M. Blouin et Mme Gariépy vivent depuis une vingtaine d'années leur passion pour le mobilier rétro. Un intérêt qui découle lui-même de leur amour des voitures anciennes. Membres d'un club d'amateurs, ils sortent l'été leur Dodge Custom Royal 1956 rose, qui reflète l'esthétisme de leur intérieur. Presque tout chez eux date de la fin des années 40 jusqu'aux années 60. Le couple avait même revêtu ses habits d'époque pour la visite du Soleil.
Avant 1991, la maison familiale était meublée en cuir, verre, et pièces laquées populaires à ce moment. La transformation s'est échelonnée sur plus de 20 ans. Lorsque M. Blouin a fait entrer la première pièce vintage chez eux - une console qui se trouve aujourd'hui à l'étage - sa femme a eu un certain choc. Elle a même trouvé ça très laid! Mais M. Blouin avait un plan d'ensemble, une vision à long terme. Et a fini par convaincre sa conjointe.
Semaine après semaine, M. Blouin parcourt religieusement les brocantes, marchés aux puces et magasins de meubles usagés. De véritables petits pèlerinages. Lorsqu'il tombe sur un morceau intéressant, il n'hésite pas très longtemps!
Et si une pièce convoitée montre des signes d'âge, M. Blouin la laisse telle quelle. Il aime bien partir à la chasse, mais il ne restaure pas les objets dénichés. Il s'accommodera de leurs cernes et des marques d'usure s'il y a lieu, ou il n'achète pas.
Partout dans la maison, on remarque les motifs atomiques ainsi que les formes cellulaires et de boomerangs de l'époque.
Avec l'ensemble table et chaises des années 50 et son buffet assorti, la salle à manger est frappante.
L'importance des détails
M. Blouin a poussé la recherche jusque dans les plus petits détails. Produits Coca-Cola et autres Betty Boop décorent l'endroit. Le tissu des rideaux de la salle à manger et la tapisserie de l'entrée arborent motifs et coloris coordonnés. Et le proprio est prêt à aller loin pour se procurer l'objet de ses désirs. Apercevant des rideaux d'un logement à partir de la rue, il n'a pas hésité à aller cogner à la porte pour signaler son grand intérêt pour le bout de textile. Ladite tenture se trouve aujourd'hui à la fenêtre de sa cuisine.
Chaque objet dans la maison a son histoire bien à elle. L'ensemble de chambre à coucher de style mid-century modern a été trouvé chez Emmaüs. «Ils le déballaient à l'instant où je suis arrivé», raconte M. Blouin. «Les genoux m'ont plié!» C'est dans cette chambre aux murs chartreuses assortie d'un petit coin salon qu'ils passent la plupart de leur temps à la maison.
«Il faut désirer une pièce pour la trouver», croit Mme Gariépy. Il faut aussi faire passer le mot, car pour dénicher la perle rare, le bouche-à-oreille n'a pas son pareil.
La trouvaille la plus surprenante est sans doute ce meuble-télévision de 1954, qui, encore fonctionnel, trône dans un boudoir, à l'étage. L'antiquité est entourée d'un canapé et d'un fauteuil rose et argenté de l'époque qui ne semblent pas usés un brin. Le temps a été suspendu et
M. Blouin, le maître de cette illusion, ne pourrait en être plus ravi.