Comme si j'avais le temps de me bizouner un miroir, un vase ou une lampe, entre les enfants, le travail, le ménage, la cuisine... Bon, vous me direz que je prends quand même le temps d'aller la magasiner, ma lampe, si j'en ai besoin. Et même que je flânerai sans doute un peu pour autre chose. Je reconnais. Mais peu importe, tout ce qui est fait main pour décorer la maison (et je parle ici de MES mains), ce n'est pas mon truc.
J'ignore donc quelle mouche m'a piquée il y a une dizaine de jours, mais en feuilletant le dernier Coup de pouce, j'ai accroché à la page 10, en haut à droite. «Elle blogue brico: TCHOUBI.» On nous propose d'aller voir des ateliers vidéo pour confectionner un centre de table et des marque-places pour le brunch de Pâques.
Comme je reçois pour Pâques, comme mon mari était absent la fin de semaine dernière, je me suis dit : c'est l'occasion d'inviter quelques amies et de bricoler avec nos petits. Voyez? Quelque chose de rigolo. Sans prétention. Hé! Hé!
Pour bien faire les choses, je suis donc allée visionner les vidéos de TCHOUBI et ceux d'autres blogueurs à qui elle renvoie. Je me suis mis en tête de créer une couronne de cocos qui semblent en chocolat, une couronne printanière de brindilles et de petites fleurs jaunes, un centre de table en forme d'oeuf fait de papier de soie, une grosse carotte en tissu, des marque-places variés et, bien sûr, il fallait en plus colorier de vrais oeufs vidés, en souvenir de notre enfance. Tant qu'à se lancer, on se lance!
Comme je ne fais ni scrapbooking ni peinture et très peu de bricolage, je ne suis pas bien équipée. J'ai donc passé mon samedi dernier à courir les allées du Dollarama et du Fabricville pour acheter colle, peinture, ciseaux, crayons, rubans, tissus, brindilles, fleurs et Cie. J'avais chaud, les bras pleins à craquer. Mon enthousiasme naissant pour le «fait maison» venait de baisser d'un cran.
Après cette rude journée de courses, une fois les enfants couchés, j'ai tout préparé pour le lendemain. La table, les petits pots. J'ai même pris un peu d'avance en fabriquant la grosse carotte décorative (assez jolie, en définitive). Un bout de clôture métallique que j'ai légèrement tordu m'a servi de structure. Puis, j'y ai fixé avec du fil à jardin des boucles de crinoline verte et orange. J'ai choisi la crinoline, moins chère que le tulle ou l'organza. Sinon, je vous dis pas le prix de ma carotte joyeuse!
Le lendemain matin, trois autres mamans et leurs six petits débarquaient à la maison pour nous prêter main-forte. On a d'abord bien ri en tentant de vider les oeufs percés d'une petite aiguille. «Plus gros, le trou du bas!» Puis, les enfants se sont sagement installés pour les décorer... cinq minutes durant et ils en ont eu assez! Sauf Léonard, qui s'est beaucoup appliqué. Aux mères, donc, de compléter.
Une a l'habitude de bricoler (tout en gérant la marmaille), elle est prof à la maternelle. Une autre a honnêtement trouvé du plaisir dans tout ça. Alors que la troisième tentait tant bien que mal de peindre les petits cocos en styromousse piqués sur des trombones. N'y connaissant rien, j'avais acheté au hasard deux tubes de peinture acrylique brune et un tube de gouache blanche (TCHOUBI recommandait la peinture acrylique Ceramcoat, mais je n'avais pas noté sur ma liste). Verdict, oubliez la gouache. Du moins pour ce travail.
Comme il faut attendre que ça sèche, ça s'est arrêté là pour la couronne d'oeufs (je l'ai finalement montée toute seule en soirée).
Le centre de table prenait tournure quant à lui. On avait gonflé un ballon, qu'on recouvrait de petites boules de papier de soie dans les tons de blanc et de crème. Restait à surmonter ce gros oeuf d'autruche d'une belle boucle.
Ce faisant, on a aussi confectionné des marque-places. Un petit Caliméro (dessiné au feutre) dans son nid (un compartiment de boîte d'oeuf). Une fleur dont la tige est simplement glissée dans un bout de papier poinçonné. Une idée pigée du livre Garden-Party (Marabout, 2005). Tout comme nos petits bouquets de tiges fraîches coupées (de deux pouces environ) et resserrés de raphia. On y accroche ensuite nos jolis prénoms: Anaïs, Renaud, Charles, Xavier, Rémi, Constance, Romane...
Bien poétique, tout ça, mais on avait en tête des mots moins doux quand est venu le temps de faire notre couronne printanière. Je n'avais pas acheté le rouleau de vigne recommandé, mais plutôt de longues brindilles inflexibles. Pas fort! Malgré un petit tour dans le bain, elles ne fléchissaient pas plus. Sans suivre les consignes de l'experte et en cassant beaucoup de branches, on est parvenu (par orgueil) à un certain résultat.
Quand même! Une grosse bouchée pour moi qui sortait déjà de ma zone de confort. J'en conviens, j'ai exagéré. J'ai voulu attaquer trop de projets de front (aussi simples semblaient-ils), en étant mal outillée.
J'imagine que ceux qui aiment vraiment bricoler, qui ont déjà toute la base de ce qu'il faut à la maison (la bonne colle, la bonne peinture, un espace de travail adéquat...), vivent l'expérience bien autrement. Pour les passionnés (car je suis persuadée qu'on fait ça par passion plus que par économie), les possibilités de créer sont infinies. Les magazines et les blogues sur le sujet sont légion. Bricolages ludiques, compositions florales, peinture sur bois, petits travaux de menuiserie... Le tout avec explications détaillées et photos étape par étape.
Pour ma part, je dois admettre que j'ai eu plus de plaisir à cuisiner deux grosses omelettes avec la douzaine d'oeufs évidés qu'à les décorer. À chacun son passe-temps.