Un ferronnier capable de reproduire des crémones anciennes, un ébéniste soucieux de fabriquer des moulures pareilles aux originales, un couvreur de toiture traditionnelle féru de patrimoine : ces perles rares sont souvent trop occupées pour faire la promotion de leurs propres métiers. Existent-ils? Où se trouvent-ils? Sont-ils compétents? Depuis juillet, le CMAQ a recensé quelque 400 de ces artisans dans tout le Québec après avoir obtenu un soutien financier du ministère de la Culture, en 2011. Et il invite ceux qu'il n'a pas encore joints à se manifester, afin de constituer un répertoire le plus exhaustif possible.
«Les artisans qui oeuvrent dans les métiers d'art liés à l'architecture et au bâtiment vivent dans des conditions peu propices à l'exercice de leur métier», explique France Girard. Ils n'ont aucune reconnaissance, aucun regroupement et, la plupart du temps, aucune protection sociale, ni assurance. Ils éprouvent des difficultés d'accès aux contrats et aux chantiers. Et leurs métiers sont en voie de disparition.
Visibilité
En les accueillant et en établissant des normes et des standards pour encadrer l'exercice de leurs métiers, le CMAQ leur donne de la reconnaissance et de la crédibilité, résume
Mme Girard. Et en créant un répertoire, il leur assure une grande visibilité auprès du public, des «donneurs d'ouvrage» et des entrepreneurs généraux à la recherche de spécialistes.
Ils sont charpentiers traditionnels, menuisiers d'art, ébénistes, ferronniers d'art, maçons, peintres décorateurs, staffeurs stucateurs, tailleurs de pierre, vitraillistes, verriers, doreurs, fondeurs d'art, sculpteurs, couvreurs de toitures traditionnelles, forgerons. Ils sont détenteurs d'un savoir qui est contenu dans leurs têtes et dans leurs mains. Si le CMAQ s'active ainsi, c'est pour perpétuer ces métiers et pour susciter l'intérêt de la relève en favorisant la formation et le perfectionnement.