À l'école de l'aventure

En 74 jours l'an passé, le nageur et... (Photo Annie-Claude Roberge, o5swim.ca)

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En 74 jours l'an passé, le nageur et globetrotteur Normand Piché, récipiendaire de la bourse Osez l'aventure! en 2016, a relevé le défi titanesque de relier cinq continents à la nage en autant de traversées.

Photo Annie-Claude Roberge, o5swim.ca

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(Trois-Rivières) Il planait une ambiance de rentrée scolaire et de jour de graduation tout à la fois, dimanche dernier, à l'école secondaire Chavigny de Trois-Rivières. Et pour cause, la deuxième Classe des maîtres Osez l'aventure! de Frédéric Dion était à l'horaire. Un rendez-vous qu'amateurs de plein air comme aventuriers confirmés ne voulaient pas manquer.

Dans l'auditorium de la polyvalente, plus d'une centaine de participants étaient venus écouter et échanger avec les «profs» du jour. En plus de l'aventurier Frédéric Dion, une dizaine de maîtres étaient au boulot, comme la rameuse océanique Mylène Paquette, l'aventurier polaire Sébastien Lapierre, l'ultra-traileuse Hélène Dumais, le spécialiste de la survie et coach de l'émission Expédition extrême André-François Bourbeau et le marathonien sur sept continents en sept jours Patrick Charlebois... pour ne nommer que ceux-là.

Une impressionnante brochette que Frédéric Dion était particulièrement fier d'avoir pu rassembler. Un deuxième grand rendez-vous organisé en marge de la bourse Osez l'aventure! «Les aventuriers, on ne se parle pas assez», a résumé Dion. Pour lui, la Classe des maîtres se veut un pas important dans un désir de bâtir une réelle communauté où les aventuriers en tous genres peuvent «collaborer au lieu d'évoluer chacun de leur côté».

Une ambition totalement partagée dans l'auditoire, tandis que d'autres noms connus de l'aventure au Québec étaient présents. L'alpiniste François-Guy Thivierge et le guide d'expérience Jacques Bouffard se réjouissaient notamment de pouvoir assister pour une première fois à l'événement. «J'étais disponible. Avec le monde qui est ici, il ne fallait pas rater ça», a résumé Bouffard, qui bosse notamment du côté de l'Auberge de montagne des Chic-Chocs, avec la SÉPAQ.

***

Au programme, il était question en particulier de tout ce qui entoure les préparatifs d'expéditions d'envergure, de la bouche même de ceux qui ont réalisé quelques-uns des plus beaux projets des dernières années. Planification, recherche de partenaires et de commandites, dépassement de ses limites sans se mettre dans le trouble, trucs et anecdotes vécues... et surtout, beaucoup d'inspiration pour passer à l'action.

Dans le public, des aventuriers de tous âges et sexes confondus. Certains qui rêvent simplement de s'amuser en nature, d'autres qui touchent pratiquement à leur plus grand rêve. Sinon, ceux qui ont déjà de gros projets à leur CV d'aventurier.

Comme Guillaume Normandin et Déreck Pigeon. À la première pause de la journée, le duo qui a traversé le Canada sur près de 8000 km, de Prince-Rupert à Percé, en trois voyages de canot et de kayak à partir du printemps 2013, avait pourtant déjà noirci quelques pages de notes. «On va apprendre ce qu'on n'a pas fait de correct!» a lancé en riant Déreck. «Ce n'est pas compliqué, nous, on avait tout fait à l'envers!»

C'est justement pour ça que les conférenciers - tous bénévoles - ont généreusement partagé leurs bons et moins bons coups, en particulier au sujet du financement des aventures. «J'ai du succès parce que j'ai fait toutes les erreurs», a résumé l'un des «profs», Sébastien Sasseville.

Aujourd'hui conférencier en entreprise, le sympathique sportif s'est fait connaître en 2008 lorsqu'il est devenu le premier Canadien atteint du diabète de type I à poser ses crampons au sommet de l'Everest (8848 m). Un projet pour lequel il avait réussi à obtenir une colossale commandite de 100 000 $ de la part de son employeur. 

«Ç'a pris cinq minutes pour me faire dire oui!» a raconté avec beaucoup d'humour Sasseville, qui a réalisé par la suite qu'il aurait pu demander beaucoup plus à l'entreprise pharmaceutique. Totalement inspirée par le projet de Sasseville, la compagnie allait par la suite dépenser des millions de dollars dans une vaste campagne publicitaire. «Ils ont envoyé une équipe de Los Angeles pour me filmer au camp de base!»

Pour le natif de Saint-Patrice-de-Beaurivage, en Chau-dière-Appalaches, il ne fait aucun doute que les partenaires embarquent quand ils se sentent interpelés, impliqués par le projet, la cause. «Ils doivent tellement aimer ça qu'ils doivent se dire qu'il faut qu'ils participent... Après, tu parles d'argent.»

Des modèles inspirants

Bref, dans le cas de l'Everest, c'était un bien petit cinq minutes. «Mais il y avait cinq ans de travail avant ce moment», a précisé Sasseville à ses «élèves» d'un jour. Des contacts à tisser, à entretenir soigneusement. «On est toujours en entrevue...» a répété avec philosophie le sportif de 37 ans, qui cherche encore à inspirer les diabétiques à mener une vie normale et active.

Maryline Marchand, récipiendaire 2017 de la bourse Osez... - image 2.0

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Maryline Marchand, récipiendaire 2017 de la bourse Osez l'aventure!, traversera à pied le Québec, de la baie d'Hudson à celle d'Ungava.

La cuvée 2017 de la Classe des maîtres... (Photo collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte) - image 2.1

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La cuvée 2017 de la Classe des maîtres Osez l'aventure! de Frédéric Dion (debout à droite).

Photo collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte

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«Élève» l'an passé pour la première présentation de la Classe des maîtres, le nageur-globetrotteur Normand Piché faisait figure de surdoué dimanche à Trois-Rivières. Le récipiendaire de la première bourse Osez l'aventure! de l'an dernier - une valeur de 10 000 $ en argent et équipement - avait peine à croire tout ce qu'il a vécu depuis.

Il y a six mois à peine, il complétait son pari fou de relier cinq continents à la nage lors de cinq traversées, en moins de 80 jours - 74 jours finalement, un record. Un périple aux quatre coins du globe d'abord sportif, mais également humain pour lui et sa petite équipe. Une énorme aventure à tous points de vue. Un voyage inédit au fil de l'eau et des cultures rencontrées, que Piché partage avec une passion dévorante, une émotion bien réelle. Le monde paraît soudainement plus petit...

Se retrouver sur la scène, de l'autre côté du miroir, paraissait un juste retour des choses pour Piché. «Je veux donner au suivant», a assuré le nageur. 

Et nul doute que la classe de 2017 en a profité. Le passage du sympathique gradué a été visiblement très apprécié.

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Les filles à l'honneur

À sa deuxième année d'existence, la bourse Osez l'aventure! offerte par Frédéric Dion, Karavaniers, Mountain Hardwear et le magazine Espaces, a été remise à deux aventurières, Marilyne Marchand et Marie-Josée Béliveau. Chacune des filles met du coup la main sur 5000 $ en argent et 2500 $ en équipement.

Pour son audacieuse traversée du Québec en solitaire de la baie d'Hudson à celle d'Ungava (d'Umiujaq à Tasiujaq), Marilyne Marchand a remporté la bourse dans la catégorie Aventure extrême. La Montréalaise de 31 ans, comptable de profession, amorcera son périple d'environ 600 km de randonnée pédestre et de packraft (un petit pneumatique transportable dans le sac à dos et permettant de naviguer sur lacs et rivières) à la mi-juillet. Elle prévoit environ cinq semaines pour son aventure solo au Nunavik.

«Je suis super honorée», a affirmé la grande sportive. Si elle n'avait pas d'attente en s'inscrivant à la bourse, elle se trouve néanmoins fort chanceuse d'avoir su se démarquer parmi les 48 candidatures reçues. Un modèle pour les filles? «Je ne sais pas, mais tant mieux si je peux montrer que c'est possible de partir seule.»

De son côté, Marie-Josée Béliveau, originaire de Chambly, ira à la rencontre des habitants de l'Amazonie pour son projet Remonter à la source : à la rencontre des gardiens des forêts. Un périple que Béliveau réalisera en bateau, puis à pied, entre le Brésil et l'Équateur. La jeune femme cherchera à mettre en valeur les initiatives de protection de la forêt des peuples qui l'habitent. Une aventure qui cadrait bien avec la vision du prix Karavaniers pour l'aventure voyage, culture et découverte.

Comme pour la Classe des maîtres, le retour de la bourse Osez l'aventure! n'est pas garantie l'an prochain. À discuter avec Frédéric Dion, il demeure cependant évident que ce n'est pas l'intérêt de poursuivre qui manque. «On verra...» a soufflé avec un sourire le sympathique aventurier de la Mauricie.

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Participez à l'aventure

Parce que les joies du plein air sont toujours plus agréables en bonne compagnie, n'hésitez pas à nous contacter pour partager votre passion de l'aventure. Si vous préparez une expédition d'envergure, êtes adepte d'une activité qui mérite qu'on s'y attarde, connaissez une destination qui sort de l'ordinaire ou encore recherchez trucs et conseils, n'hésitez pas à nous faire signe à jsmassicotte@lesoleil.com.




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