Martin de Blois: designer, artiste et humain

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Martin de Blois a fait des miroirs sous licence avec Royal Doulton et Minton pour la verrerie Walker à Montréal.

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(Québec) Martin de Blois se promène entre le Tennessee et la Chine. Il s'implique en recherche et développement, imagine des meubles, en voit aboutir chez Macy's, Lowe's, Costco, Home Depot. Comment un designer originaire de Québec en arrive-t-il là?

À 54 ans, Martin de Blois a du millage au compteur. Il a remporté plusieurs prix, cumule les brevets d'invention, a travaillé chez les manufacturiers Amisco, à L'Islet, chez Baronet, en Beauce, oeuvre aujourd'hui chez Agio International, aux États-Unis.

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L'atelier de Martin de Blois à son domicile, au Tennessee. Ce passionné de fabrication a notamment un tour suisse et une imprimante 3D

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Attablé à la taverne Belley de la rue Saint-Paul lors d'un passage à Québec, il se dévoile : «L'inspiration d'un meuble ne vient pas des magazines ou des expositions. Elle vient d'une sensibilité et d'une manière de regarder la vie et les hommes.»

Son récit est empreint d'un riche apprentissage. Un bagage autant professionnel et artistique qu'humain.

«J'ai toujours été très intéressé par la fabrication et la construction des choses. J'ai hérité ça de la famille.» Martin est le fils de Claudette et de Jacques de Blois. Son père est l'architecte derrière la revitalisation du quartier Petit Champlain au milieu des années 70. Tout jeune, il baignait dans un climat de création, fréquentait les artisans. «J'ai eu plusieurs maîtres», dit-il d'entrée de jeu.

Son sens de l'observation, une qualité qu'il juge essentielle au métier de designer, il le tient notamment de Georgette Pihay, «une dame très forte, très intense» qui lui a enseigné la peinture et le dessin.

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Le designer a remporté plusieurs prix et accumule les brevets d'invention. 

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En plus d'étudier en design industriel à Montréal, Martin de Blois a aussi fréquenté l'École de joaillerie et de métaux d'art cofondée par Armand Brochard. «Quand on fait un bijou qui est porté, il doit être fonctionnel, beau, faire du sens et être durable. Le meuble, c'est un peu comme un bijou. C'est aussi très chargé d'émotion et de rituel», analyse-t-il aujourd'hui.

Son premier emploi de designer, Martin de Blois l'a décroché chez le manufacturier Amisco, à L'Islet. En déménageant sur la Rive-Sud, il a rencontré les Bourgault, une famille de sculpteurs de Saint-Jean-Port-Joli. «J'ai demeuré dans l'atelier de Jean-Julien Bourgault, qui est devenu un grand ami.» Encore là, beaucoup d'expérience et d'apprentissage. «Tout ça me définit.»

Martin de Blois garde de beaux souvenirs de sa collaboration comme pigiste avec Baronet, en Beauce, dont les collections se sont notamment retrouvées chez Crate & Barrel et Bloomingdale's, deux grandes chaînes américaines. «De belles années. On construisait des meubles en bois massif. Je n'étais probablement pas conscient de la valeur de ça à l'époque.» 

Depuis 16 ans, le designer vit aux États-Unis. Il a mis du temps à stabiliser sa clientèle au départ. «C'est le pays des grosses affaires, mais ça ne veut pas dire que ça vient facilement.»

Les Américains, dit-il, apprécient le design quand ils l'ont sous le nez. «Apple, c'est blanc et design, emballé, conditionné, très clair. Mais le design dont je parle dans le meuble, plus subtil et discret, ce n'est pas évident.»

Son parcours laissait aussi perplexe : «Mon CV est curieux. Quand je cherchais du travail là-bas, on me disait : " Tu es un artiste, mais pas un spécialiste du meuble".»

Il a toutefois réussi à tirer son épingle du jeu, avec des partenaires comme Elite Manufacturing et John-Richard dans le Mississippi, qui fait des accessoires, des lampes, des meubles d'appoint et des miroirs.

Les arabesques de Royal Doulton

À la même période, Martin de Blois a travaillé pour la verrerie Walker à Montréal, dans les miroirs décoratifs. «On a fait des miroirs sous licence avec Royal Doulton, une belle expérience. Je suis allé en Angleterre visiter les archives de Royal Doulton et de Minton, la vaisselle des rois de ce monde, j'ai rencontré les directeurs artistiques.»

Un miroir produit pour la verrerie Walker de... (Fournies par Martin De Blois) - image 4.0

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Un miroir produit pour la verrerie Walker de Montréal

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Il s'est inspiré des ornements, volutes et arabesques des assiettes pour faire ses dessins préparatoires de miroirs. Une autre corde à son arc, dans la pure tradition anglaise.

Aujourd'hui, Martin de Blois est à l'emploi pour Agio International, une compagnie américaine spécialisée en «meuble de qualité de masse pour le jardin». Son premier grand succès pour l'entreprise a été la chaise Old World (photo en couverture) qu'il a dessinée avec des détails de ferronnerie, inspirés des calèches. «Quand elle est sortie à travers les États-Unis et le Canada, elle suscitait 1 million $ de vente par semaine», dit-il.

Le designer se rend cinq à six fois par année à l'usine d'Agio, dans le sud de la Chine, pour aller voir les échantillons de mobilier. «J'ai amené beaucoup d'expertise dans le dessin, le rendu, la méthode de travail.»

Quand il a commencé à se rendre à l'usine, il avait du mal à obtenir une scie ou un tournevis, réservés à d'autres départements. Tranquillement, il a amené ses propres outils, puis a créé son laboratoire de fabrication qu'il appelle la «zone 51». «Ç'a été une belle expérience et ç'a amené des résultats immédiats. Ça changeait la dynamique, je fabriquais directement dans l'atelier.»

Il s'est aussi retrouvé à enseigner dans le bureau de recherche et développement, notamment l'anglais à ses collègues pour faciliter la communication. Il a découvert des gens dans le processus, dont sa femme taiwanaise, Aime.

«On ne peut pas faire un bon travail si on n'y met pas le temps. C'est ce que je fais dans mon atelier. Je forme de jeunes talents. Je sème les graines pour le futur.»

Se donner la latitude pour expérimenter, écouter ses intuitions, ses visions, voilà sans doute le secret de Martin de Blois. Comme cette chaise intérieure/extérieure qu'il a rêvée «aussi belle à la ville qu'à la campagne, dedans comme dehors» et qui lui a valu une bourse du SIDIM au début des années 90. 

S'il ne court plus les concours aujourd'hui, il veut toujours créer avec la même sensibilité.

www.martindeblois.com

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