Le jeune propriétaire et sa douce ont la tête pleine d'idées. Patients, ils ont graduellement apprivoisé leur condo, en quête de centimètres à gagner. Dans l'espace du salon et de la salle à manger, le plafond a 13 pieds de hauteur. Ainsi, le jeune homme a lui-même conçu et fabriqué une élégante bibliothèque en érable plaqué et massif, très haute, très étroite et dont la largeur s'accorde à celle des livres et des DVD du couple.
Monsieur a la chance de partager l'atelier et certains des outils de son beau-père, qui demeure à Beauport. «On y va, en banlieue», a-t-il badiné, en faisant un «bobo» de lui-même.
Dans un loft, en effet, un bricoleur se trouve bien à l'étroit. Et un «ramasseux» doit apprendre à se délester de ses possessions, surtout quand un troisième petit être humain s'annonce, avec son lot de jouets, de sièges, de vêtements, de couches, le moïse, la poussette.
En transformant son walk-in en chambre pour bébé, le couple a dû trouver une autre solution de rangement. «Elle est là, notre garde-robe», a lancé le propriétaire en désignant le lit de merisier massif sous lequel glissent six tiroirs sur roulettes. «Ç'a été mon projet de 2012, a-t-il confié. J'ai contrôlé ses dimensions en coupant les centimètres sur les côtés, la tête et la hauteur.» Et comme la place manquait pour les tables de chevet, ils ont simplement fixé au mur les lampes de lecture.
À l'entrée du condo, ils ont reconfiguré la garde-robe double. Ils ont superposé deux tringles et se sont servi d'un séchoir à linge avec barreaux métalliques pour bricoler un système d'accrochage des plus efficaces. Chez IKEA, ils ont acheté une penderie haute et mince qui ne surcharge pas le couloir du hall.
Ils ont beaucoup fréquenté la bannière suédoise, car elle propose des meubles de plus petites dimensions qui s'adaptent aux intérieurs européens, en général plus exigus que ceux d'ici. «Le lit de bébé est 10 pouces plus court que les lits usuels», mentionne le nouveau trentenaire. Il arrive pile-poil sur le cadre du walk-in, dont la porte aux carreaux de verre translucide est coulissante. La maman apprécie cette proximité physique avec son enfant.
La chambre en mezzanine présente une grande ouverture sur le rez-de-chaussée. Les hautes fenêtres plein sud laissent entrer une lumière généreuse qui transforme le salon en sauna durant l'été. Comme le trottoir et la rue ne sont qu'à quelques mètres, le couple a obstrué le verre en y apposant une pellicule autoadhésive achetée chez Omer DeSerres.
Ils ont acquis leur condo il y a deux ans, alors qu'il était en construction dans un immeuble ayant déjà abrité la biscuiterie Leclerc. Ils ont donc eu leur mot à dire dans le choix des matériaux. Comme ils adorent popoter, ils ont mis le paquet dans la cuisine : comptoir de quartz, évier double en inox sans paroi, îlot grand format, hotte rutilante.
La grande pièce respire. Bien malin celui qui pourrait soupçonner la présence d'un bébé. Adossé au mur, un pupitre de métal supporte l'ordinateur. Il se décompose en deux parties, comme une table gigogne, si bien que la plus petite peut servir de meuble d'appoint. Ingénieux.
Sur le mur immense, des photos de voyage imprimées sur toile ont été alignées horizontalement, dans une intention évidente de faire écho à la ligne verticale de la bibliothèque, en face. «On s'entend bien, on a la même vision de la décoration», souligne la jeune femme. «On a pris notre temps, on a été patients», renchérit son conjoint.