Dans de beaux draps

Quant il s'agit de literie, les jeunes privilégient...

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Quant il s'agit de literie, les jeunes privilégient le confort tandis que les gens plus âgés préfèrent les produits non froissants.

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(Québec) C'était à la fin des années 90. Étudiante, je travaillais chez Eaton dans le linge de maison. Un matin, Mme Maillé m'avait prise à part pour m'apprendre les rudiments de la literie. Je l'entends encore avec son accent chantant du Nouveau-Brunswick m'expliquer le principe des «fils au pouce». Plus il y en avait, mieux c'était. Du moins, dans mon souvenir.

Je me rappelle particulièrement des draps en coton égyptien de 500 fils au pouce carré, les plus doux du lot. Les plus chers aussi. Plus d'une fois, j'ai ouvert le rebord d'un paquet pour que les clients puissent toucher l'étoffe. Même le motif, un Paisley bleu, gris et rouge, était des plus jolis.

Malgré l'argument douceur, je n'en ai pas vendu souvent. Les gens optaient plutôt pour la percale de base, au prix de base.

Depuis cette époque, dès que je me glisse dans un lit ailleurs que chez moi, j'essaie de deviner la qualité du filage et du tissage. Un vieux réflexe que je dois encore à Mme Maillé.

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De passage chez Linen Chest la semaine dernière, j'ai pu constater à quel point la matière avait évolué. J'avais pensé me bander les yeux et tester à l'aveugle les différentes taies exposées dans les allées. Comme Astérix dans Les douze travaux qui doit trouver la pile de linge lavée avec Olympe, la lessive des dieux. Même si le ridicule ne tue pas, je ne suis pas allée jusque-là. Mais j'ai touché, tâté, caressé... c'est tactile et sensuel la literie!

Parlez-en à ma fille de 22 mois qui se vautre avec délice dans sa doudou. Même endormie, ses petits doigts palpent et tripotent sans cesse sa couverture.

Quand les gens magasinent des draps, ils «cherchent des textures, des sensations», me dit justement Fabienne Behache. D'emblée, cette spécialiste en literie chez Linen Chest me guide vers la rayonne de bambou. Vous connaissez? Peut-être par les vêtements de yoga. Au rayon des draps, le produit est arrivé sur le marché il y a environ trois ans.

Ultra douce et souple au toucher, cette fibre naturelle respire. Je vois presque le linge se soulever et relâcher. Inspire, expire. En plus, j'apprends que cette fibre est chaude en hiver et fraîche en été.

Mais attention, en contrepartie, elle est froissante. Donc, si on veut un lit impeccable plutôt qu'un pucier fripé... «Qu'est-ce qu'on sacrifie? Le confort ou l'huile de bras pour repasser?» demande Mme Behache.

Une question de génération, semble-t-il. Les jeunes privilégient le confort (je confirme) et les gens plus âgés préfèrent les produits non froissants.

C'est pourquoi on a l'embarras du choix. Le mélange coton et synthétique, le tout coton peigné, satiné, le coton égyptien, avec qui j'ai renoué. Pas mal non plus. À noter pour ceux qui ont chaud la nuit, cette matière reste fraîche en tout temps. «C'est sa façon d'être tissée qui fait la différence», souligne Mme Behache.

Je poursuis, le coton Pima (du Pérou, également recherché), la flanelle grattée pour faire le velouté, les fameux draps santé, «draps qui portent bien mal leur nom», selon notre experte. Faits de polyester, ils ne respirent pas, tout y colle. On imagine le nid à acariens. Mais quel plaisir, tout chauds sortis de la sécheuse à moins 20 degrés dehors... je persiste à garder les miens encore un mois.

Pourtant, j'aime aussi me faufiler dans des draps froids. Et les réchauffer tout doucement avec mon souffle en frissonnant. Tactile et sensuelle, disions-nous, la literie?

Dans ma famille, on cultive l'art de se «trouiller», de flâner au lit, de faire la grève quand le soleil se lève. On était deux autrefois. Ce qui fait qu'on est passé à quatre, et le plaisir n'est que décuplé le dimanche matin.

Si les enfants s'amusent à tout mettre sens dessus dessous, j'aime autrement un lit soigné et bien bordé. Sur les draps, une couverture, une couette, un jeté. Les oreillers placés comme il se doit. Et une profusion de coussins.

Le summum en la matière : un grand lit d'hôtel, avec ses draps blancs amidonnés et tous ses duvets dodus. Une expérience en soi.

Pas pour rien que Linen Chest a sa gamme Grand hôtel, 100 % coton, 400 fils au pouce. Un produit un peu moins froissant, souligne Mme Behache.

Ce qui nous ramène plus sérieusement au nombre de fils au pouce. Soit la densité. Sachez que malgré la croyance populaire, le nombre de fils ne suffit pas pour juger d'un produit, me dit Leonardo Canete, un autre expert sur le plancher. La qualité du fil est aussi très importante dans le toucher.

Je confirme. Entre la rayonne de bambou satiné 310 fils au pouce et le coton Pima 1000 fils au pouce, j'opte finalement pour la texture du premier. Une question de goût, me direz-vous. D'où l'importance de faire votre propre test, à l'aveugle ou non.

Détail non négligeable, calculez 130 $ pour un ensemble de draps lit double en bambou ou en coton égyptien. Contre 60 $ pour un ensemble de base. C'est sans doute là que le choix se fera.

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Au fait, quelle est la durée de vie d'une paire de draps? Environ cinq ans, me répond Mme Behache. Mais comptez trois ans pour ceux en coton égyptien, plus fragiles à cause de la fibre effilée et amincie.

Aïe! Je vois vos yeux s'écarquiller. Depuis quand avez-vous quitté la maison de vos parents? Les miens aussi commencent à être drôlement usés. Mais avouez que «patinés» par le temps, vous n'en avez pas de plus doux, finalement.

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