La ville durable, un modèle vertueux?

Lucie K. Morisset, professeur au département d'études urbaines... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Lucie K. Morisset, professeur au département d'études urbaines et touristiques à l'UQAM déplore le délabrement de l'église Saint-Coeur-de-Marie.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Partant de «l'impression» que tout ce qui se fait en matière de durabilité urbaine est «inopérant», deux spécialistes de l'urbanisme ont cherché dans le passé s'il y avait des idées et des théories «recyclables» permettant d'atteindre cet objectif.

Lucie K. Morisset, professeur au département d'études urbaines et touristiques à l'UQAM, et Michel Côté, chargé de cours au département de géographie de l'Université Laval, ont participé à une table ronde, mercredi, à l'occasion du colloque international Rendre la ville durable : mythes et réalités, qui se tenait à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l'Université Laval.

«Que peuvent nous apprendre les pré-urbanistes et les urbanistes sur la ville durable?» Ils n'ont pas fait le tour de la question lancée par le modérateur Guy Mercier, professeur au département de géographie de l'Université Laval. Mais ils ont lancé des pistes intéressantes et suscité d'autres interrogations.

Michel Côté a cité IIldefons Cerda, un théoricien de l'urbanisme catalan qui préconisait de ruraliser la ville et d'urbaniser la campagne. «Une ville qui engloberait la campagne : c'est la réactivation d'un rêve», résume-t-il. Il faut changer d'échelle et regarder l'entièreté du territoire, affirme-t-il.

Revenant au thème de la table ronde, soit la ville durable, Lucie K. Morisset a posé cette audacieuse question : présentée comme un «modèle vertueux», cette idée de ville durable n'est-elle pas une nouvelle forme de colonisation, une nouvelle façon, pour la Ville, d'exercer son pouvoir? Et s'il n'y avait pas que de la vertu dans l'idée de la ville durable?

«Tous les utopistes ont utilisé la figure de la ville pour exprimer le salut des hommes», a-t-elle relaté. Parce qu'il ne change pas, le patrimoine a «un facteur de désirabilité». «On veut s'établir près du patrimoine», constate-t-elle. 

Densification

Or, la densification détruit les principes de base de la durabilité, dont le patrimoine, qui disparaît, au nom de cette densification, quand la ville veut se développer «en faisant un coup d'argent» avec les taxes foncières. 

La ville se retrouve alors avec des «penthouses inabordables», dit-elle, en référence à L'Étoile, cet immeuble de condos construit sur le site du monastère des Franciscaines, sur Grande Allée. «Québec est la Beyrouth du patrimoine», a-t-elle lâché en déplorant, notamment, la démolition de l'église Notre-Dame-de-Grâce et le délabrement de Saint-Coeur-de-Marie.

«La ville durable met en péril l'équilibre», analyse-t-elle.

«Avec la problématique du développement durable, les questions sociales, culturelles et économiques prennent le bord, a constaté le modérateur Guy Mercier. Les changements climatiques évoqués serviraient-ils à régler autre chose?»

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