Le Fil d'Ariane: l'art d'habiller son intérieur

Nancy Champagne, couturière en design d'intérieur, a installé... (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

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Nancy Champagne, couturière en design d'intérieur, a installé son atelier dans sa maison centenaire de Sainte-Marie en Beauce.

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(Québec) «Quand tu as trois cadeaux devant toi emballés avec le même papier, un cadeau sans rien dessus, un cadeau avec un vulgaire chou et un cadeau avec un beau ruban et une belle boucle, lequel choisis-tu? C'est ça, la draperie.»

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Douceur et classicisme dans la chambre de la drapière Nancy Champagne, de la literie au store romain.

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Détail de finition de coussins, recouverts pour le salon

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Dans son atelier de couture, à l'étage de sa maison centenaire à Sainte-Marie en Beauce, Nancy Champagne parle avec émotion de cette touche finale qui fait toute la différence. Chez elle, les fenêtres sont amoureusement habillées de stores romains rayés ou à motifs choisis. Un placard est dissimulé derrière un long rideau, qui fait écho à la housse de couette conçue à la main. Les coussins dodus abondent, recouverts avec la même recherche et la même patience.

«Mais je ne fais pas de rembourrage, je ne suis pas outillée», tient-elle à préciser.

En plus des stores romains et de la literie, la couturière se spécialise dans les rideaux «mur à mur, du plancher au plafond». Elle a déjà confectionné des rideaux en velours de six mètres de haut, pour un effet saisissant. Elle fait encore des drapés italiens, rideaux droits tirés de côté à l'aide d'une corde, pour produire une belle arcade dans les fenêtres.

Après 10 ans de métier, à travailler exclusivement avec des designers d'intérieur, Nancy Champagne vit bien de son art. Même si le marché est plus difficile. «Ça ralentit», constate-t-elle, en ajoutant que, dans le monde de la décoration, son secteur est mal-aimé. «On peint, on change les meubles, on met de la céramique, mais rarement on fait affaire avec quelqu'un de spécialisé en draperie.»

Être convaincu!

Elle se réjouit toutefois de collaborer avec des gens qui y croient encore. «Parce qu'il faut être convaincu! C'est du temps et de l'énergie, il faut fouiller dans les catalogues, trouver les tissus.» Les designers lui fournissent la matière, l'étoffe et l'idée. «Ma force est la confection, je réponds à la demande.»

Ultimement, habiller une fenêtre, c'est dispendieux, convient la couturière. «Le prix du tissu fait une différence. On peut parler d'un voile pleine largeur à 40 $ le mètre, mais on peut aussi monter jusqu'à 250 $ à 300 $ le mètre. Supposons que nous avons à couvrir huit pieds de haut par 14 pieds de large dans une chambre, on aura besoin d'environ 11 mètres de voile et il en coûtera à peu près 350 $ pour la confection.» Le type de confection influence aussi le prix, les plis français étant les plus dispendieux à fabriquer.

Le sur mesure, l'exclusif qui donnera du caractère à une pièce ne se fait pas en criant ciseau. «C'est dur, la draperie : tailler, presser, épingler, passer la couture. Et il faut toujours manipuler le tissu d'une étape à l'autre, c'est lourd et dur pour les épaules.» Mais Nancy Champagne est loin de se plaindre.

Celle qui a travaillé en administration, «un choix de carrière raisonnable» après la récession des années 80, a choisi de vivre de sa passion en 2005, en lançant Le Fil d'Ariane. «À la mi-trentaine, je me suis demandé : est-ce que je veux continuer comme ça, métro-boulot-dodo?» À cette époque, une amie l'avait piquée au vif en lui disant d'arrêter de se plaindre. «Elle m'a lancé : "Tu as un talent et tu ne l'exploites pas."» Son élan était donné.

Elle s'est lancée en affaires sans aide ni subvention. À ses débuts, elle travaillait sur une table de ping-pong pour avoir une grande surface. «J'avais juste mon talent brut que j'ai perfectionné avec le temps.»

Puis Bianca Mercier de Créations Réka, dans le quartier Saint-Nicolas, l'a embauchée comme couturière. «Elle m'a fait beaucoup de commentaires constructifs que j'ai bien reçus. Il y a toujours place à l'amélioration.»

Autodidacte

Nancy Champagne est autodidacte. À neuf ans, elle maniait déjà la machine à coudre, aidée par sa mère. À 14 ans, elle jouait encore à la Barbie pour faire des robes. La couturière a suivi un cours de draperie avec une dame de Québec il y a quelques années. «Mais il n'y avait pas de diplôme. C'était une gentille personne qui voulait transmettre son savoir-faire.»

Aujourd'hui, elle travaille toujours avec Bianca Mercier, mais aussi avec d'autres designers, notamment Jérôme Lessard et Nathalie Jacob de Sainte-Marie, et Nadia Perreault de Décor prestige à Lévis. Ses draperies sur mesure se sont retrouvées dans la maison Expo habitat 2014. Elle signe aussi les rideaux dorés et le recouvrement des chaises au restaurant Bello, rue Saint-Louis à Québec.

Elle voit rarement le résultat final de ses confections. Quand elle découvre l'utilisation qu'en a fait le designer dans un reportage de Sofa Déco ou de Chez soi, elle fait : wow!

Nancy Champagne dit aimer tous les styles et s'adapte aux commandes qu'elle reçoit : contemporain, champêtre, classique. Elle fait des merveilles à partir d'une machine à coudre Pfaff toute simple, mais efficace.

Conseils d'experte

Les designers d'intérieur appellent souvent la couturière Nancy Champagne pour savoir si tel tissu tombe bien. Y en a-t-il certains à proscrire en draperie? «Moi, je travaille tout», répond-elle, en précisant que certaines consoeurs refusent de faire des rideaux en organdi.

Mme Champagne dit avoir un gros faible pour la fibre naturelle. Le lin, la soie, le velours de coton sont un bonheur à travailler et tombent bien. Pour les housses, le lin est toutefois froissant, note-t-elle.

Elle insiste aussi sur le confort de la fibre naturelle. «Quand on investit dans une couette de duvet, c'est important de tenir compte du tissu qui va l'envelopper. Si on achète une housse synthétique, ça tue l'effet chaleur en hiver et fraîcheur en été.»

Autre conseil, si on aime les coussins, il vaut mieux investir dans une bourrure naturelle, car la bourrure synthétique aplatit. Pour les coussins, elle recommande d'opter pour de la plume, moins dispendieuse, et de réserver le duvet pour le lit.

EN UN MOT Fil d'Ariane › Pour le nom de sa compagnie, Nancy Champagne a repris de la mythologie grecque l'histoire d'Ariane, princesse mortelle qui a aidé Thésée à s'échapper du labyrinthe en lui fournissant un fil à dévider derrière lui afin de retrouver son chemin. Une des deux filles de la couturière se prénomme aussi Ariane.

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