Vous ne pouvez pas la manquer. Cette maison contemporaine a été érigée sur un terrain très étroit au nord de l'avenue Ernest-Gagnon, en face du complexe Samuel-Holland.
Un terrain vacant en pleine ville? En 2007, Francis et Martin avaient acheté le jumelé voisin de leur nouvelle propriété. Il occupait un lot très grand. Ils l'ont scindé en deux quand ils ont revendu leur jumelé, et ils ont conservé la portion vide sur laquelle ils ont fait construire leur belle élancée.
«Ce serait cool de faire affaire avec un architecte», se sont dit les trentenaires, deux professionnels habiles de leurs mains et animés par leur intérêt pour les maisons et pour la démarche de création. En cherchant à droite et à gauche, ils ont trouvé un «gestionnaire de projet», René Fortin, un entrepreneur de Saint-Frédéric de Beauce, Richard Cliche, un architecte qui avait les bonnes vibes, Olivier Bourgeois, et une designer d'intérieur, Josianne Pouliot.
Les discussions ont débuté à l'automne 2009, les plans leur ont été soumis en décembre et ils se sont installés dans leur maison un an plus tard, heureux et fiers. «La démarche a fait partie du fun», résume Francis.
Ils trouvent que l'escalier est «le point central» de leur maison. Il a du caractère, en effet, avec sa paroi vitrée, ses marches d'érable, sa structure d'acier et son mur de cèdre teint et verni dans lequel se mirent les luminaires encastrés.
Mais c'est tentant de les obstiner gentiment et de faire valoir que la fenestration fait concurrence à cet escalier compact et aérien. Ils le disent eux-mêmes: le matin, le soleil est si intense quand il s'engouffre par les fenêtres en bandeau au-dessus de l'escalier, qu'ils songent à faire installer la climatisation.
Dans la cuisine, les fenêtres occupent tout le côté est, du plancher au plafond. Ils ont choisi de les laisser sans rideau ni store, jugeant que la haie de cèdres, au fond du terrain, et les clôtures en palissades, de chaque côté, faisaient des remparts suffisants contre les regards indiscrets.
La grande cuisine n'est pas encombrée. L'îlot recouvert de Corian blanc constitue l'un de ses points d'intérêt, avec les panneaux d'armoire verts, le luminaire Lumen acheté sur le Web et l'ensemble de salle à manger de teck que le couple aime pour son côté vintage. Il appartenait aux parents de Martin.
Un mur à angle paré de bois sépare le comptoir du hall. Il se prolonge au plafond dans une géométrie des plus dynamiques. On démasque l'architecte dans ce genre de détails qui personnalisent une maison. Le mur avant comporte lui aussi un angle; il «casse la haute façade» et il délimite la porte d'entrée en la dotant d'un petit toit protecteur, fait valoir l'architecte Olivier Bourgeois.
Une chaise Barcelona nous fait de l'oeil au salon. À l'étage, un fauteuil de Charles et Ray Eames nous fait sourire sous ses motifs pied-de-poule. Des lampes Artemide font les belles dans la chambre principale, qui se la joue éclectique et joyeuse avec ses commodes de teck et son édredon bigarré.
Et partout des fenêtres et du bois, même dans la salle de bains qui donne la vedette à la baignoire en l'enserrant dans du merisier torréfié du plus bel effet sur de la céramique qui se prend pour de l'ardoise.