Le bois brûlé, un matériau déco fascinant

Beau clin d'oeil, du bois brûlé comme manteau... (Fournie par Espace-Bois)

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Beau clin d'oeil, du bois brûlé comme manteau de foyer. Un projet d'Espace-Bois réalisé à Québec.

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(Québec) Le bois brûlé selon la technique japonaise shou sugi ban donne un matériau fascinant. Les planches noircies et texturées diffusent une chaleur profonde. Une compagnie de Kamouraska s'enflamme pour cette tendance.

Une réalisation de Zwarthout, une entreprise des Pays-Bas... (Raymond Van Zessen) - image 1.0

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Une réalisation de Zwarthout, une entreprise des Pays-Bas spécialisée en bois brûlé.

Raymond Van Zessen

Planches embrasées

Connaissez-vous la technique shou sugi ban (prononcez «su sougui bane»)? D'origine japonaise, elle consiste à brûler le bois, à le laver, puis à l'enduire d'huile naturelle pour lui donner une protection optimale. En prime, la combustion offre une gamme de noirs profonds et élégants qui en font un produit recherché. Espace-Bois a flairé la tendance.

La compagnie de Saint-Pascal de Kamouraska, dans le Bas-Saint-Laurent, vend des matériaux, crée des meubles, offre un service de rénovation et de design, et vient tout juste de créer une division intitulée Bois brûlé. Un conteneur de 40 pieds doté d'une machine fabriquée par un ingénieur pour consumer le bois a été implanté à côté de l'usine. Le tout est fonctionnel depuis environ un mois.

Protections multiples

Le procédé de combustion, «un peu comme un four à pizza», prend environ trois minutes par planche, indique Vincent Bouchard, cofondateur d'Espace-Bois avec Guillaume Ouellet. Ils utilisent du bois neuf, du cèdre du Québec, qui est sablé, calciné, puis brossé et huilé avec des produits naturels pour sceller les pores. 

La carbonisation, qui solidifie la surface, jumelée à l'application d'huile rend le bois doublement étanche, indique Guillaume Ouellet. «Aucun insecte ne s'intéresse à du bois brûlé. De manière naturelle, on règle aussi ce problème.» Le traitement shou sugi ban ralentit la dégradation du bois causé par les intempéries (soleil, vent, eau) et donnerait une espérance de vie estimée à plus de 80 ans. 

Tout juste lancée, la division Bois brûlé d'Espace-Bois... (Harry Noback) - image 2.0

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Tout juste lancée, la division Bois brûlé d'Espace-Bois montre sur son site Internet les possibilités avec ce matériau. Comme ici, la House Bralts, une réalisation de Zwarthout.

Harry Noback

Solide et résistant, le bois brûlé installé comme revêtement extérieur ne demande aucun entretien, soutient Vincent Bouchard. «Quand on l'utilise pour fabriquer du mobilier comme un dessus de table, on va le traiter et le huiler une fois par an, comme n'importe quel autre dessus de table en bois», dit-il en précisant que le bois brûlé ne dégage pas d'odeur et ne tache pas.

Coloration unique

Les images sur le site de l'entreprise montrent un matériau fascinant, plus ou moins noirci, tour à tour mat et brillant, d'une texture lisse allant jusqu'à celle craquelée comme une peau de crocodile. 

«On peut jouer beaucoup avec ça, en allant de planches légèrement brûlées à carbonisées. Il y a aussi la possibilité d'apporter d'autres couleurs avec de la peinture de lait naturelle. C'est là qu'on peut intervenir dans le revêtement intérieur, parce que ça devient un produit de design unique. On peut faire des mélanges, des mosaïques», suggère Guillaume Ouellet.

Et si cette tendance semble émerger en architecture, il rappelle qu'il s'agit d'une vieille technique japonaise. «On n'a rien inventé. Ça fait ses preuves depuis 2000 ans.»

Recherche et développement

Spécialisés dans le bois de grange à leurs débuts il y a deux ans et demi, les cofondateurs d'Espace-Bois sont constamment en recherche et développement. «Guillaume et moi, on s'est toujours donné pour défi d'innover. On a fait des recherches sur le Net. On essaie d'avoir différentes finitions de bois», explique Vincent Bouchard en ajoutant qu'il y a beaucoup de compétition dans le domaine de l'ébénisterie. 

Pour offrir du bois brûlé, ils ont notamment compté sur l'expertise et les conseils de l'entreprise américaine reSAWN Timber. 

La production tout juste commencée, le carnet de commandes comprend un dortoir pour un client de la région de Kamouraska, la vente de bois pour deux projets de revêtement extérieur, un plafond de pavillon de jardin et des meubles pour les salons de l'habitation. Une fois l'élan donné, Espace-Bois vise toutefois un assez grand marché. 

Comment s'en procurer?

Leur bois peut être commandé, livré, installé partout au Québec, et même en Ontario. «On développe aussi le marché pour entrer dans les quincailleries. On a des ententes dans notre région. On va pousser pour Québec et les environs, et Montréal éventuellement», poursuit Guillaume Ouellet. À noter que l'équipe d'Espace-Bois s'est agrandie et compte maintenant une dizaine d'employés.

Côté prix, le bois brûlé prêt à être installé se détaille 5 $ le pied carré, alors que le bois de grange, très populaire ces dernières années, s'élève à 6 $ le pied carré. «C'est un peu moins cher. Pour nous, ça nécessite autant ou un peu plus de transformation, mais la matière première est moins chère», explique Guillaume Ouellet.

boisbrule.ca et espace-bois.ca

Ce bureau de travail est une création d'Espace-Bois... (Fournie par Espace-Bois) - image 3.0

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Ce bureau de travail est une création d'Espace-Bois à partir de bois brûlé.

Fournie par Espace-Bois

Brûlé n'est pas torréfié

Pour démystifier son nouveau produit, Vincent Bouchard, cofondateur d'Espace-Bois, apporte cette nuance: «Le bois brûlé est différent du bois torréfié, qui est passé dans un séchoir à très haute température plus longtemps qu'un séchage de bois traditionnel, avec un taux d'humidité abaissé à l'extrême. Nous, on utilise du cèdre séché au séchoir traditionnel pour le recouvrement extérieur, qu'on fait passer dans notre machine sur un convoyeur. La planche est brûlée au crache-flammes, ensuite elle est brossée, nettoyée et huilée. Si on met une goutte d'eau dessus, elle va ruisseler comme s'il y avait du vernis.»

À venir: du bois champignonné

Espace-Bois planche déjà sur un nouveau produit pour l'an prochain, le bois champignonné. Il s'agit cette fois d'obtenir un bois coloré avec des champignons, comme dans la nature. L'idée est de reproduire artificiellement le phénomène, de le contrôler et de l'arrêter. Un projet de recherche est en cours avec le Centre de développement des bioproduits Biopterre de Sainte-­Anne-de-la-Pocatière et vient d'obtenir une subvention de 25 000 $ pour la première année et de 45 000 $ pour la deuxième. Un nouveau matériau à surveiller

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