La place des Canotiers, projet majeur pour Bois Hamel

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le mur en bois du stationnement étagé qui borde la place des Canotiers dégage encore une douce odeur. Il est la fierté de Bois Hamel, qui a fourni les grandes planches de cèdre teint.

La jeune entreprise de Saint-Éphrem-de-Beauce, une division de la scierie Clermond Hamel Ltée, faisait une visite de presse de l'installation la semaine dernière. «C'est sans contredit un de nos plus importants contrats», confiait le président Nicolas Hamel, en parlant d'un mandat de 700 000 $ (sur un budget total de 39 millions $ pour la nouvelle place publique). «Ça montre aux gens qu'on peut travailler de gros projets, peu importe le style.»

Il explique avoir beaucoup investi ces dernières années dans la machinerie et l'équipement de l'entreprise fondée en 2010. «On a un contrôle numérique six axes dernière génération, une technologie qui fait toute la différence.» Tout est d'abord modélisé en 3D. Puis les pièces de bois défilent une à une dans un robot de conception allemande, où elles sont coupées, percées, usinées avec une précision de 1 mm.

Dans le projet du mur de la place des Canotiers, les planches devaient notamment avoir des fentes pour accueillir les plaques d'acier de Tecno-Métal, précise le chargé de projets Jean-Philippe Côté. Le bois usiné et teint a été livré prêt à être installé. 

«Un gros bloc LEGO»

«Dans les projets résidentiels, on peut faire des trous dans le bois avec notre machinerie pour installer les lumières, les prises de courant et pour faire traverser les fils et la tuyauterie. Quand on arrive chez le client, il reste juste à assembler, un peu comme un gros bloc LEGO», illustre Jean-Philippe Côté. 

Bois Hamel réalise des constructions pièces sur pièces, conçoit des ossatures de bois appelées «Timber Frame» assemblées à l'aide de tenons et mortaises, fabrique des pignons de maison et des poutres intérieures décoratives. «Le outdooring est à la mode. On fait aussi beaucoup de terrasses extérieures en bois massif», poursuit Nicolas Hamel.

Nicolas Hamel, président de Bois Hamel, Jean-Philippe Côté,... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

Agrandir

Nicolas Hamel, président de Bois Hamel, Jean-Philippe Côté, chargé de projets et responsable de la logistique du mur, et William Van Der Windt, directeur des ventes, n'étaient pas peu fiers de cette réalisation.

Le Soleil, Patrice Laroche

«On a une grande diversité, autant du côté industriel qu'auprès des particuliers», indique le directeur des ventes William Van Der Windt. L'entreprise a fourni le bois de la tourbière la Grande plée Bleue qu'on peut visiter à Lévis et celui de quelques ponts à Natashquan.

États-Unis et Caraïbes

Mais Bois Hamel ne se limite pas au marché canadien; l'entreprise a des visées plus au sud. «Ça fait deux semaines que je sais que je suis exempt des taxes imposées sur le bois par les États-Unis. Je vais recommencer à aller du côté américain», a fait savoir son président. La raison : il livre un produit fini.

Si sa division n'est pas affectée par les droits compensatoires sur le bois d'oeuvre à la frontière, il en va autrement pour la scierie familiale Clermond Hamel Ltée, dont il est issu. Alors que près de 50 % de la production était exportée vers les États-Unis, cette proportion a chuté autour de 20 %.

Sur sa bonne lancée, Bois Hamel compte enfin explorer le marché des maisons haut de gamme à la Barbade et dans les Caraïbes, informe Nicolas Hamel.

***

Un mur en cèdre rouge de l'Ouest

La structure ajourée, qui laisse entrevoir le fleuve... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 4.0

Agrandir

La structure ajourée, qui laisse entrevoir le fleuve et le Vieux-Québec, est faite de cèdre rouge de l'Ouest, un bois «un peu plus stable» que le cèdre blanc, selon l'architecte Réal Lestage.

Le Soleil, Patrice Laroche

Point focal de la place des Canotiers, le grand mur de bois représente 13 kilomètres de bûches. Du cèdre rouge de l'Ouest, plus précisément. Aurait-on pu choisir une essence locale?

Il y avait cette volonté au départ, reconnaît Réal Lestage, maître d'oeuvre de cette place publique imaginée par l'équipe d'architectes ABCP + Daoust Lestage. «Il y a eu une étude produite avant d'arrêter notre choix. On a envisagé quelques essences, dont le cèdre blanc de l'Est de prime abord.» M. Lestage explique que ce bois a les mêmes caractéristiques que le cèdre rouge, soit une bonne résistance à la pourriture et une bonne durabilité. Le problème : sa disponibilité.

«On a coupé beaucoup de nos arbres. Et dans les dimensions souhaitées, il n'y avait pas la quantité suffisante pour alimenter le projet comme tel», indique M. Lestage, ajoutant avoir eu le même problème quand il a fait le pavillon au quai des Cageux, sur la promenade Samuel-de Champlain. Il précise que pour travailler avec du bois structural d'aussi grand gabarit, le cèdre de l'Est serait sans doute venu des États-Unis. «Dans un cas comme dans l'autre, on s'éloignait de la production locale.»

Pruche du Canada

La pruche du Canada, qui pousse en abondance, a aussi retenu l'attention des concepteurs, même si elle n'a pas été choisie. L'intérêt était surtout historique. «Le mur artefact, c'est une émulation du flanc des quais du XIXe siècle», rappelle M. Lestage.

En creusant sur le site, des quais en pruche avec tous leurs appareillages ont été découverts. «Mais on ne pouvait pas utiliser ces vestiges-là d'aucune manière.» D'où l'idée de s'en inspirer de façon contemporaine, poursuit l'architecte.

La belle structure ajourée, qui laisse entrevoir le fleuve et le Vieux-Québec, est donc en cèdre rouge de l'Ouest, un bois «un peu plus stable» que le cèdre blanc, souligne l'architecte.

Entretien

Les concepteurs ont travaillé avec la compagnie Sansin pour doser la pigmentation afin d'obtenir une bonne protection, tout en conservant le grain du bois. M. Lestage indique qu'un premier entretien sera nécessaire après deux ans, puis ensuite tous les cinq à sept ans pour les surfaces exposées au soleil. Un traitement tous les 10 ans devrait suffire pour les surfaces intérieures.

Son expérience lui fait dire qu'il ne faut pas traiter le bois trop souvent. «J'en ai discuté avec la CCNQ [Commission de la capitale nationale du Québec]. On a fait un carnet de santé de la promenade Samuel-de Champlain après bientôt 10 ans. Sur le pavillon des Cageux, on sentait que le bâtiment était à saturation. Le bois, c'est une matière vivante, on veut travailler avec sa patine, c'est un peu la richesse de cette surface.»

Info : boishamel.com




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer