plans de départ. «On n'y serait jamais arrivé sans architecte.»

Comment transformer les quartiers de bungalows des années... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 4.0

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Comment transformer les quartiers de bungalows des années 50, 60, 70? La ville est en pleine réflexion sur le sujet.

Le Soleil, Erick Labbé

Erick Rivard dit prêcher pour sa paroisse, mais pareille aventure exige selon lui une expertise. «Un projet comme ça, tu ne peux pas faire ça bric-à-brac avec le beau-frère la fin de semaine, c'est complexe et hors norme.» Premier mandat du genre en ce qui le concerne. Un nouveau défi aussi pour le constructeur, MSV Construction.

Mme Devin ne tarit pas d'éloges sur la jeune équipe qui a travaillé chez elle, le coeur au ventre. Noroît Rénovations à l'intérieur, David Cloutier au revêtement... Avec tout ce qui se dit sur les jeunes et tout ce qui se passe dans la construction, elle veut leur rendre justice. Les travaux se sont échelonnés sur 10 semaines et trois jours cet été, soit seulement trois jours de plus que prévu.

Aujourd'hui, la petite Cassandre sonne presque chaque matin chez ses grands-parents. «Mamie, je viens déjeuner avec toi.» Mme Devin fait les meilleures crêpes en ville. La «princesse» passe aussi plusieurs nuits par semaine et relègue son grand-père à la chambre d'ami. «Ce qui est le fun, c'est la petite qui voyage d'une maison à l'autre, c'est la relation qu'elle va avoir avec nous.»

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