Amiot Bergeron architecture et design urbain: comme un record de longévité

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Les architectes Louise Amiot et Suzanne Bergeron

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(Québec) Associées depuis 1983 - un «record Guinness» de longévité, badinent-elles -, les architectes Louise Amiot et Suzanne Bergeron préparent leur relève. Plus qu'une liste de clients, c'est un «héritage intellectuel» qu'elles laisseront à leurs jeunes collègues. Et ce legs inclut des notions aussi terre à terre que la rédaction de contrats et le montant des honoraires.

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Louise Amiot (assise à gauche) et Suzanne Bergeron (troisième à partir de la droite), dans leur nouveau bureau, sont en compagnie de toute leur équipe, dont Caroline Bernard (assise à côté de Louise) et Kévin Sylvain (debout derrière Caroline).

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Généreusement éclairé, le nouveau bureau d'Amiot Bergeron est situé sur Grande Allée dans un immeuble à vocation commerciale et résidentielle.

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«On étale les informations au grand jour, nos propres salaires par exemple», explique Suzanne Bergeron, qui a une maîtrise scientifique en design urbain. «On leur donne la liste des conférences de la Chambre de commerce, on les incite à se monter un réseau», ajoute Louise Amiot, aussi détentrice d'un MBA. «On leur montre comment rédiger un contrat», renchérit sa consoeur.

En 1976, quand elles ont obtenu leur baccalauréat en architecture, il n'y avait pas de femme dans la pratique. Elles-mêmes ont profité du «mécénat intellectuel» de «mentors» qui les ont poussées à faire carrière. Elles ne l'ont pas eu facile pour autant. «C'est un milieu difficile», confient-elles. Mais curieusement, c'était souvent moins pénible sur les chantiers qu'avec les décideurs...

Il y a 31 ans, elles ont été les premières femmes architectes du Québec à s'associer. Elles ne se sont jamais lâchées. Comme elles ne voulaient pas devenir des femmes d'affaires, elles se sont toujours contentées de petites équipes. «Notre objectif était de faire de l'architecture en ayant du plaisir, raconte Louise Amiot. On ne souhaitait pas être confinées à l'administration.»

Elles ont installé leur bureau en bas de la côte Dinan, dans le secteur du Vieux-Port de Québec. «On a eu du flair», analysent-elles. Avec les années, il est devenu «un bâtiment identitaire» de la basse ville.

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Cette salle de réunion vitrée donne sur le hall de l'immeuble. «On a été bien accueillies», commentent les deux architectes.

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Nouveau bureau

Il y a quelques semaines, elles ont emménagé dans un nouveau bureau situé sur la Grande Allée, en face du Musée national des Beaux-Arts du Québec. Elles avaient besoin de locaux plus grands, mais leur principale motivation était plus noble : «On voulait que nos jeunes s'identifient à un nouvel endroit, qu'ils puissent s'y projeter dans l'avenir.»

Au fait, qui sont-ils, ces jeunes qui reprendront le flambeau tendu par leurs guides? Il s'agit de Kévin Sylvain et de Caroline Bernard. Le premier termine sa maîtrise en design urbain et vient de signer son premier contrat. La seconde se spécialise dans la certification LEED. «Ils se complètent», assure Louise Amiot.

Les deux femmes ont beaucoup travaillé en consortium et souvent «avec des bureaux de gars». Aujourd'hui, ces hommes sont à la retraite. «Du jour au lendemain, on est devenues architectes senior», observent-elles, tout à leur étonnement de constater que le temps passe si vite. L'architecture n'est-elle pas synonyme de changement et de résilience?

«Louise et moi, on était complémentaires», rappelle Suzanne. À 60 ans, elles le sont toujours. Et peu importe laquelle a le plus travaillé sur un projet, ce sont leurs deux noms qui apparaissent sur le contrat. En filigrane, ces signatures témoignent de la transparence et de la discrétion qui leur a valu le respect de leur milieu.

***

Jamais de recette

Louise Amiot et Suzanne Bergeron se targuent de n'avoir jamais fait deux maisons pareilles. «On n'a pas de recette, explique Louise. C'est notre fierté de ne pas se répéter. On est sensibles à nos clients, on les accompagne, on leur fait faire un bout de chemin. Mais au final, il faut qu'ils sentent que c'est leur projet.» En revanche, elles ont déjà refusé des mandats parce qu'ils ne correspondaient pas à leurs valeurs. Des maisons victoriennes, laisse entendre Suzanne. Elles ont à leur actif la conception d'une centaine de résidences, la rénovation intérieure de plus de 70 maisons, la conception d'une cinquantaine de commerces, d'une vingtaine de restaurants et de 15 parcs urbains.

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Elle court les concours

Depuis 1990, Louise Amiot agit comme conseillère professionnelle pour des concours internationaux d'architecture. Ses clients sont souvent des «institutions phares», la Grande Bibliothèque ou le Musée national des beaux-arts du Québec, par exemple. Elle les guide dans l'élaboration des idées générales de leurs concours, dans la description du contexte, dans la définition de leurs besoins. Elle les accompagne dans le processus (règlements, échéance, jury). L'impartialité et la neutralité sont primordiales, insiste-t-elle. Et comme Montréal est une ville qui «priorise les concours», elle y a beaucoup travaillé.

***

L'humain au coeur de sa démarche

Suzanne Bergeron a toujours eu «le design urbain sur une table et le design intérieur sur une autre». Le design urbain exige de la maturité, selon elle, car il implique une «analyse du comportement humain». Elle a une approche multidisciplinaire. Pour chaque projet, elle sait où sont les voisins, où se trouve l'arrêt d'autobus le plus proche, quelle est l'orientation du soleil. «Toutes les dimensions sont abordées.»

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La résidence Germain

Quelques projets...

>> La résidence Germain

Perchée sur le cap aux Corbeaux, dans Charlevoix, tel «un balcon sur la mer», cette résidence jouit d'une vue imprenable sur Baie-Saint-Paul, sur l'île aux Coudres et sur les montagnes. Afin d'exploiter cette vue et d'assurer la meilleure orientation solaire possible, les architectes l'ont érigée parallèlement au cap, dans un volume rectangulaire transparent, chapeauté d'une grande toiture créant de l'ombre en été. Ce projet intègre de nombreuses mesures écoénergétiques : chauffage radiant à 100 % grâce à une fournaise aux granules de bois, finition intérieure tout en bois d'essences locales, fenestration haute performance, éclairage au DEL et chauffage solaire de l'eau domestique.  

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Le Centre de recherche clinique et évaluative en oncologie

>> Le Centre de recherche clinique et évaluative en oncologie

Le Centre de recherche clinique et évaluative en oncologie est un bâtiment de 11 400 mètres carrés. Il est composé d'une construction neuve érigée au-dessus d'un stationnement existant, et de quatre maisons patrimoniales restaurées le long de la côte du Palais, dans le Vieux-Québec. Cet ensemble se déploie en escalier pour suivre la côte du Palais. Le défi était de réunir toutes ces maisons pour ne former qu'un seul bâtiment. Ce projet est le fruit du consortium Amiot Bergeron/Lemay Guy/J. Harvey/Bélanger Beauchemin. Il a exigé, notamment, le rehaussement du bâtiment, une réfection majeure des murs de maçonnerie, un renforcement structural important, un désamiantage...

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La boutique Fairmont Château Frontenac

>> La boutique Fairmont Château Frontenac

La firme Amiot Bergeron a reçu le mandat de redéfinir l'ambiance de la boutique dans le cadre de la rénovation majeure du Château Frontenac. Le passé de l'hôtel, ses boiseries, ses meubles et sa noblesse devaient être magnifiés dans un réaménagement minimaliste. Les vêtements griffés et les objets souvenirs devaient cohabiter dans un même lieu. La luminosité de la boutique blanche devait contraster avec le clair-obscur de l'espace luxueux des fourrures canadiennes. Les vitrines devaient respecter le concept général de l'établissement, tout en accrochant le regard.  Michèle Laferrière

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