Un finissant de Laval en lice pour l'Archiprix Hunter Douglas

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La tour qui s'élève vers le ciel se veut intemporelle, à l'échelle du site. Luca Fortin a choisi des matériaux «pour marquer le temps». Du béton et de l'acier Corten qui vieillit, cerne et coulisse.

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(Québec) Un lieu consacré à la dispersion des cendres. Un endroit de passage qui accompagne le deuil. Une tour symbolique au-dessus d'un barrage entouré d'eau. Le projet de fin d'études à la maîtrise en architecture de Luca Fortin est nommé à l'Archiprix Hunter Douglas Awards.

Sa proposition, intitulée Le passage du Sault, a été retenue parmi 385 projets soumis par des universités de partout dans le monde. Le jeune homme de 25 ans, diplômé depuis avril, est le premier de l'École d'architecture de l'Université Laval à être finaliste à ce concours international et le seul Canadien nommé cette année. 

Luca Fortin explique que pour son projet de fin d'études, il a eu envie d'aborder un sujet qu'on préfère souvent éviter : la mort. Aujourd'hui, dit-il, l'incinération prend une grande part du marché, les gens peuvent partir avec les cendres du défunt, l'espace pour les morts se perd. «J'avais envie de traiter de l'expérience entre ceux qui sont partis et ceux qui restent, je voulais voir comment faire un lieu de rencontre.»

Dans les cimetières jardins, il remarque que beaucoup d'éléments de la nature nous rappellent le cycle de la vie. Ce qu'on essaie aussi de reproduire dans les salons funéraires et les columbariums. Pour son projet, Luca Fortin a misé sur la symbolique de l'eau et l'onirisme qui s'y rattache. «Chaque état de l'eau peut évoquer des choses différentes.»

Luca Fortin, qui travaille aujourd'hui dans un bureau... (Fournie par Luca Fortin) - image 2.0

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Luca Fortin, qui travaille aujourd'hui dans un bureau qui fait de la scénographie «pour élargir ses horizons», s'envolera pour l'Inde en février pour assister à des ateliers et à des conférences animés par des membres du jury de l'Archiprix.

Fournie par Luca Fortin

L'emplacement où il a imaginé ériger son installation est riche de sens. Un barrage hydroélectrique sur la rivière Montmorency qui transforme l'eau en énergie, où il y a de l'eau en aval et en amont. Un site bruyant où on ne peut pas parler.

Son idée (qui n'est qu'au stade de projet universitaire) est de déposer dans des gabions des urnes en glaise qui, au fil du temps, vont s'effriter avec l'eau. «Comme un lieu de départ. Ils vont continuer leur chemin», glisse Luca Fortin en mentionnant que les chutes Montmorency qui rejoignent le fleuve ne sont pas loin.

Sépulture collective

Son projet se veut une sépulture collective. «L'urne est individuelle, mais avec la superposition de plusieurs, ça devient un univers plus collectif.» 

Il précise qu'il y a eu une ébauche de projet à l'Assemblée nationale pour savoir comment disperser les cendres, mais rien n'encadre encore clairement la pratique.

Vue de haut, sa maquette montre un cercle brisé où l'on peut circuler sur le site. La rencontre entre les morts et les vivants avec une brèche, un passage pour les urnes effritées et les cendres.

Luca Fortin décrit enfin cette tour qui s'élève vers le ciel. Il la voulait intemporelle, à l'échelle du site. Il a choisi des matériaux «pour marquer le temps». Du béton, comme le barrage qu'elle chevauche, et qui garde des traces. Et de l'acier Corten qui vieillit, cerne et coulisse.

Il indique que le bloc central permettrait aux visiteurs d'y monter et d'avoir «un point de vue sur le profane et le sacré», de voir en amont et en aval.

Voilà sa vision d'un lieu de recueillement qui a séduit le jury de l'Archiprix Hunter Douglas Awards. 

Le jeune homme, qui travaille aujourd'hui dans un bureau qui fait de la scénographie «pour élargir ses horizons», tient à souligner l'aide de son superviseur François Dufaux dans son projet de fin d'études.

Sa nomination à l'Archiprix l'amènera à Ahmedabad, en Inde, en février pour assister à des ateliers et à des conférences animés par des membres du jury. Parmi les 23 finalistes, les lauréats seront dévoilés le 10 février.

Information : archiprix.org/2017/

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