Dominique aime que ça brille. Le «look baroque», c'est son truc. Elle nagerait volontiers dans le cristal Swarovski, mais son budget n'est pas élastique. Dominique et Christian effectuent donc tous leurs travaux eux-mêmes, aidés à l'occasion par les amis et la parenté.
Et ils magasinent énormément. S'ils achètent de la céramique chez Canac, ils se permettent des insertions de pâte de miroir chez Ciot. Des armoires choisies chez IKEA, un comptoir de stratifié, plus épais et sur mesure, des luminaires dénichés en quincaillerie : c'est leur façon d'en mettre plein la vue sans se ruiner.
Cette maison de 1900, ils l'ont achetée en 2008. C'était alors un duplex, avec un appartement sur chaque niveau. Ils ont vécu au rez-de-chaussée avec leurs trois enfants jusqu'à ce que le locataire d'en haut s'en aille et que le couple se mette en tête d'aménager quatre chambres à même ce petit logement. Ça relève d'une ingéniosité incroyable. Les chambres d'Alec et de Tristan sont minuscules, mais pas un centimètre n'est perdu. Leur papa leur a fabriqué des lits sur mesure qui s'alignent parfaitement avec les cadres de porte. Chacun a sa télé, sa petite armoire et un élégant Convectair.
Pour leur chambre et celle de Naomi, Dominique et Christian ont imaginé des murs à angle afin de maximiser l'espace. Ils ont réussi à inclure un walk-in dans leurs quartiers, à loger un bureau au centre de l'étage et à concevoir, dans les anciens cabanons, une salle de bains tout en longueur divisée en trois sections : au fond la toilette et la salle de lavage, au milieu la douche et, à l'entrée, la baignoire et le lavabo. Sur le plancher, non, ce n'est pas de l'ardoise, mais du bois flottant qui en a l'apparence. Pour les robinets, cependant, ils ont succombé à une petite folie chez Léopold Bouchard.
Rez-de-chaussé agrandi
Le rez-de-chaussée a été agrandi en empiétant sur l'extérieur pour permettre la construction de l'escalier menant aux chambres. Dominique a teint à la main le beau mur de lambris qui apporte «un punch de chaleur» à l'intérieur. Osant la fantaisie, elle a inséré une bande de miroir sur la poutre de pierre qui sépare la cuisine du salon.
Le plancher du rez-de-chaussée est recouvert d'un vinyle qui évoque un bois exotique et qui donne à cet espace à aire ouverte une note contemporaine réussie. Bosco, un gros bouvier bernois de 120 livres, a motivé leur décision d'écarter le bois franc, pour cause de griffes égratignantes.
Quand on entre dans la maison par la porte avant, qui donne directement sur le trottoir, on est frappé par l'harmonie des lieux. En droite ligne avec l'entrée, un boudoir de teinte claire dévoile ses caissons, ses luminaires encastrés, ses jolies moulures et une enfilade de délicates suspensions. «On est minutieux, commente Dominique. Il faut que ce soit nickel.»
Les propriétaires avaient laissé la porte arrière ouverte, révélant une cour fleurie dotée d'une terrasse et d'un spa. Un trésor au coeur d'un quartier populaire. Un balcon la surplombe, à l'étage. N'y manquent que nos Roméo et Juliette. Mais le meilleur était caché : une terrasse construite sur le toit, un «havre de paix» où ils se sentent seuls au monde, dominant les toits et la cime des arbres, preuve que Saint-Sauveur, c'est bien plus que de l'asphalte et des maisons modestes.