Des chiens dans les parcs nationaux... mais pas à tout prix

Les parcs Frontenac, à Adstock, de la Jacques-Cartier,... (Photothèque Le Soleil)

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Les parcs Frontenac, à Adstock, de la Jacques-Cartier, à Stoneham et d'Oka accueilleront leurs premiers chiens à compter du 20 mai.

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(Québec) Si elle insiste pour dire que le projet-pilote visant à permettre l'entrée aux chiens dans certains parcs nationaux se fait davantage par souci d'accessibilité, la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) admet que la stagnation de la fréquentation touristique y joue aussi un rôle.

Sans tambour ni trompette, la SÉPAQ a annoncé cette semaine par communiqué qu'elle lançait dès ce printemps un projet-pilote dans trois parcs nationaux. Les parcs Frontenac, à Adstock; de la Jacques-Cartier, à Stoneham; et d'Oka, verront ainsi leurs premiers chiens se pavaner le 20 mai. Le tout sera encadré par plusieurs règles et les zones permises à pitou seront identifiées. 

Interrogée sur les raisons qui ont motivé cette initiative, Lucie Boulianne, porte-parole de la SÉPAQ, a d'abord référé Le Soleil à la «mission d'accessibilité» de l'organisme public. «Les parcs nationaux du Québec sont gérés afin de maintenir l'équilibre entre la conservation des patrimoines naturel et culturel et l'accessibilité au public», peut-on y lire.

Mais peut-on aussi y voir une stratégie marketing? Selon la porte-parole, il y a depuis quelques années une «stagnation» dans la fréquentation des parcs nationaux. «En 10 ans, depuis 1999, depuis que la SÉPAQ gère les parcs nationaux, on a doublé de deux millions à quatre millions le nombre de jours de visite par année. Il y a une stagnation depuis.» 

Il y a donc, admet-elle, une volonté d'aller chercher plus de clientèle. «Mais il ne faut pas le voir seulement sous cet angle-là [marketing].» Il faut conserver cet équilibre évoqué dans la mission.

Mme Boulianne précise qu'il n'est pas du tout certain que les parcs nationaux, au terme du projet-pilote de trois ans, vont tous accueillir des chiens. Et il est d'ores et déjà certain que les parcs au milieu naturel plus fragile, ou du moins certaines de leurs zones, seront interdits ad vitam aeternam.

Elle souligne également que peu de recherches ont été effectuées pour connaître l'impact du meilleur ami de l'homme sur l'expérience de la clientèle et l'environnement. «Nous avons réalisé une revue de littérature et il n'y a rien de concluant par rapport à l'impact du chien sur le milieu naturel. Ce qui est clair par contre, c'est que c'est surtout le comportement des propriétaires de chien qui joue», a-t-elle expliqué.

Quête de données

Le projet-pilote servira à combler des connaissances en la matière. «On va aller chercher des bio-indicateurs. On va faire des recensements d'oiseaux, vérifier dans trois ans si la population a diminué. Si on ramasse des carcasses d'animaux, on va faire des tests pour voir s'ils ne sont pas morts d'une transmission de maladie de chien», a énuméré la représentante de la SÉPAQ.

Des évaluations seront aussi réalisées sur l'expérience de la clientèle. À ce sujet, Mme Boulianne croit qu'il est encore trop tôt pour conclure que permettre les chiens aura un effet bénéfique sur l'achalandage. «C'est vrai que ça fait une nouvelle clientèle qui refusait d'aller dans les parcs de la SÉPAQ en sachant qu'ils ne pouvaient pas venir avec leur chien. Mais ça peut aussi donner l'inverse», a-t-elle dit. «Certaines personnes ne sont pas à l'aise avec les chiens ou en ont peur.»

Pour le reste, l'organisme fait confiance à ses visiteurs «majoritairement respectueux» de la nature et des autres utilisateurs. À noter que la SÉPAQ est séparée en trois types d'établissements. Il y a les réserves fauniques, les centres touristiques et les parcs nationaux. Pour les deux premières catégories, des sites permettaient déjà aux chiens de s'y promener sous les mêmes conditions que celles imposées dans les parcs nationaux qui seront à l'étude.

Tous les renseignements concernant les animaux domestiques à la SÉPAQ se trouvent à www.sepaq.com/animaux 

Aucune plainte en 15 ans à la Vallée du Bras du Nord

La coopérative de plein air de la Vallée du Bras du Nord a toujours permis les chiens dans ses sentiers pédestres, et ce, sans anicroche. Certaines activités ont cependant nécessité de restreindre l'accès au meilleur ami de l'homme.

Le réseau de plein air de la Vallée du Bras du Nord, dans Portneuf, a fait son apparition en 2002. Son directeur général, Frédéric Asselin, se souvient qu'à peu près tous les membres fondateurs ont défriché les 80 kilomètres de sentiers en compagnie de leurs chiens. «On avait tous des chiens! On avait repéré nos sentiers avec eux», a-t-il raconté au bout du fil samedi. 

Il aurait donc été un peu paradoxal pour lui de barrer la route à ces quadrupèdes. Après 15 ans, la situation n'a pas changé pour la Vallée du Bras du Nord. Sous certaines conditions, semblables à celles évoquées par la SÉPAQ dans son projet-pilote (laisse, ramassage d'excréments), les chiens sont toujours permis sur le réseau pédestre, certains campings et sites d'hébergement. 

«En 15 ans, on n'a jamais eu de plainte comme telle. On a eu certains commentaires, mais ça ne s'est jamais terminé par une plainte. Les gens sont quand même très respectueux», a affirmé M. Asselin. 

Certains problèmes se sont cependant manifestés à mesure que l'offre d'activités a été bonifiée à la coopérative. Durant un certain temps, il a été permis d'amener son chien en canot ou en vélo de montagne.

«On a eu des plaintes parce que certaines berges de la rivière appartiennent à des résidents. Le chien devenait tannant dans le canot et les gens les faisaient courir sur les berges. Mais la plage appartenait à des propriétaires.» 

L'offre pour le vélo de montagne est devenue une force de la coopérative en 2007. Au début, certains cyclistes amenaient leurs chiens avec eux, sans laisse. Pitou courrait à côté de son maître et, rapidement, certains enjeux de sécurité ont été soulevés. «Il est arrivé des problèmes, notamment sur la gestion des risques», a raconté M. Asselin. 

La présence des chiens a donc été interdite pour ces deux activités.

Les règles

  • En tout temps, le chien doit rester dans les endroits autorisés.
  • Le chien doit être tenu en laisse (d'une longueur maximum de 3 mètres) et rester sous surveillance en tout temps.
  • La personne responsable d'un chien présentant un comportement agressif devra quitter l'établissement avec le chien concerné.
  • La personne responsable doit immédiatement ramasser les excréments de son animal et en disposer de façon hygiénique.
  • Le chien qui aboie, qui hurle ou qui nuit au bien-être, à la quiétude et à la sécurité des autres visiteurs n'est pas toléré.
  • Le chien doit passer la nuit dans le même équipement de camping que la personne qui en est responsable et en sa compagnie.
  • Le chien ne doit jamais être laissé dans un équipement de camping, quel qu'il soit (tente, tente-roulotte, roulotte, motorisé, etc.), en l'absence de son responsable ou d'une personne désignée à cet effet.
Source: SÉPAQ

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