Pas sans faille, les nouveaux revêtements de bois

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Dans les salons d'habitation, on présente la perfection aux consommateurs, qui repartent avec cette idée en tête.

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(Québec) Une panacée, les nouveaux revêtements de plancher de bois préfinis en usine? C'est ce qu'on croyait au départ. Mais sur les chantiers, force est de constater que d'autres problèmes surgissent : craquements, ondulations, démarquage...

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Le bois est un matériau vivant. Son pire ennemi: une variation du taux d'humidité dans la maison.

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«Quand les premiers planchers prévernis sont apparus, on pensait avoir réglé tous les problèmes», reconnaît André Gagné, directeur de l'expertise technique de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ). Il explique qu'à la base, le principal irritant rencontré lors de l'installation d'un plancher de bois brut survient à l'étape de la finition, du sablage et de l'application de teinture et vernis.

«Pourquoi? Parce que, quand les gens visitent les salons d'habitation [et les stands de planchers], on leur présente la perfection et les consommateurs partent avec ça en tête.» Or, la réalité est toute autre. Dans une maison neuve, quand vient le temps d'appliquer le vernis, la maison est poussiéreuse. Des «picots» et des cheveux collent à la surface. Et avec les grandes fenêtres qu'on installe aujourd'hui, «c'est comme une télé HD, on voit bien plus les défauts», illustre M. Gagné.

Résultat, les fabricants ont décidé d'offrir des planchers prévernis sous haut contrôle. Devant l'engouement et pour réduire les coûts, M. Gagné explique que les fabricants canadiens ont commencé à acheter la matière première ailleurs, à transformer le produit en partie ici et à le faire vernir en Chine. C'est alors qu'on a vu apparaître des fissures et d'autres déficiences, souligne l'expert. La performance attendue n'était pas là.

Progressivement, importateurs et fournisseurs d'ici sont devenus plus vigilants. Beaucoup ont recommencé à fabriquer le produit entièrement ici.

L'application de vernis en usine a aussi ses faiblesses. «En usine, quand on parle de 10 couches en une minute, c'est plus une brume. Il y a 10 couches, mais ça fait une fibre moins imbibée.» Ce qui fait en sorte que le bois est moins résistant aux chocs, précise-t-il.

Avec l'arrivée des planchers prévernis, l'industrie a dû s'adapter et s'appliquer à une pose plus minutieuse. Mais d'autres problèmes ont surgi.

M. Gagné soumet l'hypothèse qu'on installe un plancher préverni en mai à 23 degrés Celcius, dans une maison où le taux d'humidité s'élève à 40-45 %. Les gens prennent possession en juin. L'été, l'humidité monte. On part en vacances, la maison reste fermée deux ou trois semaines. Rien de bon dans tout ça.

«Le bois est un matériau vivant qui réagit en fonction du taux d'humidité ambiant. Dans ces conditions, il va gonfler, ça va tirer sur les clous et agrafes - enrobés d'une résine qui réagit aussi à la chaleur - et c'est là qu'on constate des craquements excessifs.»

La règle d'or quand on installe un plancher de bois préverni : s'assurer de maintenir le plus possible l'humidité de la maison à 40-45 %, martèle M. Gagné.

La situation est encore plus préoccupante dans les maisons neuves qui sont moins «sèches» que les maisons existantes, ajoute-t-il.

Parlant humidité, l'expert de l'APCHQ rappelle qu'il ne faut surtout pas laver un plancher de bois à grande eau. Un linge humide, point. Et quand il y a un renversement (bol de chien, fenêtre laissée ouverte), il faut réagir rapidement et démarrer le ventilateur.

Par ailleurs, pour éviter les démarcations à cause des grandes baies vitrées, il recommande de déplacer régulièrement les carpettes.

Plancher d'ingénierie

Parmi les nouveaux revêtements, il souligne aussi l'apparition du plancher d'ingénierie, «une couche de bois solide en surface de trois à six millimètres collée sur un autre substrat». À l'usage, il s'agit d'un matériau plus stable, moins dommageable, comme il y a moins d'épaisseur de bois solide. Par contre, selon le substrat sur lequel il est installé, on ne peut pas toujours le sabler. Ce qui fait dire à M. Gagné qu'il est déconseillé pour les familles avec de jeunes enfants ou avec des animaux.

Ce produit avantageux d'un point de vue acoustique est surtout utilisé dans les immeubles de condos.

Pour conclure, l'expert de l'APCHQ prévient que les nouveaux planchers préusinés ont beau être fabriqués sous haute surveillance, l'effet «télé HD» des grandes fenêtres fera toujours voir certains défauts.

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