Bruno Gérard, recycleur de vestiges

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L'atelier de Bruno Gérard, «calme et charmant», est aménagé au sous-sol de son loft du quartier Saint-Roch.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Bruno Gérard fabrique des lampes-sculptures avec des bouts de métal qu'il dégote dans les marchés aux puces et chez les ferrailleurs. «J'ai été élevé comme ça, mes parents étaient des gens de l'après-guerre», confie l'artiste qui s'affiche comme «recycleur de vestiges».

Cette lampe «avionique» est composée d'une base de... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 1.0

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Cette lampe «avionique» est composée d'une base de chaise, d'un bloc de moteur en aluminium er d'ampoules avant-gardiste qui valent 85 $ chacune.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Originaire de Reims, en France, Bruno Gérard est installé depuis 15 ans dans les Lofts de la cour, rue Christophe-Colomb, à Québec. Son propre appartement est aussi une salle de montre où ses lampes, ses tables, ses tabourets et ses créations industrielles jouent leur rôle d'objets utilitaires dans un univers domestique.

Il faut voir le garde-corps qu'il a fabriqué avec des freins à disque de moto. On dirait des «dentelles d'acier». Au-dessus de la cage d'escalier, une lampe monumentale bricolée avec des agitateurs de laveuse à linge ancienne compose un ensemble saisissant.

Pour Bruno Gérard, la récupération est un mode de vie, voire un geste politique. Cet homme de 63 ans a grandi «en prenant son bain dans l'eau des autres», il lui semble donc naturel «d'inverser le gaspillage», de fabriquer des objets qui «parlent à l'âme» et de permettre «à la matière de raconter son histoire».

Il est arrivé au Québec pendant les Jeux olympiques de Montréal, en 1976. Il a trouvé ici l'effervescence qui correspondait à son propre bouillonnement. Un jour qu'il vendait des colliers de coquillages dans la rue Sous-le-Fort, à Québec, il a été remarqué par Michel-Alain Forgues, un joaillier de Québec. 

Les nouveaux joailliers

Sous l'impulsion de ce maître, Bruno Gérard a alors commencé à se perfectionner. «Je me suis retrouvé chez Brochard», raconte-t-il. «Brochard», c'est Armand Brochard, l'un des cofondateurs de l'École de Joaillerie de Montréal. Voilà ce qui explique la présence d'une lampe de Gérard dans l'exposition présentée à MATERIA pour les 40 ans de ce centre de formation.

«Je faisais partie du courant des nouveaux joailliers, s'enorgueillit Bruno Gérard. On a fait éclater la joaillerie, on en a enlevé la rigidité. On mettait du plexiglas avec de l'or et de l'argent.»

Pendant 12 ans, l'artiste a créé des lampes pour Tristan & America. «Ils m'ont commandé au moins 80 grosses lampes pour leurs boutiques de tout le Canada, se souvient-il. J'avais carte blanche. Ma seule contrainte était la hauteur des plafonds.» 

Ses lampes valant plusieurs milliers de dollars, Bruno Gérard n'a jamais eu à se préoccuper de sa carrière pendant ces années fastes. Aujourd'hui, il vit de son art grâce à son association avec la boutique Nob Hill dans le Vieux-Port de Québec et grâce à Internet. «J'ai un client en Suisse avec lequel j'ai conçu une lampe par Skype, raconte-t-il. Ç'a été long, mais on y est arrivé et on a bien aimé ça.»

Information : www.brunogerard.com.

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