Le calendrier scout, un objet de collection

Le premier calendrier scout canadien francophone remonte à 1939. Il est depuis... (Infographie Le Soleil)

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(Québec) Le premier calendrier scout canadien francophone remonte à 1939. Il est depuis devenu un classique, vendu à 150 000 exemplaires. Cette année, les 12 vignettes ont été confiées à l'illustrateur Steve Adams. Entrevue.

Pour le calendrier scout 2016, l'illustrateur Steve Adams a esquissé une soixantaine d'idées. «Je me suis donné comme défi de représenter ce serait quoi, mon scoutisme idéal.»

Au lieu de faire des noeuds dans les couleuvres, ses personnages construisent des châteaux de sable géants, mangent des mégaguimauves et font de la descente extrême de boule de neige. «Je pense qu'ils vont avoir un peu de misère à instaurer ça», lance Steve Adams en riant.

Il croit deviner que c'est pour son côté un peu fou qu'on l'a approché afin d'illustrer le nouveau calendrier scout, parrainé par le bédéiste Michel Rabagliati qu'il connaît depuis des années. «On m'a dit: "Amuse-toi!"» Il en résulte un produit joyeux et de grande qualité.

Steve Adams... (Courtoisie) - image 2.0

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Steve Adams

Courtoisie

S'il a été invité à ne pas se cantonner à la pêche et aux feux de camp, il s'est plutôt amusé à les réinventer. «J'ai tordu un peu le scoutisme traditionnel. Je l'ai mis à la sauce un peu plus moderne.»

Il a respecté les saisons, bien sûr, avec des touches de neige, mais aussi avec subtilité. Le dessin de l'animateur scout couché sur un canot en train de lire, il l'a suggéré pour la rentrée littéraire de septembre. En novembre, ses comédiens sur scène arborent la fine moustache du mouvement Movember. «Un seul scout s'en est rendu compte. Je ne l'avais pas dit», glisse-t-il avec satisfaction.

Pour le mois de mars, l'illustrateur précise que tous les matous dans l'arbre sans feuille sont vrais. «Ce sont les miens, ceux de ma soeur, d'un ami, des chats errants qu'on nourrit...» Dans sa bio, il est écrit que Steve Adams vit à Montréal avec sa femme, leurs deux enfants et leurs chats.

En 20 ans de carrière, l'illustrateur n'en est pas à son premier calendrier, mais à son premier pour les scouts. «L'illustration sur le frigo ou sur le mur doit vivre par elle-même. Elle doit être capable de parler, à chaque fois qu'on la regarde, selon la journée, de nous dire des choses différentes.» 

Créativité cohérente

Il parle aussi du souci de créer un tout cohérent dans l'élaboration d'un calendrier. «J'essaie toujours de travailler en plus petit, pour avoir une vision d'ensemble et essayer de créer un fil conducteur tout en restant dynamique.» Selon lui, les 12 mois se doivent d'être différents, mais il faut également sentir une évolution ou une constance.

Steve Adams dit être un «gars techno», ce qui ne l'empêche pas d'accorder de l'importance au calendrier papier. «Il a un côté familial. Chez nous, c'est comme le point de ralliement, l'endroit où tout le monde peut écrire ou coller des petits collants. Avec ses taches de beurre d'arachides et ses coins écornés, il y a ce petit côté humain qui persiste et qui, j'espère, va rester. Une tablette avec du beurre d'arachides, c'est pas pareil...»

Comment trouver l'édition 2016?

Jusqu'en novembre, les scouts ont sillonné les rues pour offrir leur calendrier de porte à porte, à 7 $ ou moins. Pour se le procurer à cette période-ci de l'année, il est possible de contacter le responsable d'un groupe près de chez soi en consultant la carte interactive au goo.gl/MeA1t3 ou en visitant la page boutique.scoutsducanada.ca/produit/calendrier-2016/. Un coffret des calendriers des quatre dernières années, illustrés par Rabagliati, Doyon, Pratt et Adams, est aussi en vente au coût de 20 $, en quantité limitée. Information : goo.gl/qLBiHn

Michel Rabagliati a signé le calendrier scout 2013.... (Fournie par l'Association des scouts du Canada) - image 4.0

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Michel Rabagliati a signé le calendrier scout 2013. Depuis, il parraine le projet. 

Fournie par l'Association des scouts du Canada

Des éditions signées Rabagliati le louveteau

Le bédéiste Michel Rabagliati était louveteau en 1970. Son plus beau souvenir? «La première fois où mon chef scout a joué de la guitare autour d'un feu de camp. C'était la première fois que j'entendais de la guitare live. Je me suis collé sur lui et je l'ai écouté chanter Au chant de l'alouette. C'était magique.»

C'est donc tout naturellement qu'il a accepté d'illustrer le calendrier scout 2013. Il venait de publier l'album Paul au parc, qui pourrait s'appeler «Paul chez les scouts», inspiré de ses années dans le mouvement. «J'ai eu une expérience très positive. Et je suis tombé sur de très bons animateurs.» Il les dépeint comme des mentors dans son livre.

L'Association des scouts du Canada venait de trouver le meilleur ambassadeur pour redonner vie à son calendrier, principale source de financement pour les activités. Depuis quelques années, les ventes diminuaient. Les 12 mois tapissés de photos d'enfants prises par les parents ou les animateurs n'arrivaient pas à émouvoir. «Ce n'était pas très décoratif», résume Michel Rabagliati.

Le bédéiste, qui admet lui-même ne pas faire grand-chose à l'extérieur de ses livres, a élevé le calendrier au rang d'objet de collection. Les ventes ont subitement bondi de près de 30 000 exemplaires.

Depuis sa participation à la mouture 2013, il parraine le projet, aidé par la graphiste et directrice artistique Nicole Lafond. Comme un scout, il recrute des illustrateurs, «autant que possible du Québec».

Ainsi, Patrick Doyon, Pierre Pratt et Steve Adams, «des gros noms de l'illustration», ont poursuivi cette nouvelle tradition. Chacun a donné sa couleur au calendrier. «Il s'agit juste de trouver des saveurs différentes chaque année», indique Michel Rabagliati.

Il souligne un souci de «ne pas faire trop guili-guili, bébé». «On met en scène les plus grands. On vise les plus vieux de la gang, les 16-17 ans. On veut donner une allure hip et l'fun», poursuit le parrain du calendrier.

Si les valeurs et les activités du scoutisme sont toujours en trame de fond, il n'y a pas beaucoup de contraintes de création. Pas question de reproduire partout des foulards et des feux de camp, c'est un exercice libre, décoratif, insiste le bédéiste.

L'objectif ultime est que les gens le trouvent beau. «Les scouts sont contents de passer porte à porte avec ça. Ça s'écoule bien. On est en train de créer une espèce de précédent», se réjouit Michel Rabagliati. 

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