«Lum-hier» sur l'art de la coustille

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Un gracieux volatile

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Entre Natashquan et Lotbinière, Lise Cardinal et Raynald Bilodeau arpentent les grèves du Québec qui charrient des débris parce qu'elles sont soumises aux marées. Ils y récoltent la matière première pour pratiquer un art aussi simple que son nom est saugrenu : la coustille.

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Un coeur de pierre emprisonné dans le métal tordu.

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Il s'agit d'une tradition des landes de la Gascogne, en France : les lendemains de grosse houle, les gens récupèrent ce que l'océan a rejeté sur les plages. Les Québécois sont de plus en plus nombreux à s'adonner à la coustille, souvent sans savoir que leur intérêt pour le bois de grève et pour les tessons de verre porte ce nom.

Lise et Raynald sont un couple de retraités bien affairés. Ils vivent depuis 1981 dans une maison centenaire de Lévis (secteur Lauzon) qui requiert des soins assidus. Restaurateur de mobilier ancien de profession, Raynald a lui-même retapé toutes les antiquités de son chez-soi. Il se passionne pour les papiers peints anciens et il agit encore à titre de consultant en matière d'ethnologie.

Raynald Bilodeau dissémine ses créations partout dans sa... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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Raynald Bilodeau dissémine ses créations partout dans sa maison de Lévis.

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Lise Cardinal a confectionné ces sculptures animalières. La... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.1

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Lise Cardinal a confectionné ces sculptures animalières. La queue de bois du lézard, à gauche, a été aplatie par les glaces.

Le Soleil, Yan Doublet

Chaque jour, il se rend avec Lise sur le bord du Saint-Laurent qui coule à deux pas de chez eux. Ils ramassent ce que le fleuve a charrié (bois, verre, roche, douilles, métal rouillé, coquillage, bouteilles de plastique, etc.) et rapportent tout ça à la maison. Leur sous-sol est plein de petits tas de bidules, de trucs et de machins. Ils en tirent des sculptures et des lampes, en les collant, les vissant et les clouant les uns aux autres, tout en les altérant le moins possible.

Les murs et les planchers débordent tout autant que leur imagination. «On a beau en donner, on en a toujours trop», constate Lise. Il suffit qu'un visiteur confesse un faible pour un oiseau ou pour un coeur enrubanné de métal, pour qu'il le reçoive en cadeau au moindre prétexte. «On aime voir nos créations chez nos amis», confie Raynald.

Leur plus vieille a 40 ans. Deux branches évoquent un couple en pleine étreinte dans une position très érotique. Il paraît que le beau-père de Raynald avait sourcillé.

Au cours de la dernière année, Raynald s'est mis à fabriquer des lampes. Il les appelle ses «lum-hier». Il a le souci de la beauté, de la solidité et de la sécurité. 

Il s'est bricolé un studio de photos sous la hotte du poêle avec un simple drap noir qui recouvre les serpentins et les boutons de commande. Pourquoi se compliquer la vie? Ainsi installé, il documente ses créations en les photographiant et en joignant à ses dossiers les photos des pièces détachées qui ont servi à leur confection. Il dit qu'il fait de «l'archéologie de surface» et que ses dossiers sont des «baptistères».

Il en présentera quelques-unes, les 4 et 5 décembre, à l'expo-vente du presbytère de Saint-Nicolas. Ça lui donnera l'occasion d'alléger ses murs, tout en instruisant les visiteurs sur l'art de la coustille.

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