De maison de vétéran à belle écolo

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Simon Lepage et Silvestre Celis Mercier ont mis deux ans à retaper cette maison qui date des années 40.

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(Québec) Dans leur liste respective de «choses à faire», Simon Lepage et son ami Silvestre Celis Mercier avaient un élément en commun : retaper une maison avec des matériaux sains et durables.

Cette porte a été restaurée. L'ouverture face au... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 1.0

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Cette porte a été restaurée. L'ouverture face au lavabo témoigne de la préoccu-pation des deux hommes pour la circu-lation de la lumière.

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La baignoire d'origine est surmontée d'une ouver-ture qui... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 1.1

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La baignoire d'origine est surmontée d'une ouver-ture qui laisse passer la lumière venue du vestibule. La salle de bain comprend une douche italienne.

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Il y a deux ans, ils ont repéré une ancienne maison de vétéran dans la paroisse Notre-Dame-de-la-Pitié du quartier Saint-Sauveur, à Québec. Elle était abandonnée, elle souffrait d'infiltrations d'eau, bref elle leur était destinée.

Âgés de 37 et 36 ans, pères de deux et trois enfants, chacun ayant femme et travail, ils ont tout de même «sauté» dans ce projet et sollicité parents et amis pour trouver les 95 000 $ nécessaires à l'achat de cette modeste construction des années 40.

Ils caressaient le rêve d'en faire une «maison intelligente et belle». Et après deux ans, ils arrivent enfin au bout du chemin. «On doit beaucoup à nos blondes», ont-ils confié, en évoquant les soirées et les fins de semaine consacrées à cette maison dont ils veulent faire leur prototype et leur portfolio. Ils sont fiers de son «aspect robuste».

Silvestre et Simon ont investi 200 000 $ dans les rénovations et dans l'ajout d'un étage. Et ils ont mis un temps fou à la recherche et au développement de matériaux et de procédés propres à une maison saine et durable.

Ainsi, les poutres anciennes et la structure apparente du plancher de l'étage ont-elles été récupérées d'une ancestrale de Bellechasse. «C'est Yves St-Pierre qui détruit les vieilles maisons et en récupère le bois», ont mentionné les deux hommes qui tenaient à ce que soit nommé chacun de leurs collaborateurs.

Ils ont conservé la baignoire sur pattes, le plancher de bois franc et les portes intérieures qu'ils ont rajeunies avec la peinture à la craie d'Annie Sloane.

Ils ont utilisé des vernis et des huiles à faible émission de composés organiques volatils. Ils ont choisi le peuplier faux-tremble pour les plafonds des deux niveaux et pour la porte coulissante du garde-manger, sachant que ce bois ne changerait pas de couleur. «C'est une essence sous-utilisée, pas chère et méprisée», résument-ils.

Ils ont fait en sorte de bénéficier le plus possible de l'éclairage naturel, grâce à une disposition judicieuse des fenêtres qui procurent, en outre, une bonne ventilation transversale. Chacune des trois chambres est dotée de deux fenêtres. 

À l'étage, le chauffage est assuré par un plancher de béton radiant.

Ambiance masculine

Simon et Silvestre reçoivent souvent le commentaire que leur maison est «masculine». Créée par Materia Prima, la cuisine n'est pas étrangère à cette ambiance. Sa quincaillerie de métal, ses poutres massives, son îlot sans fioriture, l'absence d'armoires hautes donnent l'impression que ses concepteurs désiraient une pièce sans entretien. «De la cuisine, je voulais voir jusque dans le salon», ajoute Simon.

L'escalier, les garde-corps et tous les éléments métalliques sont signés Rodrigue Métal. Ici encore, ces détails dégagent robustesse et virilité.

Simon, concepteur en architecture résidentielle, et Silvestre, consultant en évaluation du bâtiment écologique, concluent de leur aventure qu'elle en valait la peine. Située à deux pas de la rivière Saint-Charles, leur maison est en vente (voir page Facebook Maison du 34 Général Mcnaughton). Ils ont maintenant l'expertise pour recommencer l'expérience et, qui sait, pour créer leur propre entreprise de construction écologique. 

Information : simonlepage01@gmail.com et siljeronimo@gmail.com

À l'étage, le plancher est en béton radiant... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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À l'étage, le plancher est en béton radiant hydro-nique. Le garde-corps de métal ajouré a été traité de façon non conventionnelle, avec de l'huile et de la cire.

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Le plancher du rez-de-chaussée est d'origine. L'escalier a... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.1

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Le plancher du rez-de-chaussée est d'origine. L'escalier a été fabriqué par l'entreprise Rodrigue Métal. 

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L'argile, une matière sous-exploitée

L'argile est une matière locale sous-exploitée, trop souvent traitée comme un déchet, déplorent Simon Lepage et Silvestre Celis Mercier.

L'argile qu'ils ont utilisée pour bâtir les murs intérieurs de la maison vient du Domaine de Maizerets, dans Limoilou. Elle était destinée à un site d'enfouissement. Les deux gars ont approché la compagnie chargée de son transport et se sont entendus pour la faire livrer à leur chantier. «Elle était de très bonne qualité», a observé Silvestre.

Ils l'ont mêlée à de la paille, à de la poussière de roche et à du crottin de cheval, et l'ont transformée en une matière adéquate pour leurs murs. Mais encore fallait-il connaître les bonnes proportions de chaque ingrédient, l'ordre dans lequel les intégrer à la mixture et la façon de «travailler» tout ça. «On est allés voir sur YouTube», explique Simon. Ils ont fait de nombreux tests.

Enfin, ils ont expérimenté diverses techniques afin de l'appliquer correctement entre les solives. Un jour, dans un mouvement d'impatience, Simon a projeté «une boulette d'argile» sur le mur, puis Silvestre l'a aplanie à la truelle. Ils venaient de trouver LA méthode.

L'argile permet de garder un bon contrôle de l'humidité dans la maison.

Elle est recouverte d'enduits artisanaux à la chaux, une matière antifongique et antistatique sur laquelle la poussière a peu de prise.

Plafond de peuplier faux tremble, murs d'argile recouverts... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 3.0

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Plafond de peuplier faux tremble, murs d'argile recouverts de chaux, poutres anciennes, îlot en placage de merisier :  cette cuisine est une illustration éloquente de la pensée écologique des deux concepteurs.

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Tous les murs intérieurs sont fabriqués avec un... (Photo fournie par Silvestre Celis Mercier) - image 3.1

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Tous les murs intérieurs sont fabriqués avec un crépi d'argile qui est ensuite recouvert d'enduits artisanaux à la chaux appliqués à la truelle. 

Photo fournie par Silvestre Celis Mercier

Peinture à la farine

Ce jaune si riche qui distingue cette maison de toutes les autres dans le quartier a été obtenu grâce à de la «peinture à la farine», aussi appelée «peinture suédoise». Les jeunes hommes l'ont concoctée eux-mêmes avec de la farine, de l'eau et de l'huile de lin. «Il a fallu être très précis», a mentionné Silvestre Celis Mercier. Ils l'ont appliquée sur le revêtement extérieur de cèdre blanc. Elle ne contient aucun pétrole, elle ne s'écaille pas et est censée durer 10 ans.

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