Le Canada à travers ses paysages

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Dans son plus récent livre, Ron Williams aborde l'histoire de l'architecture de paysage au Canada d'un point de vue géographique et culturel, de l'héritage paysager des autochtones et des colons jusqu'à aujourd'hui.

Le Soleil, Yan Doublet

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<p>Laurie Richard</p>

(Québec) Les paysages de notre pays expriment ce que nous sommes, soutient l'architecte paysagiste Ron Williams. Le patrimoine naturel canadien est bien connu à l'étranger, mais rares sont les oeuvres en architecture de paysage qui ont la même renommée. L'architecte a voulu faire sortir ces grandes créations de l'ombre afin que tous puissent mieux nous comprendre.

Membre fondateur de l'agence d'architecture de paysage, d'urbanisme et de design urbain WAA, Ron Williams est architecte et professeur à la retraite de l'École d'architecture de paysage de l'Université de Montréal. 

M. Williams a notamment travaillé à la réalisation des écosystèmes du Biodôme de Montréal, ainsi qu'à celle du jardin de Saint-Roch à Québec (lire l'autre texte). Il a lancé récemment Architecture de paysage du Canada, un volumineux ouvrage, fruit de près de 25 ans de recherches. 

Publication bilingue

Publié simultanément en français et en anglais, le livre, richement illustré, est une première dans le domaine. M. Williams aborde l'histoire de l'architecture de paysage au Canada d'un point de vue géographique et culturel, de l'héritage paysager des autochtones et des colons jusqu'à aujourd'hui.

Le Soleil a joint l'architecte, en pleine tournée de promotion canadienne pour son livre, à Saint-Jean de Terre-Neuve.

M. Williams a profité de ses voyages aux quatre coins du Canada pour amasser informations et images afin de prouver que ses habitants ont réussi d'une façon toute particulière à s'intégrer autant aux vastes paysages naturels du pays qu'à ceux façonnés par les hommes. 

Quand on lui demande de partager son paysage canadien préféré, M. Williams fait une distinction entre les deux, justement. Côté naturel, il penche pour l'archipel Haida Gwaii, anciennement les îles de la Reine-Charlotte, place mystérieuse aux paysages frappants qui se trouve au large de la Colombie-Britannique. 

Dans la deuxième catégorie, il se prononce en faveur des jardins publics d'Halifax en Nouvelle-Écosse, créés dans la première moitié du XIXe siècle. «Il a gardé son caractère victorien, explique-t-il. Ce sont des jardins compliqués avec beaucoup de magnifiques arbres, des plates-bandes florales et un kiosque à musique qui date du XIXe siècle.» 

Aux lecteurs intimidés par les 600 pages de son ouvrage, l'auteur indique que chaque chapitre thématique peut se lire indépendamment des autres. «Notre objectif était de faire un livre moins lourd qu'un bloc de béton, badine-t-il. On a réussi de justesse!»

RON WILLIAMS. Architecture de paysage du Canada, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, 664 p.

Dans les années 90, Ron Williams a fait... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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Dans les années 90, Ron Williams a fait partie de l'équipe de consultants pour l'aménagement du Jardin St-Roch. 

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Façonner Québec

La géographie a une influence déterminante sur la personnalité d'une ville, croit l'architecte Ron Williams. À son avis, les paysages de Québec évoquent un certain flair et un bon goût.

En 2003, la firme de Ron Williams, WAA, avait obtenu le mandat de redessiner l'avenue Honoré-Mercier, le segment de chemin qui était autrefois l'extension de l'autoroute Dufferin-Montmorency, pour en faire un «boulevard urbain» digne d'un quartier historique et convivial pour les visiteurs. On y a ajouté des arbres, des espaces verts ainsi que des éléments festifs et sculpturaux, comme les girouettes que l'on discerne au milieu de la route sur les terrasses fleuries en été.

À Québec, «il y a un certain sens d'élégance et de précision, et ce serait difficile de créer quelque chose comme les mâts de drapeaux et les girouettes qui animent la rue Honoré-Mercier sans ce caractère particulier. Il y a aussi une appréciation du paysage et du site unique de Québec», avance-t-il. 

De passage pour la promotion de son livre fin septembre,

M. Williams dit avoir remarqué des changements des deux côtés de l'avenue. «Il y a plus d'hôtels et de restaurants. Avant, il n'y avait jamais un piéton. On voit qu'il y a eu un effet. C'était exactement la volonté de la Commission de la capitale nationale et de la Ville, de retourner ce milieu aux piétons.»

Projet controversé

M. Williams a aussi coordonné l'équipe de consultants pour l'aménagement du jardin de Saint-Roch, projet controversé du début des années 90. «Je crois que ça a agi comme catalyseur pour la transformation du quartier. C'était un premier geste pour montrer une nouvelle conception du quartier, montrer que la Ville était sérieuse et que des choses allaient se passer», analyse M. Williams. 

Il ne peut que constater aujourd'hui que l'administration du maire Jean-Paul L'Allier ne s'est pas trompée : l'îlot de verdure est bel et bien devenu le symbole de la relance du quartier central. 

Entre l'art et la science

Ron Williams décrit l'architecture de paysage comme «l'art et la science de modifier le paysage afin d'accommoder la vie humaine dans tous ses aspects, qu'ils soient spirituels ou physiques». 

Au Canada, l'architecture de paysage existe depuis 150 ans, note M. Williams. Une jeune profession, toujours en essor. «L'architecte paysagiste conçoit les paysages à plusieurs échelles. Ce peut être des jardins, des places publiques, des terrasses. À très grande échelle, ce peut être des parcs nationaux : il y a des aménagements intégrés aux paysages naturels, c'est l'architecte paysagiste qui fait ça.» 

On fait souvent des parallèles avec le métier d'urbaniste. «Il y a une zone grise. Les deux professions vont se chevaucher. L'urbaniste est plus impliqué dans le zonage et la planification du fonctionnement de la ville; l'architecte paysagiste est beaucoup plus impliqué dans le côté physique de la planification des espaces publics, dans l'organisation de l'espace, quelquefois dans la disposition des bâtiments», explique-t-il. 

On fait souvent référence à toutes ces activités sous le terme design urbain, qui relie toutes les professions d'aménagement pour composer les ensembles urbains, ajoute M. Williams. Peut-être qu'un jour, tous ces gens seront des «designers urbains», évoque-t-il.

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