Au début de la semaine, à Lévis, la SHQ a tenu l'un de ses deux entretiens annuels sur l'habitat, qui portait sur les coopératives d'habitation. Une centaine de personnes y ont assisté pour discuter de leur histoire et leur avenir. Cette rencontre avait aussi pour but de souligner l'Année internationale des coopératives décrétée par l'Organisation des Nations Unies.
Des défis, nombreux mais pas insurmontables, se présentent au sein des coops. Ainsi, les bâtiments vieillissent. Les membres des conseils d'administration devront se résoudre à augmenter les loyers pour les entretenir, a prévenu Alain Marcoux, directeur général du Groupe de ressources techniques Habitation Lévy. Or, comme les membres des C. A. sont aussi les locataires, ils se retrouvent à la fois juges et parties. «Il ne faut pas brûler le capital», a martelé M. Marcoux, qui invite les C. A. à ouvrir leurs portes à des membres externes.
«Il y a beaucoup de ''Tanguy'' sur les C. A. Ça ne roule pas beaucoup, ce sont toujours les mêmes personnes qui y reviennent», a-t-il ajouté.
Vivre en coop, c'est se donner les moyens de vivre dans un logement à prix modique et de le garder en bon état. Mais les coops ne répondent pas à tous les besoins, a nuancé une participante. Il n'y a plus de construction de HLM depuis 1997. Néanmoins, a-t-elle insisté, «les coops ne devraient pas être la seule option pour bénéficier d'un logement à prix modique».
Jacques Côté, président de la Confédération québécoise des coopératives d'habitation, est «partisan des grandes coops». Pas en termes de grosseur des bâtiments, précise-t-il. «Grandes administrativement.» Ce pourrait être une solution au manque de relève dans les C. A. Il croit que les coops devraient «travailler» à mettre leurs avoirs ensemble afin de solidifier leur capital. «À part les achats regroupés et les échanges de services, les fusions, ça n'a pas été un succès», avait relevé Alain Marcoux.
«Un projet»
Une coop, ce n'est pas un immeuble, ni un programme gouvernemental, ni des tâches à accomplir. «C'est un projet», a résumé M. Marcoux. Et c'est ouvert à tout le monde. Ainsi, des coopératives pour personnes âgées voient le jour, ainsi que d'autres qui s'adressent à une clientèle itinérante et à des gens éprouvant des problèmes de santé mentale. Des étudiants de l'Université de Sherbrooke se sont impliqués dans un projet de coop. «C'est un beau modèle, a fait valoir Jacques Côté. On est allés là où étaient les besoins des gens.»
Le Québec compte 1289 coopératives d'habitation qui sont propriétaires de près de 28 000 logements. Ces coops ont en moyenne 24 ans.