De l'importance de la maison chez l'enfant

«Le dessin pour un enfant, c'est comme une... (Photo fournie par Hélène Morrissette)

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«Le dessin pour un enfant, c'est comme une phrase pour un adulte. Je sais quand elle commence et je sais quand elle se termine» - Hélène Morrissette, psychologue et psychanalyste

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(Québec) L'idée n'était pas de psychanalyser les six petits volontaires qui ont gentiment dessiné leur maison de rêve pour Le Soleil. Mais bien d'avoir un regard extérieur sur l'exercice et de parler de l'importance de la maison chez l'enfant.

Chefs-d'oeuvre en main, nous avons visité la semaine dernière Hélène Morrissette, psychologue et psychanalyste, qui a fait de la pédopsychiatrie pendant des années. Le dessin d'enfant, elle connaît, elle l'utilise, il représente pour elle une «richesse inouïe».

C'est un moyen de communication à l'adulte. C'est aussi une représentation du monde intérieur de l'enfant. Mais qui doit toujours être pris dans son contexte, insiste la spécialiste.

Dans sa profession, la maison est un thème fondamental et très présent qui fait partie d'un test de base. Le thérapeute demande à l'enfant de dessiner une maison, un arbre et un chemin, «et là, on découvre plein de choses». Dans les grandes lignes, la maison représente à la fois la famille et le moi; l'arbre, la croissance, le rêve; et le chemin, la communication.

Dans ce cas-ci, nous avons demandé aux enfants de coucher sur papier la maison de leurs rêves. Une commande très spéciale, dit-elle. «Là-dedans, il y a faire plaisir à Alexandra [l'amie de papa ou de maman]. Ou pas, et se débarrasser parce qu'on a envie de faire autre chose. Il y a aussi représenter sa propre maison, le nid familial, l'endroit où l'enfant est. Et son monde intérieur.»

Pas deux dessins pareils

Hélène Morrissette souligne qu'il n'y a pas deux dessins d'enfant pareils. Aujourd'hui, on repasserait la commande, on n'obtiendrait pas la même chose. Autre fait intéressant, un enfant sait quand un dessin est fini. Pas question d'ajouter une fleur ou de la couleur (certains parents se désolaient du manque d'effort de ce côté). «Le dessin pour un enfant, c'est comme une phrase pour un adulte. Je sais quand elle commence et je sais quand elle se termine.»

De façon très générale, la spécialiste indique que l'utilisation de la couleur sous-entend un enfant qui est libre, que les fenêtres représentent l'ouverture sur le monde, qu'un souci d'esthétisme peut correspondre à l'intégration des valeurs familiales. Un château est le refuge idéal, le protecteur. Une maison bien centrée, fenêtres ouvertes, avec plusieurs portes indique un enfant heureux, au caractère démonstratif.

À l'inverse, une petite maison coincée dans un coin de feuille peut témoigner d'un problème affectif (entre six et huit ans, un attachement très important à la mère, une difficulté à se tourner vers le monde extérieur; après huit ans, un sentiment d'isolement, d'infériorité). Parfois, la maison est cachée derrière une montagne... Bonne chance pour la découvrir.

Les enfants de parents séparés pourront dessiner une maison divisée en deux, deux maisons, deux portes, deux fenêtres.

La cheminée

La cheminée a aussi son importance, poursuit l'experte. Elle renvoie au monde des émotions, des pulsions. Une petite cheminée placée où elle se doit sur le toit avec une légère fumée signifie une saine énergie canalisée. Parfois, une cheminée très enfumée indiquera une colère ou un amour contenu. Une usine avec plusieurs cheminées nous placera sur la piste d'un enfant où «quelque chose le travaille fort à l'intérieur».

En dessin, l'arbre évolue beaucoup avec l'âge. Sa situation sur le papier est essentielle. Mme Morrissette réfère au graphologue Max Pulver selon qui le haut de la feuille représente l'intellect, la spiritualité; le bas, les instincts, l'inconscient; la gauche, le passé, l'introversion, l'attachement à la mère; et la droite, l'extraversion, l'avenir, l'attachement au père.

Dans le cas de nos petits artistes, comme on les incitait au rêve, certains se sont créé beaucoup d'espace s'ils en manquent un peu, d'autres se sont installés entre frère et soeur sans parents pour goûter à plus de liberté... Et force est de constater que tous y ont mis beaucoup de coeur.

Par ailleurs, Hélène Morrissette souligne que pour un tout-petit, la maison se résume à son doudou et à ses parents. Il ne s'agit pas d'une adresse dans la rue comme pour nous. C'est pourquoi, explique-t-elle, les enfants s'adaptent beaucoup mieux à un déménagement... si ses parents s'adaptent bien. «La maison, c'est relationnel, c'est la sécurité intérieure.»

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