Maisons de poupée: passion déco, version mini

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Sur son blogue Mini Modern (minimodern.blogspot.com),  Stacey, une collectionneuse méticuleuse, crée des décors tendance dans lesquels on pourrait très bien vivre...

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Laurie Richard

Laurie Richard
Le Soleil

(Québec) Les univers miniatures ont quelque chose d'attirant, et pas seulement pour les petits. Les maisons de poupée amusent les enfants et passionnent les grands. Du manoir victorien à la maison modulaire ultramoderne, on trouve de tout dans ce monde immobilier format réduit qui évolue, lui aussi, tout comme sa source d'inspiration.

Deux courants distincts peuvent être observés dans la maison de poupée : le jouet et la pièce de collection, affirme Claire Globensky, artisane de Sutton qui conçoit des maisons de poupée. «Généralement, les deux représentent la vie à leur époque.»

Mme Globensky, dans la soixantaine, propose des maisons assemblées sur mesure «prêtes à jouer» qu'elle vend avant tout aux États-Unis, depuis 16 ans. Le tout a commencé lorsque cette ancienne traductrice a voulu en offrir une à sa nièce, qui habite au Vermont. Elle vient d'en livrer une de cinq pieds de haut, comprenant une reproduction du peintre Rufus Porter, en miniature. Son conjoint Gilles fabrique les structures qu'elle dessine et peint à la main.

Mme Globensky ne travaille qu'avec les gens avec lesquels elle a des atomes crochus. C'est un processus complexe. Jouant à la fois les rôles d'architecte et de décoratrice, elle a passé 800 heures sur un de ses derniers projets. «C'est la même chose qu'une maison, mais en plus petit!» Chaque détail est soupesé. Il faut choisir le papier peint, les planchers, les couleurs... Depuis avril 2011, elle n'aura complété que deux maisonnettes.

De vitrines à reproductions

Les maisons de poupée d'aujourd'hui sont inspirées de «vitrines» montrant des intérieurs idéalisés créés en Europe il y a quelques centaines d'années. Les maisons de poupée n'étaient pas des jouets, mais bien un passe-temps. Aux Pays-Bas, elles se présentaient sous forme d'armoire : on ouvrait les portes pour accéder aux minipièces, peut-on lire sur le site du Rijksmuseum d'Amsterdam. Le musée néerlandais possède dans son catalogue une telle pièce, à l'échelle qui date de la fin du XVIIe siècle : la maison de poupée de Petronella Oortman, une riche dame d'Amsterdam.

Les Anglais se sont ensuite mis à reproduire leurs propres maisons de cette façon afin que leurs enfants puissent jouer avec elles, raconte Mme Globensky. «On appliquait, par exemple, un bout du papier peint du salon dans le salon de la maison de poupée», continue-t-elle. Et les gens qui avaient les moyens avaient en plus d'immenses maisons...

Mais on doit les premières maisonnettes fabriquées industriellement aux Allemands, note Mme Globensky. Ils sont d'ailleurs encore réputés dans le domaine. La Villa Sibis, une maison miniature moderne de la compagnie allemande Sirch, dessinée par Wolfgang Sirch et Christoph Bitzer, se vend quelque 1000 $.

Une maison de 30 pouces de large sur 15 pouces de profondeur et de hauteur, faite sur mesure par Mme Globensky, débute à 2000 $. Mais l'artisane insiste avant tout sur la «valeur familiale» de la pièce. D'après elle, la maisonnette doit rester dans la famille, évoluer avec elle, comme les maisons anciennes. Là est sa vraie valeur. Une tante tricotera un couvre-lit.  Un oncle pourra lui offrir une petite tasse miniature, trouvée en voyage... Un grand-père «qui gosse», lui sculpter une table.

Possibilités infinies

Les maisons de poupée suivent aussi la mode. On offre notamment des modèles «verts» avec éolienne, panneau solaire et bac pour le tri sélectif!

Lorsqu'on parle de «miniatures», explique l'artisane Claire Globensky, on passe du côté des collectionneurs. La plupart des miniatures représentent des objets reproduits à l'échelle 1/12, en majorité; un pouce en mini représente un pied dans la vraie vie. «C'est obsessif, souligne Mme Globensky, tout ce qui existe en grand existe en miniature.»

Du dernier ordi Mac aux cintres, en passant par les baguettes de pain et les reproductions de meubles IKEA... On trouve de nombreuses pièces faites main sur le site de vente en ligne pour artisans Etsy.

Le fauteuil Lounge de Charles et Ray Eames et la chaise Barcelona de Mies van der Rohe vous ont toujours attiré? Ce passe-temps permet également de collectionner de jolies pièces modernes que l'on n'aurait pas les moyens - tant à cause du prix que de l'espace disponible - de se permettre en version originale. «Chaque meuble est presque aussi difficile à choisir que les meubles qu'on affiche dans la maison!»

Minimeubles de 200 à 1000 $

«Les maîtres ébénistes doivent concevoir leurs propres outils pour faire ces pièces. On va pousser la forme d'art au plus haut degré. Des minimeubles de 200 à 1000 $, ce ne sont pas des jouets!»  souligne Mme Globensky. On utilise habituellement les mêmes matériaux que la pièce grandeur nature. «Pour faire des maisons en kit, les matériaux sont très fins et ça prend beaucoup de talent et de patience pour les monter. Ça enlève la plupart des chances qu'un enfant joue avec!»

France Cabana est propriétaire des Ateliers Menu Art, la seule boutique au Québec exclusivement consacrée aux maisons et aux accessoires miniatures. Elle s'est lancée en affaires à Saint-Hyacinthe il y a un peu plus de deux ans, après avoir été inspirée par un concept semblable vu à Paris. Elle crée d'ailleurs elle-même des accessoires.

«C'est une tradition très anglaise, mais ça s'en vient lentement mais sûrement en France et ici», pense Mme Globensky. «C'est sûr que c'est un passe-temps un peu plus anglophone. Moi, je vois une légère hausse au niveau francophone marché en développement», ajoute Mme Cabana en spécifiant toutefois que le passe-temps comme tel est moins populaire qu'autrefois.

«La mode est encore beaucoup à la maison victorienne, soutient Mme Cabana. On peut voir du moderne, mais le gros de la demande n'est pas là.» De son côté, Mme Globensky remarque un virage. Les gens souhaitent de plus en plus des maisons qui ont l'air un peu vieillottes, mais comprenant un mélange de pièces pour un décor éclectique. Bref, un peu comme ce qui est tendance actuellement, grandeur nature. «Mais c'est interdit dans la miniature. C'est géorgien à la vie à la mort ou contemporain, point à la ligne!»

On voit aussi sur la Toile plusieurs blogues qui se consacrent aux miniatures modernes. Comme Mini Modern (minimodern.blogspot.com), sur lequel Stacey, une collectionneuse méticuleuse, crée des décors tendance dans lesquels on pourrait très bien vivre... si on mesurait quelques pieds de moins. Sur Call of the Small (call-small.blogspot.ca), Christine Ferrera, de Princeton, au New Jersey, nous fait visiter son univers déco réduit. Les possibilités semblent infinies...

Mais les maisons de poupée se font encore plus petites, remarque Mme Globensky. On voit de plus en plus de modèles à l'échelle 1/16 (¾ de pouce représente un pied). «Les gens n'ont plus les maisons immenses qu'ils avaient. Les collections sont dans les mains de personnes plus âgées qui vont vivre dans des condos. Elles rapetissent comme les vraies maisons!»

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