Noël autour du monde: l'arbre aux 60 pays

Le logement de M. Rousseau est peuplé de... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Le logement de M. Rousseau est peuplé de santons de Provence, petits personnages d'argile de tous les métiers. Chacun apporte son présent pour l'Enfant-Jésus.

Le Soleil, Steve Deschênes

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(Québec) Il y a deux semaines, Camille Rousseau revenait de Vienne et de Budapest. Depuis 2005, ce résidant de Québec court les marchés de Noël dans le monde, surtout en Europe, à la recherche de pièces pour bonifier sa collection. Et quelle collection!

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Chaque année, Camille Rousseau court les marchés de Noël : München, Dresden, Strasbourg, Stuttgart, Salzbourg, Budapest, Londres... Quel est son préféré? Celui de Nuremberg, qui date de 1434.

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En ouvrant la porte de chez lui, M. Rousseau nous reçoit dans son monde. Neuf sapins trônent dans différentes pièces, habillés de leurs plus beaux atours. Sans compter les villages, les crèches, les chandeliers...

Dès l'entrée, l'«arbre européen» donne le ton. Il tourne pour nous permettre d'admirer toutes ses ornementations. Une étoile en clous de girofle rapportée d'Autriche. Une dentelle de Liège. Des sabots hollandais. Des oiseaux en bois de Pologne.

Touche d'histoire, une petite tête d'Élisabeth 1re a été rapportée de Londres, comme celle de Marie Stuart. Les deux cousines sont placées à correcte distance. Faut-il rappeler que la première a fait décapiter la seconde?

M. Rousseau pointe des minibarres de chocolat qui viennent d'Allemagne. Pour les conserver le reste de l'année, il les plonge dans la boule à mites et le clou de girofle. «Elles sont comme neuves.»

Le retraité, qui collectionne aussi les décorations de Pâques et d'Halloween, explique qu'en Alsace, la sorcière n'a pas la même signification que chez nous. Dans les marchés de Noël là-bas, elle est vendue comme porte-bonheur.

L'Alsace, c'est là que tout a commencé avec le premier arbre de Noël en 1521, explique ce passionné qui a une bibliothèque joyeusement garnie sur le sujet. Au début, le sapin était seulement décoré de pommes et d'hosties. Mais vers 1850, poursuit-il, il y a eu une année sans pommes. Les gens ont commencé à souffler le verre pour faire les premières boules.

S'il a rapporté des pièces soigneusement tournées et peintes à la main, M. Rousseau n'est pas puriste et ne boude pas les décorations faites en Asie, achetées au Dollarama ou chez IKEA.

En passant de l'entrée à la cuisine, il éteint villages et sapins pour en rallumer d'autres. «Il ne faut pas surcharger le circuit», excuse-t-il.

Il y a l'arbre de petites pièces en bois taillées au laser de Prague. Plus loin, l'«arbre à crèches», dont certaines viennent d'Autriche, du Pérou, du Belize, du Kenya. De Russie, presque tout est fait en bois, dit-il. Du Mexique, beaucoup de choses sont en fer-blanc.

Arbre ethnique

Il compte une soixantaine de pays dans son immense «arbre ethnique». Un lézard en bois buriné d'Australie, un phare du Maine, des boules aux motifs d'oiseaux ou de fleurs de l'Inde, une église miniature du Salvador. Des amis lui ont rapporté d'Afrique des ornements faits de calebasses, de perles, de coquillages et d'objets recyclés, comme des boutons.

À côté, un arbre de pièces québécoises et anciennes exhibe des raquettes, un inukshuk, un père Noël monté sur un coquillage de la Gaspésie.

Au-delà des sapins, le logement de M. Rousseau est peuplé de santons de Provence. «Au moment de la Révolution française, les gens ne pouvaient plus pratiquer leur culte [églises fermées, plus de messe de minuit, ni de crèche publique]. Ils ont fabriqué chez eux de petits personnages en argile qui représentent les différents métiers.» Tout ce petit monde apporte son présent pour l'Enfant-Jésus. Beaucoup de ceux de M. Rousseau sont signés Patrick Volpes, de Digne-les-Bains. Il doit en avoir plus de 80.

Les plus belles décos

Sur la table de la cuisine trône une traditionnelle pyramide de Noël. Sorte de carrousel en bois avec une hélice au sommet qui tourne à la chaleur des bougies. Ce type de décoration provient de la région des monts Métallifères en Allemagne, Erzgebirge. De là viennent les plus belles décorations de Noël, selon M. Rousseau. Comme ses fumeurs de pipe à la base desquels on place de l'encens. «Ce sont les mineurs dans les années 1750 qui ont commencé à sculpter ces personnages.» D'où les petits marteaux peints sur les chapeaux de certains.

Nous avons aussi croisé des schwibbogen, ces arches de Noël avec bougies. Au mur du salon, une grosse hostie en céramique d'Islande représente le pain de Noël. Dans le couloir, un arbre en tissu est orné de petites poupées habillées en costumes traditionnels très colorés du Guatemala.

Il ne s'agit là que d'un tour d'horizon. M. Rousseau range dans 14 caisses ses décorations de sapins, puis dans 70 à 75 autres boîtes tout le reste.

À 74 ans, il parle de son inquiétude par rapport à l'avenir de sa collection. Son souhait serait qu'un musée québécois puisse recevoir ce généreux inventaire. À bon entendeur...

Noël à la Maison-blanche

Joy to all. Voilà le thème retenu cette année pour les décorations de Noël à la Maison-Blanche. Le 28 novembre, la première dame des États-Unis Michelle Obama a dévoilé à la presse la résidence présidentielle parée de mille feux. Parmi les 54 sapins qui ornent la demeure de Washington, certains dorés, d'autres aux couleurs du drapeau étoilé, l'arbre officiel de presque 19 pieds placé au centre du Salon bleu est décoré d'ornements fabriqués par des enfants de militaires américains déployés partout dans le monde. La tradition des Noëls thématiques à la Maison-Blanche remonte à Jacqueline Kennedy au début des années 60 qui avait recréé la magie de casse-noisettes pour sa fille Caroline.

Le julbock scandinave

IKEA l'a popularisé partout. Le julbock (chèvre ou bouc) est l'un des plus vieux symboles de Noël des pays scandinaves et du nord de l'Europe. À partir du XVIIe siècle, les paysans confectionnaient des petites chèvres en paille, matériau qui leur rappelait la naissance du Christ, dans la mangeoire de la crèche. Autrefois craint et démonisé, ensuite aimé, le julbock en paille tressé protégerait les maisons des mauvais esprits.

Oeufs à Vienne à la dizaine

La Boutique de Noël, rue de Buade, reçoit de Vienne de vrais oeufs peints à la main par la famille Priest. Ils arrivent en boîtes de 10 et non de 12. «Là-bas, ils sont décimaux et métriques», s'amuse le propriétaire Marc Gaboury. Du même endroit lui proviennent des boules de verre décorées selon la pure tradition autrichienne.

Saviez-vous que...

Au Québec, c'est à un Allemand que nous devons le premier sapin de Noël? Le 25 décembre 1781, un arbre a été illuminé selon la tradition allemande dans la maison du général Von Reidesel, qui participait à la guerre d'indépendance des États-Unis aux côtés des Britanniques. En Angleterre, on croyait que le houx pouvait influer sur la bonne entente d'un couple? Le houx à piquants symbolise le mari, le houx à bords lisses, la femme. Afin que les rapports entre les conjoints soient équilibrés, les gerbes de houx contenant les deux sortes de feuilles doivent entrer dans la maison ensemble.

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