Denis Trudel, marin à bon port

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(Québec) À trois jours de l'arrivée à Québec des Grands Voiliers du RDV 2017, il est d'ailleurs temps de se mettre dans l'ambiance. Mais dans une tout autre dimension. Le Soleil vous présente donc Denis Trudel qui, après avoir fait «la moitié du tour du monde» à bord du voilier qu'il s'était lui-même construit, a arrêté les traversées pour se consacrer à sa passion, le modélisme naval.

Comme le marin qui scrute l'horizon avec la certitude de ne jamais l'atteindre, Denis Trudel construit des bateaux miniatures en aspirant à une perfection inaccessible. 

Depuis qu'il a pris sa retraite, il y a 13 ans, Denis Trudel, 63 ans, a consacré l'essentiel de ses énergies à ses bateaux. Parcourir les mers sur un voilier ne lui a pas inculqué toutes les connaissances pour devenir modéliste naval. 

Car il n'a pas qu'à déchiffrer des plans, il faut qu'il les déniche. Il ne lui suffit pas de sculpter un cabillot aussi petit qu'une pointe de stylo, il doit bricoler l'outil qui servira à sa fabrication. 

Avant de se sentir pleinement compétent, Denis Trudel a donc appris la lithographie, la joaillerie, la forge, le tournage sur bois, la peinture à l'aérographe (airbrush), l'architecture navale, le travail de machiniste. «J'avais des connaissances et des aptitudes manuelles, reconnaît-il. Mais j'ai su-ivi tous ces cours parce que je voulais me sentir assez ferré pour réaliser ce que je voulais.» Son désir? Que ses bateaux entrent au musée.

Trouver la documentation est «le nerf» de son travail, la partie la plus déterminante et la plus complexe. Quand il vivait à Paris, il faisait partie d'un club de modélisme. «Les deux kings de mon club sont morts, relate-t-il. Se refaire des contacts, c'est dur.» Sa hantise? «Les impasses.»

Denis Trudel consacre entre 4000 et 10 000 heures à chacun de ses bateaux. Il y travaille à temps plein dans l'atelier ordonné de sa maison de Beauport. Il respecte des échelles strictes. Un pied (12 pouces) d'un vrai bateau peut, par exemple, être ramené à un quart de pouce pour le modèle réduit. On parle d'une échelle 1/48. «Même les amarres sont à l'échelle», précise-t-il.

Sur sa table d'architecte, il déroule les plans de la goélette canadienne Bluenose, son prochain chantier. Juste pour le squelette de la coque, il y a 50 coupes courbées, chacune constituée de 14 pièces de bois et de 15 minuscules chevilles. Après, il y a tant à fabriquer : cordages, poulies, gréement, voiles, mâts, quille, taquet, barre... Denis Trudel respecte aussi le bouge du pont, soit son galbe.

Ses connaissances en joaillerie lui servent pour les éléments en métal, comme les hublots, les ancres, les bastingages. Les mats sont confectionnés au tour à bois. Le plus ironique, c'est que ce travail d'orfèvre, Denis Trudel réussit à l'accomplir avec ses grosses paluches de marin aux quatre doigts coupés. C'est arrivé il y a 31 ans, «avec une scie radiale».

«Ti-bum de Limoilou»

Né sur la 3e Rue, Denis Trudel se qualifie de «ti-bum de Limoilou». Il voulait devenir prof d'art. Il est devenu technicien en caisse enregistreuse. «Dans un pied cube, il y a 10 000 morceaux, expose-t-il. J'étais capable de défaire une caisse et de la refaire.»

En 1991, il s'est construit un voilier, le Charlie I, à bord duquel il a fait «la moitié du tour du monde». Dix ans plus tard, en route pour Oslo, il s'arrête en Bretagne et visite un musée maritime. En feuilletant son premier livre de modélisme, il se dit : «À ma retraite, c'est ce que je ferai.» Il a arpenté toutes les librairies de la Bretagne et amassé les bouquins qui lui seraient utiles. Sa bibliothèque en est pleine.

En 2003, pour ses 50 ans, il a passé une année en mer sur son voilier. «J'avais apporté mes livres, confie-t-il. Je m'en allais vers la retraite.»

À l'aide de plans trouvés dans ces livres et dans les musées, il reproduit des voiliers en bois qui ont du vécu. «Le côté authentique a une grande importance», dit-il.

Le marin a cessé les traversées pour fabriquer ses bateaux miniatures. Durant les prochains mois, il en construira deux «en parallèle», le Bluenose et le Charlie I, son propre bateau qui a cassé son amarre dans une baie et s'est fracassé sur un rocher. «Il a été détruit, mais il revivra», promet l'infatigable touche-à-tout.-




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