Le site est charmant, l'offre, abondante. Pas étonnant que 80 % de la clientèle sont des gens qui reviennent année après année. Derrière la maison deux fois centenaire du couple, une remise a été transformée pour accueillir la boutique Parallèle et sa collection urbaine de pièces uniques en porcelaine et accessoires décoratifs. «Ce sont des choses qui passent, qui changent. Ça reste une boutique au gré du vent», dira Joan DeBlois.
Le raku
Quelques pas en pierre et le bruissement d'un jardin d'eau nous mènent ensuite à la boutique Raku à l'ambiance fort différente. Un poulailler métamorphosé en temple zen. Le raku est une technique japonaise de cuisson de céramique à basse température qui provoque des chocs thermiques et génère des pièces à l'aspect craquelé. Joan DeBlois a appris la chose du spécialiste américain Tom Smith il y a une quinzaine d'années.
Ici, bols à thé, bols de riz, ensemble à sushi, «brochettes» décoratives, pots en tout genre (que certains achètent comme urnes) sont harmonieusement exposés. La musique aidant, on a déjà vu des gens s'asseoir par terre pour méditer.
Puis une troisième halte, plus imposante, complète la visite. Cette grange modernisée, c'est le magasin général, la ruche, l'atelier, la galerie d'art, tout ensemble. Lors de notre passage, Stéphane Bouchard tournait de jolis bougeoirs. Il est le disciple de Joan DeBlois. «L'heureux élu», précise-t-il le sourire aux lèvres. Depuis l'an 2000, elle l'entraîne à sa suite. Ils travaillent nez à nez, devant une large fenêtre surplombant le fleuve.
Un travail intense
Derrière, la chambre des fours où s'entasse un imposant inventaire. «On a une grosse production. Il faut être prêt», dit Joan DeBlois, qui travaille intensivement six mois par année, dont tout l'été devant les clients. Les gens ici ne font que passer, explique-t-elle. S'ils veulent repartir avec un ensemble 12 services, ils l'auront.
Sur les étals de la section boutique, 130 articles de poterie fonctionnelle, qui vont aussi bien au four, au micro-ondes qu'au lave-vaisselle. Tajines, assiettes, bols à gratin, tasses, pots de conservation pour les fines herbes, c'est l'embarras du choix.
Le style est simple. Si Joan DeBlois peignait des foins de mer au départ, elle a pris un virage fleurs et fruits il y a quelques années. Des motifs aux teintes douces parsemés ici et là. Mais aussi des pièces aux couleurs solides : lime, turquoise, anthracite, terracotta qui se marient parfaitement avec les classiques de la maison.
Une fleur signature
À la caisse, Marc DeBlois sert les clients. Sinon, il peint à l'avant du bâtiment, juste à côté des tours de poterie. «Mais face au mur», rigole-t-il. Contrairement à ses confrères de Charlevoix, il ne peint pas ce qu'il voit. Le pavot est sa fleur signature depuis 22 ans. «J'ai commencé à la peindre comme ça. Jamais je n'aurais pensé qu'elle me suivrait aussi longtemps.» Il la grossit de plus en plus sur ses toiles, en essayant de mettre le moins de détails possible pour laisser travailler l'imaginaire. Et ce rouge, si unique! «Les peintres qui passent me disent qu'on ne peut pas l'atteindre à l'acrylique ou à l'huile.» C'est que Marc DeBlois a un procédé secret...
Son amour des couleurs vives, on le retrouve sur ses toiles abstraites, inspirées des changements climatiques. Il y voit des glaciers qui fondent. Le peintre a également un petit côté Picasso (sans prétention aucune) avec ses portraits aux angles si particuliers.
Quel beau mélange de matières, de couleurs dans ces ateliers. «On offre deux produits différents, sans jalousie», dit simplement Marc DeBlois. Après 27 ans de ce train de vie alliant travail, partage, beauté, passion, le couple semble avoir trouvé la clé du bonheur.
Les Ateliers DeBlois, 1131, rang Terrebonne, route 362, Saint-Irénée, 418 452-3229
-Ouvert tous les jours du 1er mai au 31 octobre.