Une maison branchée sur la vue

  • La maison longue est étroite : 15 pieds de largeur au rez-de-chaussée, 18 pieds à l'étage. (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    La maison longue est étroite : 15 pieds de largeur au rez-de-chaussée, 18 pieds à l'étage.

    Le Soleil, Patrice Laroche

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  • La lumière naturelle crée des jeux d'ombre qui incitent à s'attarder à la course du soleil et au passage des saisons. (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    La lumière naturelle crée des jeux d'ombre qui incitent à s'attarder à la course du soleil et au passage des saisons.

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  • Une petite terrasse est enserrée entre cette mezzanine (à l'avant-plan) et la suite principale, au bout du corridor. (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    Une petite terrasse est enserrée entre cette mezzanine (à l'avant-plan) et la suite principale, au bout du corridor.

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  • Les murs de cèdre blanc de l'Est et les planchers de chêne huilé composent un intérieur en harmonie avec la nature. (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    Les murs de cèdre blanc de l'Est et les planchers de chêne huilé composent un intérieur en harmonie avec la nature.

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  • La balustrade de verre permet à la lumière de circuler sans obstacle. L'escalier qui trace une diagonale dans la fenêtre est un élément propre à l'architecture de Pierre Thibault. (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    La balustrade de verre permet à la lumière de circuler sans obstacle. L'escalier qui trace une diagonale dans la fenêtre est un élément propre à l'architecture de Pierre Thibault.

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  • Une chambre d'amis au rez-de-jardin (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    Une chambre d'amis au rez-de-jardin

    Le Soleil, Patrice Laroche

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  • Cette chambre aménagée comme un dortoir au rez-de-jardin est dotée d'un plancher de béton radiant. (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    Cette chambre aménagée comme un dortoir au rez-de-jardin est dotée d'un plancher de béton radiant.

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  • La chambre principale est égayée par des toiles, des coussins, du mobilier ancien, ainsi que par une forêt apaisante. (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    La chambre principale est égayée par des toiles, des coussins, du mobilier ancien, ainsi que par une forêt apaisante.

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  • Une berceuse de l'ébéniste Jean-François Dugal (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    Une berceuse de l'ébéniste Jean-François Dugal

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  • Cette salle de bain fait partie de la suite principale, à l'étage. (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    Cette salle de bain fait partie de la suite principale, à l'étage.

    Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Quand rien ne fonctionne, ni Internet, ni le cellulaire, ni la télévision, il ne reste qu'à «se brancher sur la vue» et à ouvrir ses sens sur la vie qui bat dehors.

Les rainettes, les ouaouarons et les huards font le bonheur de Linda et de Jocelyn, un couple de citadins actifs qui vient se ressourcer chaque fin de semaine dans sa résidence secondaire de Saint-Alban, dans Portneuf.

Ils possédaient depuis 10 ans deux terrains contigus sur le bord du lac Clair, avec deux baies, une presqu'île, une chute et une forêt. Ils trouvaient refuge dans cet environnement sauvage, à l'abri «du bruit de la ville». 

C'était dans l'ordre des choses qu'ils y bâtissent une maison. Mais par où commencer?

«Au départ, on voulait un chalet suisse, raconte Linda. Puis on a pensé à une maison Laprise.» Un jour, une amie lui a prêté un livre de l'architecte Pierre Thibault. «Au début, j'ai trouvé ça bizarre, confie-t-elle. Mais j'ai cheminé. Et je suis devenue dépendante.»

La maison Longue de Saint-Alban

«On a l'impression de faire partie d'une secte», dira Jocelyn, un peu plus tard.

Pierre Thibault a tiqué sur le mot «secte». Il préfère l'idée de famille, de communauté. Il a d'ailleurs mis en contact les propriétaires des deux maisons qu'il a conçues sur le bord du lac Clair. Et tout ce beau monde a fraternisé naturellement.

Et dire que Linda était «réticente à faire affaire avec un architecte»! Aujourd'hui, elle se félicite d'avoir rencontré ce «professionnel de l'espace» qui a mis tant d'harmonie dans sa vie. Et en plus, il est gentil, dit-elle : «Il a pris le temps de nous connaître.»

Déambulation

Le terrain commandait une maison longue et étroite. «On s'y promène comme dans un passage», fait remarquer Jocelyn. 

Pierre Thibault a travaillé avec l'idée de déambulation. «On voit les autres de loin, c'est rare», observe l'architecte. À l'étage, en effet, malgré les différents segments (palier, terrasse, corridor et chambre), le regard embrasse tout l'espace grâce au positionnement des fenêtres et des volumes.

Fermé pendant l'hiver, un second corridor mène à une terrasse construite au-dessus des remises, à une extrémité de la maison. Étroit et sombre, il évoque une forêt. La diversité d'expériences et de sensations fait partie de la méthode Thibault. 

Fidèle à lui-même, il a aboli les frontières entre l'intérieur et l'extérieur. Le rez-de-chaussée est dominé par un mur entièrement fenestré qui convie les arbres et le lac, au loin, à participer à la splendeur de cette maison. L'expression «se brancher à la vue» prend ici tout son sens.

L'été, une pièce ceinte de moustiquaires devient le principal espace de vie. Un foyer le réchauffe par temps frais. La rivière qui coule en contrebas est le seul son toléré. Avec celui des rainettes, des ouaouarons et des huards. 

Les membres de la «communauté» de Pierre Thibault aiment toutes les saisons, commentent la progression du soleil, partagent la tranquillité d'un lac d'où sont bannis les bateaux à moteur.

Bâtie entre le printemps 2013 et l'été 2014, cette maison est très peu décorée. Sa beauté lui vient d'elle-même : murs de cèdre blanc de l'Est sans noeuds, planchers de chêne huilé, grandes fenêtres supportées par une structure métallique, armoires de mélamine italienne, comptoirs de quartz brun. Même le mobilier, très élégant, s'efface devant la puissance de l'architecture.

À l'étage et au rez-de-jardin, le couple s'est permis de personnaliser les chambres en y disséminant des éléments plus colorés, plus intimes : couvre-lits dépareillés, berceuse Dugal, toiles d'artistes québécois, coussins de fourrure. Mais c'est la nature, encore et toujours, qui s'impose en tableaux animés et suggère un mode de vie contemplatif, en marge de la vie branchée.

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