L'hommage d'un fils à son père

Pierre Morel adorait travailler sur les palais de... (Photo Stéphane Groleau)

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Pierre Morel adorait travailler sur les palais de justice, des projets complexes à circulation contrôlée. Ici, celui de Montmagny, réalisé par le consortium CCM2+Groupe A+Roy et Jacques architectes.

Photo Stéphane Groleau

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(Québec) Le 1er janvier, l'architecte de Québec Pierre Morel passait les rênes de son bureau à son fils Mathieu, avec qui il travaillait depuis 19 ans. La firme Côté, Chabot, Morel devenait officiellement CCM2, pour Morel au carré. À 71 ans, l'homme d'expérience serait dorénavant conseiller... Si le cancer ne l'avait pas emporté il y a tout juste deux semaines.

Le centre de foires de Drummondville est l'oeuvre... (Photo Dave Tremblay) - image 1.0

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Le centre de foires de Drummondville est l'oeuvre du consortium CCM2 architectes+ Bilodeau Baril architectes.

Photo Dave Tremblay

Quand Le Soleil a communiqué avec Mathieu Morel pour parler de la carrière de son père, la réponse a été immédiate : «Je lui dois au minimum cela!» Comme aux funérailles, sa gorge est d'abord restée nouée en pensant à celui qui ne l'a jamais poussé à suivre ses traces... mais qui ne l'a pas non plus découragé.

«Je n'ai jamais osé le dire, mais quand je regarde ce que la firme a accompli, je pense que mon père n'a pas eu la reconnaissance à laquelle il avait droit pour son apport à la création d'une architecture distinctive. Il a toujours oeuvré dans l'ombre, il ne recherchait pas les projecteurs», confie son fils unique, encore secoué.

Pierre Morel a laissé des traces un peu partout à Québec et au Québec. Il a été chargé de projet au sein de 25 consortiums. Pensez au Centre de foires de Québec. Au complexe de l'ENAP, à la TÉLUQ et au siège social de l'Université du Québec. Aux casernes d'incendie de Beauport, de Val-Bélair et de Saint-Augustin. Au Centre de recherche de l'hôpital Laval. Aux condominiums Europa sur Honoré-Mercier.

Le projet dont il était le plus fier? «Chaque fois qu'on en parlait, on disait toujours à la blague que c'était le dernier bébé. Ma mère et moi, on a du mal à dire s'il en chouchoutait un plus que les autres. Mais il a adoré travailler sur les palais de justice. On en a fait quatre, dont celui de Rimouski, sur lequel il a été impliqué, mais qu'il ne verra jamais construit...» Son fils explique qu'il avait développé une expertise pour ce type de projets assez complexes avec circulation contrôlée, espaces réservés pour le public, d'autres très privés. Même chose pour les centres de foires. Outre celui de Québec, il a piloté ceux de Sherbrooke, de Laval et de Drummondville récemment.

CV bien garni

Le curriculum vitae de Pierre Morel tient sur quatre pages condensées. Ses études à l'Université Laval. Son association, en 1987, à la firme Côté, Chabot, déjà existante. Ses prix, dont le dernier pour le Centre communautaire Lebourgneuf.

Sa force, dit Mathieu, était de saisir le talent en général. Il nomme les Pierre Thibault (Atelier Pierre Thibault), Jean-Pierre Letourneux (Menkès Shooner Dagenais LeTourneux Architectes), Jean-Yves Montminy (STGM), qui sont jadis passés par son bureau. «Il avait du flair pour trouver des talents et surtout pour faire confiance aux jeunes.»

Mathieu Morel se rappelle cette période où il s'arrachait les cheveux sur le projet de l'INAF, l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels de l'Université Laval. Après des mois de travail acharné sur les concepts de volumétrie et de façade, il a réalisé qu'il avait défoncé le budget.

Découragé, il a appelé son père en vacances avec sa mère à Cannes. «Il m'a dit : "Prends donc un break, achète un billet d'avion et viens nous rejoindre." On s'était ramassé à Cannes à jaser du projet et à relativiser les choses. Il avait le don de faire progresser une idée en équipe vers le haut. Une façon de faire propre au bureau.»

Chez CCM2 architectes, que Mathieu Morel dirige aujourd'hui avec ses deux associés Yan Laplante et Yan Grégoire et l'aide d'une vingtaine d'employés, les projets se poursuivent naturellement.

«La relève était déjà prête depuis longtemps. On garde la même philosophie de simplicité et de créativité, de convivialité. On dit que chez nous, l'équipe est tissée serré. Il y a comme un esprit de meute que nous a légué mon père...»

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