L'intervention: l'ordre qui camoufle mon fouillis

Le jour où j'ai découvert le blogue d'Apartment Therapy, je me suis mise à... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le jour où j'ai découvert le blogue d'Apartment Therapy, je me suis mise à créer des petites installations partout chez moi avec mes souvenirs de voyage, mes céramiques, mes boîtes décoratives, mes vases, mes livres et mes reliques familiales.

Apartment Therapy valorise les bibelots hétéroclites rassemblés en vignettes. Il prône que les beaux objets méritent d'être exhibés dans des agencements harmonieux.

Mais l'éclectisme est plus difficile à réussir qu'il n'y paraît. Il faut un fil conducteur, un rappel de couleur, de texture, de forme. Sinon, ce n'est plus de l'éclectisme, c'est du fouillis. Ce ne sont plus des vignettes, ce sont des tas.

J'analyse ces trois tablettes-là depuis des semaines. J'arrive toujours au même constat : c'est n'importe quoi. Pourtant, chaque chose a un sens et peut être liée à un voyage, à une personne, à un coup de coeur. Mais moi, je ne vois que le fil de la lampe, la plinthe, la prise de courant et le fauteuil de style Mission si beau et si incongru dans son coin.

J'ai demandé à deux designers, Catherine Nadeau et Sylvain Côté, d'améliorer cette portion de mon salon. Ils ont eu le droit de se promener dans les autres pièces et d'y sélectionner divers objets. Ils pouvaient rejeter des bibelots ou déplacer des meubles. Ils auraient pu ajouter un élément extérieur ou deux, mais ils ne l'ont pas fait, finalement.

J'ai aimé leur absence de jugement, leur ouverture, leur respect et les conseils qu'ils m'ont généreusement prodigués même s'ils débordaient de leur mandat initial.

Voici le fruit de leur expertise et de leur créativité. Quant à moi, je vais continuer à écrire sur la décoration, mais je ne deviendrai jamais designer.

Selon Sylvain Côté, la lampe de lecture posée... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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Selon Sylvain Côté, la lampe de lecture posée sur la table d'appoint donne de l'éclat aux objets exposés sur les trois tablettes. 

Le Soleil, Patrice Laroche

La solution Sylvain Côté: de la lumière et du rouge

En mettant les pieds chez moi, Sylvain Côté a su ce qu'il devait faire : redonner leurs fonctions aux tablettes et aux tables d'appoint. «Tu t'assois sur ton canapé, tu étends le bras pour prendre un livre, tu as ta lampe à portée de la main, et une table pour déposer ton verre ou ton ordinateur.»

Les choses et les meubles répondent avant tout à des fonctions utilitaires. Ça, c'est sacré. Ce qui n'empêche pas le designer de concevoir des desseins artistiques. «Je veux rendre ce coin-là théâtral», a-t-il lancé.

Après avoir balayé le salon du regard, il a reculé le canapé rouge et l'a aligné sur l'extrémité des étagères. Du coup, il a caché la plinthe électrique et la prise de courant, agrandi l'espace devant la télé, mais créé un passage plus étroit entre le canapé et le buffet adossé au mur opposé. De toute façon, ce corridor ne servait pas.

Donner de la lumière

La lampe Tizio l'a allumé. «Il faut donner de la lumière aux objets», décrète-t-il. Tirée sous les tablettes, la table d'appoint réintégrait sa fonction à côté du canapé. Posée dessus, la lampe de lecture pouvait en plus donner de l'éclat aux objets exposés sur les trois tablettes.

«Le théâtre est dans la lumière», fait valoir Sylvain. Il est aussi dans «le signal de la couleur rouge» que le designer vous invite à trouver «jusque dans les détails» de son aménagement. «J'aime le déséquilibre», m'a-t-il répondu quand je lui ai demandé pourquoi le côté gauche des tablettes était vide.

L'équilibre, il le cherche dans les couleurs et dans les matières. Il a retenu les objets parés d'inox. Il a même remarqué que le piètement de mon canapé se mariait à ces bibelots miroitants.

Il a déposé ma roche oblongue à côté de photos d'enfants encadrées. Il a aimé mes appuis-livres en simili marbre. Il a inséré une bougie recouverte d'écorce. Un condensé de nature à deux pas de la télé.

Et pour rendre tout ça habité, il a détruit la symétrie des coussins et fait comme si c'était l'heure de siroter du vin. 

Information : www.scdesigner.com et 418 648-1444

La designer Catherine Nadeau a élargi visuellement l'espace... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 3.0

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La designer Catherine Nadeau a élargi visuellement l'espace en ajoutant ma lampe verticale.

Le Soleil, Patrice Laroche

La solution Catherine Nadeau: de la hauteur et un concept

Styles mal assortis. Éclectisme joué à outrance. Absence de punch. Trop d'objets placés à l'horizontale. «Y'a rien qui marche», a diagnostiqué la designer Catherine Nadeau.

«On a des attachements, c'est dur de s'en départir», a-t-elle nuancé pour adoucir son verdict clinique. La tasse anglaise, les vases de cristal et mes coups de coeur d'artisanat ont été évacués. Les tablettes contemporaines que les propriétaires précédents avaient achetées chez IKEA requièrent des objets correspondants, a décidé la designer.

Catherine Nadeau a fait le tour de toutes les pièces. En descendant l'escalier, elle a repéré l'affiche laminée d'une exposition de Tiffany. «C'est beau, ça...» Dans le bureau, elle a vu des guides de voyage qu'elle a trouvés inspirants. Elle avait son idée : un concept autour du design et des voyages. Je m'y reconnaissais.

Mes plafonds de 10 pieds réclament de la hauteur, a-t-elle statué en déposant l'affiche sur la tablette supérieure. «C'est la pièce de base.» Elle a rapaillé des livres, dont les jaunes, les noirs et les rouges s'accordent à l'affiche et elle les a disséminés sur tous les niveaux. Catherine a tendance à épurer ses installations.

Chacun son métier

Elle a sélectionné un bol et trois petits cadres en inox, ce qui pour elle était une évidence, vu que les extrémités des tablettes sont en inox elles aussi. Une journaliste maîtrise l'accord des verbes pronominaux, une designer celui des matières, des textures et des formes.

Pour camoufler la plinthe électrique et la prise de courant, elle a placé sur un tabouret la grosse plante qui semblait si heureuse dans le bureau. «Les plantes, les roches, ça met de la chaleur et de la vie», analyse-t-elle.

Puis Catherine a «élargi l'espace visuellement» ajoutant une lampe verticale et deux oiseaux fabriqués par André Escojido. À moi de combler les trous que leur absence crée ailleurs dans le condo.

Information : 418 806-1532 et la page Facebook Catherine Nadeau designer d'intérieur

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