La parole aux architectes: Alejandro Montero

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(Québec) Les débuts d'année donnent envie de se projeter plus loin. Dans cet esprit, nous avons posé cinq questions à des architectes de tout âge sur notre façon d'habiter au Québec. Nous cassons la glace cette semaine avec Alejandro Montero, président de TERGOS Architecture et Construction.

PRÉSENTATION: 

Nom: Alejandro Montero 

Titre: président-fondateur de TERGOS Architecture et construction écologique qui roule sa bosse depuis une quinzaine d'années, tergos.qc.ca

Fait d'armes: En 2006, il se faisait connaître du public en participant à l'émission Les citadins du rebut global.

Vers une meilleure qualité de vie chez soi

1. Quelle sera la maison type dans la région de Québec en 2017?

Les maisons neuves construites en 2017 seront d'un style de plus en plus contemporain. Mais nous serons encore loin de la parfaite synergie entre la forme et la fonction.

La silhouette et l'esthétique d'un objet découlent souvent de sa fonction : une fourchette est munie de dents parce qu'elle sert à piquer la nourriture et à la transporter vers notre bouche.

Il en va autrement avec nos demeures. Trop souvent, l'esthétique prime sur les besoins des habitants. Il en résulte des maisons dysfonctionnelles, au goût du jour, qui se démoderont rapidement et seront régulièrement mises en vente.

Avec le temps, de plus en plus de maisons trouveront cet équilibre entre forme, esthétique et fonction.

2. Selon vous, comment sera la maison type en 2037, dans 20 ans? 

Axées sur la performance énergétique et organisationnelle, nos maisons feront partie de l'écosystème urbain, c'est-à-dire qu'elles contribueront activement à améliorer la qualité de la vie.

Chaque nouvelle maison construite dans 20 ans sera autonome énergétiquement. Par son efficacité énergétique et des stratégies actives comme l'intégration de panneaux photovoltaïques à même son enveloppe, elle produira plus d'énergie qu'elle n'en consommera.

D'ici 20 ans, nous aurons trouvé une façon de maximiser la densification urbaine, la qualité des espaces intérieurs, ainsi que l'efficacité de la construction préfabriquée. Intuitivement, je miserais sur l'hexagone comme forme de base.

La maison de 2037 sera en moyenne plus petite de taille que ce que nous connaissons aujourd'hui, à cause des coûts de construction et pour optimiser son efficacité. Nous aurons cependant l'impression qu'elle sera plus grande, car elle sera mieux organisée, conçue en fonction des besoins qu'elle doit combler au-delà de son esthétique. Ce qui ne l'empêchera pas d'être belle et même d'agrémenter son environnement.

Pour être efficace, ses pièces seront disposées stratégiquement pour notre climat. Les espaces de services (dépense, atelier, garage, salle mécanique) au nord et les pièces de vie (bureau à domicile, salon, salle à manger) au sud-est. La cuisine se trouvera à l'est. Quant aux chambres, à moins d'avoir deux fonctions, elles seront plus petites.

La maison de 2037 sera construite partout où il y aura de la place : dans la dent creuse en plein centre-ville, accrochée à un vieil édifice industriel, dans une arrière-cour accessible uniquement par une ruelle, dans le parking d'un bungalow de banlieue.

3. Justement, qu'adviendra-t-il de nos quartiers de bungalows?

Nos quartiers de bungalows possèdent un énorme potentiel de développement. En progressant vers 2037, nous imaginons deux scénarios possibles. Ils peuvent devenir de véritables poches vertes, modèles par excellence de la culture urbaine/péri-urbaine. Ou ils peuvent s'urbaniser davantage et se densifier pour éventuellement devenir des pôles urbains secondaires.

En réalité, nous verrons un mélange de ces deux scénarios.

4. Que pensez-vous de la mode des mini-maisons?

La théorie derrière les mini-maisons est bonne et l'idée de vivre dans plus petit pour diminuer son empreinte écologique a ses mérites.

Cependant, la réalité est autre. Parler des mini-maisons est une façon politiquement correcte de parler de maisons mobiles et cette mode sera éphémère si elle est pratiquée telle qu'elle l'est actuellement. On retrouve des développements de mini-maisons éparpillés partout, loin des centres urbains, loin des services. Comment peut-on réduire son empreinte écologique si on dépend de véhicules motorisés au pétrole pour se déplacer au quotidien?

De plus, cette tendance ne pourra survivre qu'en créant une certaine fluidité entre les espaces intérieurs et extérieurs. Il est important pour l'être humain d'avoir des espaces lumineux pour s'épanouir et peu de mini-maisons répondent à ces besoins.

Parce qu'elles sont très petites, leur coût de construction au mètre carré est très dispendieux. Les coûts de base demeurent les mêmes pour une mini-maison que pour une construction standard. Même si une mini-maison n'est pas pieutée et que sa fondation est plus petite et nécessite moins de matériaux, la main-d'oeuvre minimale à son exécution restera sensiblement la même que pour une maison de superficie double. Elle aura une boîte électrique, un système de plomberie, une cuisine, une salle de bain, comme n'importe qu'elle autre maison, et ces frais ont un coût minimum.

Nous croyons davantage à la tendance de microcondos.

5. Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit quand vous pensez au projet de tour Le Phare? Quelle serait, selon vous, la limite optimale de hauteur pour permettre la densification à Québec et pourquoi?

Selon nous, impossible de réfréner l'envie de «progresser». C'est inné chez l'être humain de vouloir pousser toujours plus loin les limites!  Ainsi, chez TERGOS, nous ne sommes pas contre l'idée du Phare, mais nous remettons en question le pourquoi.

Nous ne statuerons pas sur une hauteur optimale, bien que théoriquement il y en ait une, nous ne sommes pas nécessairement les plus qualifiés pour le faire. Cependant, nous souhaiterions un projet qui corresponde davantage à des valeurs avant-gardistes et qui positionnerait mieux Québec sur la carte mondiale.

Selon son promoteur, Le Phare est destiné à devenir «la plus haute tour [au Canada] à l'est de Toronto». Avec Dubaï, Shanghai, New York et toutes les autres mégapoles qui s'empressent de bâtir la prochaine tour de Babel, il semble futile de se pavaner, alors que Québec sera très loin derrière.

Pour que Le Phare brille à l'échelle mondiale, il devrait devenir la tour la plus écologique du monde. Et là, toute la planète aurait les yeux rivés sur Québec.

Une plus-value écologique

La firme TERGOS tourne les projecteurs vers quelques bâtiments dans le monde dont pourraient s'inspirer les concepteurs du Phare, à Québec.

  • Pearl River Tower

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Pearl River Tower

Cette tour de Guangzhou, en Chine, a une forme aérodynamique, et son architecture optimise la canalisation du vent. Le gratte-ciel de 69 étages, conçu par SOM, est doté de panneaux solaires, d'éoliennes et d'un système de récupération de l'eau de pluie.

  • One Central Park

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One Central Park

La façade de cet édifice de la banlieue de Sydney, en Australie, accueille un des plus hauts murs végétaux au monde. Les jardins suspendus ont été imaginés par le botaniste français Patrick Blanc en collaboration avec l'architecte français Jean Nouvel. Ce complexe est aussi reconnu à l'international pour son héliostat en porte-à-faux, sa centrale à faible émission de carbone et son usine intégrée de recyclage de l'eau.

  • Tour Elithis

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Tour Elithis

Cet immeuble de Dijon, en France, est réputé comme la première tour à énergie positive au monde, c'est-à-dire qu'elle produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme. Signé par l'architecte Jean-Marie Charpentier, l'édifice de 10 étages à la façade principalement composée de bois est recouvert en toiture de 560 m2 de panneaux photovoltaïques.

  • Big Wood

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Big Wood

Ce projet imaginé par Michael Ryan Charters pour Chicago est un prototype de tour en bois qui mise sur l'orientation solaire passive. TERGOS y voit par sa forme un souci d'intégration aux niveaux urbain et bioclimatique. Une tour qui ne crée pas d'ombrage à son basilaire qui, lui, s'intègre à l'échelle de la ville. 

Une stratégie de chez nous

«On ne pense pas que Le Phare devrait être un mélange de toutes les stratégies des autres édifices écologiques dans le monde. Mais qu'il devrait pousser quelque chose de typique, qui répond à notre climat froid nordique. Ça, ce serait fort intéressant!» croit Alejandro Montero, président et fondateur de TERGOS.

Sa firme n'en démord pas. Le Groupe Dallaire devrait profiter du projet du Phare pour «s'élever» et doter la capitale d'un projet écologique exemplaire, avait-elle réagi par communiqué en février 2015, en réaction au dévoilement des premières maquettes du Phare.

«LEED Or n'est plus une avancée technologique. Il faut pousser l'exercice beaucoup plus loin puisqu'il s'agit d'une occasion privilégiée de distinguer Québec; valoriser notre expertise en bâtiments verts et intelligents et nous positionner au zénith des réalisations mondiales mettant en valeur les avantages de la construction durable. Voilà vraiment une belle opportunité pour affirmer notre accent d'Amérique», exhortait alors M. Montero, qui a tenté de communiquer avec l'équipe du Phare à quelques reprises. Sans succès. 

Il rappelle que parmi les six projets porteurs de développement dans la région de la Capitale-Nationale figure le créneau Bâtiment vert et intelligent qui mise sur la conception et la construction de bâtiments de nouvelle génération.

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